Sur le port, le consignataire est le représentant de l’armateur c’est-à-dire du propriétaire du navire ; « Pendant les escales, je suis en contact permanent avec lui, explique André le Garrec consignataire pour l’entreprise « Blue Water shipping » à Brest, et je prends toutes les décisions utiles afin de tout organiser au mieux et de régler les problèmes. Nous travaillons pour des clients réguliers. Nous accueillons des navires transportant du vrac mais aussi de plus en plus de porte-conteneurs venant de différents pays. Nous pouvons intervenir aussi au cas par cas pour des navires qui doivent s’arrêter suite à une avarie ou pour changer d’équipage, débarquer un blessé, effectuer une escale technique… Bateau commerciaux, paquebots, vieux gréements, navires militaires en visite de courtoisie, les situations sont très variées! »
Le travail commence dès que le propriétaire mandate le consignataire. Avant l’arrivée, le commandant du bateau faxe les documents obligatoires, en particulier sur la sécurité et la sûreté du navire et André le Garrec les remet à la capitainerie. Une fois la date d’escale connue, tout est organisé afin de limiter au maximum les délais et les coûts. « Je dois me mettre en relation avec tous les intervenants du port cela va de la capitainerie au remorquage, lamanage en passant par les sociétés de manutention, les transitaires….Je m’assure d’avoir une place à quai au bon endroit en fonction du tirant du bateau, du type de marchandises à débarquer, assez de grues et de personnels pour décharger. Je vérifie que le stockage ou l’acheminement des marchandises sont prévus ». L’escale d’un navire est un temps fort dans l’activité portuaire. Pas question qu’un grain de sable vienne perturber le bon déroulement des opérations.
« Quand le bateau arrive, continue André le Garrec, je me rends à bord pour récupérer les documents nécessaires. J’effectue toutes les démarches relatives au navire et à la marchandise par rapport aux douanes, aux affaires maritimes, etc. Je donne aussi au commandant toutes les consignes et informations nécessaires à la durée de son escale au port. » Selon les besoins, le consignataire doit pouvoir répondre à toutes sortes de demandes. « J’ai un carnet de contacts bien fourni et je connais parfaitement la région afin de répondre à n’importe quelles sollicitations. Cela peut aller de la réservation d’hôtel pour un changement d’équipage, à un rendez-vous chez le médecin, une réparation, un approvisionnement en eau douce, en vivres… la liste n’a pas de fin ! »
Le consignataire obéit aux demandes du commandant de bord et en informe régulièrement l’armateur. Il peut aussi donner des conseils pour faire mieux au moindre coût. Il avance tous les frais d’escale et doit avoir des compétences en comptabilité.« Je monte le compte d’escale qui reprend toutes les factures avec les justificatifs et je l’envoie à l’armateur. Je vérifie ensuite les remboursements et relance si besoin. Bien sûr, il faut aussi connaître le droit maritime, les différents contrats, les règles internationales. »
« J’aime le relationnel avec les commandants, les marins et tous les acteurs portuaires, conclut André le Garrec. C’est un métier très riche en contact avec le monde et où je gère des situations différentes tous les jours. L’envers du décor, c’est la disponibilité. Mon portable est allumé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour pouvoir réagir aux imprévus. En plus de la disponibilité, le sang froid est indispensable. Ne pas paniquer quand plusieurs bateaux arrivent en même temps et que les problèmes s’accumulent .Il faut être capable d’établir des priorités, de parer au plus urgent et quelquefois savoir dire non quand les demandes sont déraisonnables ! »
Publié le 19/01/2012