On la connaît tous, la petite bigoudène collée à l’arrière des voitures bretonnes. Symbole de l’entreprise « A l’Aise Breizh », elle se balade aussi sur des tee-shirts, des tasses à café, des serviettes de bain, des tongs, des parapluies… La sympathique marque est née en 1996, modestement. « J’ai acheté une machine à impression que j’ai installée dans le grenier de mes parents, se souvient Erwann Créac’h, le patron d’A l’Aise Breizh. J’ai vendu mes premiers tee-shirts sur les marchés ». Aujourd’hui, l’entreprise compte 15 magasins en marque propre et 200 magasins revendeurs. Presque 80 salariés y travaillent. De la conception à la vente, les tee-shirts, pulls ou chaussettes passent par tous les états.
1ère étape : la création. Votre futur sweat-shirt n’existe pas encore. Il n’est pour l’instant qu’une idée. « Le premier travail, c’est celui de la styliste, explique Erwann. C’est elle qui invente les coupes des vêtements, choisit les matières et les couleurs… Je lui donne un nombre de pièces à créer par type de produit et elle monte toute une collection. On travaille un an et demi à l’avance : en ce moment, on prévoit la collection de l’été 2012. » Pour repérer les tendances du moment, la professionnelle part faire du shoping à l’étranger. A son retour, elle découpe en morceaux les vêtements achetés pour ne garder que les détails qui l’intéressent. Une poche, une manche, un col, un système de fermeture… Petit à petit, le vêtement imaginé prend forme. La styliste travaille avec une modéliste. Celle-ci élabore une fiche technique précise du vêtement avec ses mesures, sa matière, son grammage, des échantillons de tissus… Un infographiste crée également les différentes vues des produits sur ordinateur.
Les fiches techniques partent ensuite à l’usine de production. Là-bas, les modélistes de l’usine les étudient et réalisent un prototype du vêtement à partir des indications fournies. « Ce prototype peut être un peu différent de ce que nous attendions, indique Erwann, car certains détails ne sont pas forcément réalisables par l’usine. Lorsqu’on reçoit le prototype, on peut encore apporter des corrections au vêtement. Puis on valide ce qu’on appelle " la tête de série ". Plus aucune modification n’est possible ensuite. »
La production est lancée. 2000 exemplaires voient le jour, pour chaque modèle. Les colis de vêtements sont ensuite livrés à l’entreprise. C’est alors au pôle logistique d’entrer en scène et de gérer ces flux de marchandises. Organisée, l’équipe a prévu la surface nécessaire pour entreposer tous ces cartons. La responsable du pôle sait d’ailleurs exactement où sera stocké chaque modèle. Le surlendemain, la préparation des commandes commence, avec l’envoi des produits dans les différents magasins.
Les vêtements arrivent en boutique. « Nous avons un service magasin qui prévoit le placement des produits dans nos magasins. Rien n’est fait au hasard. Les vendeurs savent où placer les produits. » Dernière étape : la vente et le conseil aux clients. La petite bigoudène est prête à sillonner les routes de Bretagne et d’ailleurs…
Publié le 27/01/2011