Non, certainement pas... Entre les professionnels du bois et ceux du métal, il y a des ressemblances : l’intérêt pour le matériau d’abord, connaître ses caractéristiques et ses particularités, et aussi savoir passer d’un plan à un volume en 3D, travailler la matière, la plier à sa volonté... Coque de navire, mat d’éolienne, carrosserie d’automobile, charpente métallique, véhicule blindé, chauffe-eau, robinetterie, remorque agricole, etc. Le métal est partout, sous différentes formes. Les moyens de le travailler sont divers, les produits fabriqués aussi. De quoi renouveler assez souvent son intérêt...
Oui et non. De la découpe à l’assemblage des pièces, en passant par le pliage, le travail du métal demande de la précision, du soin et une certaine habileté manuelle. Mais on n’attaque pas une tôle n’importe comment. Le plieur doit savoir visualiser les différentes phases du pliage à partir d’un plan et aussi calculer les pertes. Le soudeur doit suivre un mode opératoire précis pour réaliser des soudures étanches et sans défauts. Le retoucheur-tôlier est capable de redonner manuellement aux carrosseries leur forme d’origine. Mais, s’ils doivent savoir maîtriser les bons gestes, les professionnels du secteur utilisent aussi des machines et équipements sophistiqués : plieuses à commande numérique, scanners, soudure laser... Il faut savoir choisir les bons outils, programmer une machine, contrôler une production.
De moins en moins. Le secteur recrute du CAP au diplôme d’ingénieur, en passant par les BTS, DUT et licence pro. Dans l’atelier, on recherche les compétences et l’autonomie des bacs professionnels. Outre les postes de fabrication, les entreprises sont besoin de personnel pour concevoir les ouvrages, piloter, surveiller et contrôler leur production, assurer leur commercialisation... En bureau d’études ou bureau des méthodes, des ingénieurs, des projeteurs, des techniciens des méthodes conçoivent les produits, peaufinent les cahiers des charges, définissent les techniques, les moyens et les coûts de production.
Oui et non... Si les ateliers sont bruyants, travail du métal oblige, les conditions de travail ne sont pas si mauvaises, loin de là. Les entreprises sont souvent de taille modeste. On fonctionne en petites équipes, chacun a des responsabilités. Quand les produits sont diversifiés, les tâches sont variées. On demande aussi pas mal d’autonomie et de réactivité. Et les initiatives sont encouragées. Certaines entreprises qui peinent à recruter peuvent offrir des rémunérations avantageuses. Dans les plus grosses structures, des évolutions de carrière sont possibles, vers d’autres activités, d’autres qualifications, vers l’encadrement, l’organisation de production, le contrôle-qualité... Avec de l’expérience et une solide formation de base, bac pro minimum, on peut aussi envisager de se mettre à son compte..
Si ! Les femmes n’y sont pas nombreuses, mais les métiers du travail du métal sont accessibles aux deux sexes. Dans les ateliers, l’automatisation et la mise en oeuvre de nouvelles organisations ont diminué les charges à porter et la pénibilité de certaines tâches. Les postes de production peuvent être occupés par des hommes ou par des femmes.
Le secteur du travail des métaux rassemble ici les activités liées à la transformation du métal : fonderie, forge, chaudronnerie, tuyauterie, serrurerie-métallerie. Ses produits se retrouvent un peu partout, dans la construction automobile, l’agroalimentaire, la construction navale, le bâtiment... En Bretagne, le secteur représente autour de 700 établissements et environ 10 000 salariés ; soit un peu moins de 6 % de l’emploi industriel régional. De nombreux établissements sont de taille moyenne, avec moins, voire beaucoup moins, de 100 salariés ; ils se répartissent sur l’ensemble du territoire, avec une tendance à la concentration sur les zones de Lorient, Rennes, Vannes et Quimper. La diversité des produits et des marchés a permis au travail du métal d’être relativement préservé de la forte baisse des effectifs constatée ailleurs.
Deux secteurs font largement appel aux compétences des chaudronniers et autres spécialistes du travail du métal, en feuilles, tubes ou profilés : la construction navale, aéronautique et ferroviaire, ainsi que l’industrie automobile. En Bretagne, le premier se réduit quasiment à la seule construction et réparation navale. Il mobilise environ 440 établissements (dont 248 employeurs) et autour de 8 500 salariés, travaillant en majorité sur les bassins d’emploi de Brest et Lorient. La construction automobile régionale dépend presqu’exclusivement de PSA, qui fait vivre un grand nombre de sous-traitants. La zone de Rennes concentre 88 % des quelques 11 500 salariés de l’automobile (pour 118 établissements, et 86 employeurs). Les deux secteurs, automobile et construction navale, connaissent des restructurations, avec des baisses de leurs effectifs.
Concurrence au niveau mondial, sécurité dans les transports, normes européennes... Le travail des métaux a vu s’imposer des exigences accrues en terme de qualité, de délais, de coûts. Les entreprises doivent innover, travailler de nouveaux matériaux, intégrer davantage d’électronique et d’informatique dans leurs produits. Elles automatisent leurs productions, au moins en partie. Les salariés doivent faire preuve d’initiative, d’autonomie et de polyvalence. Les niveaux de qualification demandés à l’embauche augmentent. La part d’ouvriers qualifiés (OQ) est bien supérieure à la moyenne dans le secteur du travail des métaux : plus de 53 % d’OQ pour une moyenne de 42 % dans l’industrie. Dans la construction navale, la part d’OQ atteint même les 57 %. En revanche, l’ensemble du secteur reste encore sous-encadré en Bretagne : 5,5 % de cadres dans le travail des métaux, 6,6 % dans l’automobile, et 6,2 % dans la construction navale. Dans l’ensemble de l’industrie, ce chiffre est de plus de 9 %. La hausse des qualifications recherchées et les nombreux départs en retraite offrent des opportunités d’emplois aux différents niveaux, ouvriers qualifiés, techniciens et agents de maîtrise, ingénieurs.
Sources : Insee / Céreq / Pôle emploi 2011 / Observatoire des industries et métiers de la métallurgie Bretagne