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Entraîneur de chevaux de course. La gagne au galop

Armel Le Clerc entraîne des chevaux pour les courses de galop, plat, haies ou steeple-chase. Son objectif : emmener ces chevaux au top. Soleil, pluie, vent ou brouillard, peu importent les conditions climatiques. Ses journées débordent d’activités entre soins, monte, planning, gestion et relations. Une passion à temps complet…

Armel Le Clerc, jockey devenu entraîneur...
 

Le roulement des sabots vous accueille au portail de la société d’entraînement Armel Le Clerc. Trois cavaliers tournent au galop, aujourd’hui un peu dans le brouillard, sur l’une des trois pistes de sable du domaine. "On travaille le souffle et l’endurance des chevaux, la vitesse aussi et l’obstacle", explique le propriétaire des lieux.
Après avoir exercé le métier de jockey pendant une dizaine d’années, Armel Le Clerc s’est tourné vers l’entraînement. Sa société voit passer dans ses installations une centaine de chevaux chaque année. Actuellement (on est en décembre), c’est la période creuse, les courses sont en pause hivernale avant la reprise en février. Trois personnes, Armel, Florent, jockey, et Mégane, « garçon de voyage » entre autres activités, s’occupent d’une quarantaine de chevaux. En période normale, la société emploie trois personnes de plus, un jockey et deux lads.

« Mon parcours...
.  Ma mère élevait des chevaux, j’ai grandi avec eux.
. J’ai exercé le métier de jockey pendant une dizaine d’années, puis je me suis dirigé vers le pré-entraînement.
J’ai passé une licence d’entraîneur public. Je me chargeais du débourrage des jeunes chevaux et
je préparais le travail pour des entraîneurs, ce qui leur permettait de gagner ensuite du temps pour l’entraînement.
J’avais mes propres installations dans le Finistère.
. Au bout de 8 à 10 années de cette activité, j’ai décidé d’ouvrir ma structure d’entraînement en Ille-et-Vilaine. »

 

Chaque cavalier monte de 5 à 6 chevaux
dans la matinée

 

La journée commence tôt, vers 6h. "Il faut distribuer la nourriture, curer et pailler les boxes. A 8h, on monte nos premiers chevaux, jusqu’en début d’après-midi, 13 ou 14h. Chaque cavalier monte de cinq à six chevaux, pendant 45 minutes en moyenne. La moitié de la séance se déroule au pas, le reste au trot et au galop. Selon la période de l’année et le programme de chaque cheval, on travaille aussi à l’obstacle pour les courses de haies ou les steeple-chases. On ne monte pas l’après-midi, réservée aux courses pendant la saison. Et, de 17h à 18h30, il faut à nouveau nourrir et donner les soins aux chevaux."

« Mes compétences...
.  Il faut d’abord être bon cavalier pour entraîner des chevaux, surtout pour le travail de « finitions »,
les dernières préparations qui permettent de gagner le petit plus de performance
ou de mental qui fera la différence sur les champs de course.
. J’ai une très bonne connaissance et une grande expérience du travail des chevaux.
C’est essentiel pour reconnaître un bon cheval et choisir son entraînement.
. J’apprécie aussi les contacts humains ! Aimer les chevaux n’est pas suffisant dans cette activité,
qui implique aussi beaucoup de relationnel : avec les éleveurs, les propriétaires,
mes employés, les organisateurs de courses… »

 

Des athlètes de haut niveau

 

La moitié des chevaux dont s’occupe Armel Le Clerc lui appartient, le reste lui est confié par des propriétaires ou des groupements de propriétaires qui se partagent l’achat et l’entretien de chevaux de très haut niveau. "Les jeunes chevaux commencent à travailler vers 18 mois, mais ils ne sortent pas en course avant l’âge de trois ans. Après le débourrage, on les travaille par périodes : deux mois de travail suivi d’un mois de repos par exemple. Le but du jeu est d’emmener ces chevaux au top. C’est mon rôle d’établir un programme de travail cohérent, progressif et adapté aux aptitudes de chacun d’eux."
On parle ici d’athlètes de haut niveau, avec un mental, des forces et des faiblesses. "On a pas mal de tendinites dans l’année..." L’activité de l’entraîneur nécessite une grande expérience des chevaux pour reconnaître les « bons » et choisir leur entraînement. "C’est moi qui arrête le programme des courses de chaque cheval en fonction de ses aptitudes et de sa forme actuelle. Nous participons chaque année à un total de 200 à 300 courses dans toute la France, avec à chaque fois plusieurs chevaux qu’il faut préparer, accompagner et dont il faut s’occuper entre deux épreuves."

Armel, Florent et Mégane à l'entraînement... dans le brouillard !  (cliquez sur l'image)

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Un investissement total

 

L'entraîneur doit en outre assurer la gestion quotidienne de son entreprise, les achats et l’entretien de matériels, les investissements, les relations avec le maréchal-ferrant, le vétérinaire… Inutile de dire que l’activité nécessite une grande disponibilité. "Cette activité requiert un investissement total et beaucoup de travail. Les journées sont longues, les jours fériés n’existent pas, on monte par tous les temps et les week-ends sont occupés par les courses… Mais, en contrepartie, ces métiers permettent de vivre sa passion au quotidien."

 

Florent, jockey.
« J’ai commencé à monter un poney à l’âge de 5 ans. Après une 4e puis une 3e agricoles, j’ai préparé par apprentissage
un CAPA de lad jockey (devenu aujourd’hui CAPA Lad-cavalier d’entraînement) suivi d’un BEPA. »
« Ce qui me plaît le plus dans ce métier, ce qui me motive, ce sont les courses. On a une vraie pression
avant le départ, et plein de sensations après… »
« J’ai un pourcentage sur les gains, de 5 à 10 %. Ca peut aller très vite quand les courses se passent bien, on peut doubler le salaire de base. Mais seul un tout petit nombre de jockeys arrive, en France, à vivre uniquement de la course. La quasi-totalité exerce aussi le métier de cavalier d’entraînement, comme moi. Je participe chaque jour aux soins et au travail des chevaux. »
« C’est un métier difficile, qui demande une passion à toute épreuve, beaucoup de travail et une solide condition physique. »

 

Mégane, garçon de voyage.
« Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c’est monter. Mais pas en course. J’aime beaucoup en revanche voir courir les chevaux. »
« Ici, je fais un peu tout… Je nettoie les boxes,
je donne la nourriture aux chevaux, je m’occupe
des soins, brossage, pieds, etc. Je les monte pour l’entraînement. Quand on part sur les courses, je les prépare :
je mets les protections de transport, je les installe dans le camion. Sur place, je m’occupe d’eux entre les épreuves. »
« J’ai commencé tard à monter à cheval, vers 18 ans. En 3e, j’aimais bien les chevaux et j’ai choisi
de préparer un BEPA (en 2 ans) dans le domaine de l’élevage. Comme ça marchait bien,
j’ai continué en bac professionnel, puis en BTSA. »

 

 

 
L'entraînement de chevaux de course, un secteur qui recrute...

145 entraîneurs en Bretagne…
En Bretagne, on recensait 145 entraîneurs de chevaux de course en 2010. Les deux tiers d’entre eux avaient une autre activité dans le secteur, élevage et débourrage principalement.
Les structures sont de petite taille. Chacune d’entre elles employait 2,11 ETP (équivalent temps plein) en moyenne (3,75 ETP au niveau national). 49 % des 300 personnes rémunérées étaient des femmes.
Chaque centre d’entraînement breton dégage un chiffre d’affaires moyen d’environ 263 000 euros. Les trois quarts de ce chiffre provenant des gains réalisés dans les courses.
Au niveau national, le salaire mensuel brut moyen dans l’activité entraînement de chevaux de course s’élevait à 1969 euros pour les hommes, et à seulement 1468 euros pour les femmes (source : Equi-ressources 2011).
Le métier de cavalier d’entraînement représentait 14 % des offres d’emploi salarié recensées en 2010, juste derrière moniteur d’équitation (17 %) et palefrenier soigneur (25,5 %). C’était un emploi sous tension dans lequel le nombre de candidatures était insuffisant pour satisfaire toutes les offres.

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 06/03/2014