Des métiers pour les filles...

21/10/2005

Des filles dans des formations traditionnellement masculines

Les femmes au fourneau ou au bureau, les hommes dans la mécanique ou le bâtiment... Les stéréotypes ont la vie dure. Des filles, pourtant, choisissent d'entrer dans des formations traditionnellement masculines. Entourées de garçons, mais déterminées, elles s'en sortent plutôt bien. Trois exemples de parcours féminins réussis dans des secteurs "d'hommes".

 

Sandrine ne voulait pas d'un travail de bureau. Elle a une véritable vocation : la mécanique générale. Il faut dire qu'elle baigne dans le métier depuis toute petite. Son père dirige, en effet, une petite entreprise du secteur. Paradoxalement, ses parents ne l'encouragent pas dans son choix. "A l'époque, explique-t-elle, il n'y avait pas trop de débouchés dans cette branche. Et comme j'étais une fille, ils n'étaient pas trop rassurés." Elle entre alors en BEP Vente, mais n'abandonne pas sa première idée. Elle passe ensuite un BEP Productique en alternance au CFAI (Centre de formation des apprentis de l'industrie) à Brest.

 

Réaliser quelque chose de concret

 

Elle poursuit en BACPRO Productique mécanique option usinage. "Ce qui me plait dans ce métier, précise Sandrine, c'est la variété du travail, l'absence de routine. J'aime le fait de concevoir des pièces, de travailler sur des machines, de réaliser quelque chose de concret de mes mains." Mais attention, la théorie a aussi son importance. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas un métier manuel : il faut savoir utiliser sa tête ! "C'est un travail qui demande beaucoup de patience et de précision, poursuit Sandrine. En tant que fille, il faut aussi avoir du caractère et faire ses preuves. On rencontre toujours dans les ateliers des gens difficiles à convaincre." Sandrine ne regrette pas pour autant son choix. D'autant que les débouchés sont nombreux et le manque de personnel de plus en plus important.

 

Des oiseaux rares

 

Beaucoup de possibilités d'emploi aussi dans les Travaux Publics, filière que Pauline et Céline ont choisi à l'INSA (Institut national des sciences appliquées), école d'ingénieurs à Rennes. Trois filles sur quinze étudiants, les deux jeunes filles font figure d'oiseaux rares. Pauline est arrivée un peu par hasard dans cette formation. "Au lycée, j'étais bonne élève, raconte-t-elle. Je me suis inscrite en école d'ingénieurs. Les deux premières années sont généralistes. J'y ai découvert les Travaux Publics."

 

"On nous attend au tournant"

 

Quant à Céline, la construction l'a toujours intéressée. "Je voulais devenir architecte, déclare-t-elle. Mais j'aime la technique et je suis plutôt matheuse. Je me suis donc dirigée vers le génie civil." En stage sur le chantier, les filles doivent prouver leurs compétences. Et souvent, davantage que les garçons... "Il faut beaucoup de diplomatie pour faire passer nos idées ou donner des consignes à des hommes qui ont trente ans de métier, constate Pauline. On nous attend au tournant si on fait une erreur." Mais on peut transformer le fait d'être une fille en atout. "Souvent, on n'ose pas nous dire non, ajoute Céline. On nous porte beaucoup plus d'attention. Les hommes font davantage d'efforts de comportement."