Les formations et les métiers en Bretagne
Ignorer les liens de navigation Fiche Article
Ajouter la page à mon espace perso
Add This
Doc

Services à la personne. Coup d'oeil sur le secteur

D'ici à 2022, près de 26 millions de jeunes enfants et de personnes âgées auront besoin d'aide. Ménage, petit jardinage, garde d'enfants, assistance informatique, accompagnement de personnes handicapées... La demande de services à la personne ne cesse de croître, les besoins en emplois aussi. Très dépendant des politiques et des aides publiques et aussi de la conjoncture économique, le secteur se structure lentement. De grands groupes s'y intéressent, des réseaux se réorganisent ; internet et la domotique offrent des perspectives. Reste à attirer des jeunes en renforçant l'attractivité de certains métiers...

A votre service !

Ménage, repassage, petit jardinage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées ou handicapées, assistance informatique... Les services à la personne recouvrent une grande diversité d’activités destinées à faciliter la vie du plus grand nombre, activités le plus souvent exercées au domicile des personnes aidées. On les regroupe en trois grandes familles de métiers : les métiers de la vie quotidienne, les métiers pour la famille et les personnes fragiles, et les métiers de l’encadrement au sein des structures qui proposent ces services.
 

Services à la personne. 3 grandes familles de métiers...

Tous ces métiers se déclinent au masculin comme au féminin, bien entendu.
. Les métiers de la vie quotidienne : Agent d’entretien de petits travaux et de jardins, Agent de surveillance du domicile, Assistant administratif à domicile, Assistant informatique et internet à domicile, Cuisinier à domicile, Employé familial, Employé de ménage à domicile, Enseignant à domicile.
. Les métiers pour la famille et les personnes fragiles : Accompagnateur à la mobilité, Aide médico-psychologique, Auxiliaire de vie sociale, Garde d’enfant à domicile, Opérateur de téléassistance, Technicien de l’intervention sociale et familiale.
. Les métiers de l’encadrement : Directeur de structure, Responsable de secteur, Assistant au responsable de secteur.
Source : www.entreprises.gouv.fr/services-a-la-personne
 

 

Publiques, privées, associatives

Les structures qui fournissent des services peuvent être publiques, un CCAS (centre communal d’action sociale) par exemple, associatives, comme l’ADMR (association pour le service à domicile en milieu rural), ou privées ("Aides et présences" ou l’APEF en sont deux échantillons). Début 2015, on recensait 33100 organismes dans le secteur des services à la personne : 40% étaient des entreprises privées, 37% des auto-entrepreneurs, 19% des associations et 4% des établissements publics.
Près de 40 % de l’activité des entreprises privées est consacrée à l’aide aux personnes âgées et/ou handicapées (ce chiffre est en hausse), 12 % au petit jardinage et au bricolage, 12 % à la garde d’enfants. Pour les associations, c’est près de 70 % de leur activité qui est consacrée à l’aide aux personnes âgées et/ou handicapées et 26 % au ménage et repassage.
L’intervenant peut aussi être directement rémunéré par le particulier qui fait appel à ses services. En 2013, sur les 1,3 millions de professionnels employés dans le secteur, près de 70% étaient des salariés de particuliers.

 

 

Aides et politiques publiques

L'activité et la vitalité de ce secteur dépendent fortement des politiques publiques et des aides et soutiens financiers qui vont avec... La loi du 26 juillet 2005, dite « loi Borloo », avait comme objectif d’accélérer le développement « légal » du secteur des services à la personne. Elle instaure un crédit d’impôts pour inciter les moins aisés à recourir aux services. Le Chèque emploi service universel (CESU) est mis en place début 2006 ; il simplifie la déclaration que doit faire l’employeur et permet aussi de rémunérer des services de garde d’enfant à l’extérieur du domicile. Les services aux personnes fragiles (personnes âgées ou handicapées, garde d’enfants de moins de 3 ans) sont, eux, soumis à un agrément.

 

 

Crise et travail au noir

Boosté par ces incitations et les évolutions démographiques, le secteur connaît un essor fulgurant entre 2007 et 2011. Mais, faute de rentabilité, les ambitions des investisseurs, banques, mutuelles et assurances, s’émoussent... Seuls 50 000 emplois sont créés au lieu des 500 000 attendus. Et, avec la crise, le secteur est confronté à un net ralentissement en 2008-2009. En 2013, la baisse de l’activité est plus marquée que les années précédentes ; les chiffres d’affaires diminuent, les effectifs aussi. Ce ralentissement résulte d’un fort repli des heures rémunérées par les particuliers employeurs, tandis que l’activité des organismes, qui progressait régulièrement, marque le pas.
Les entreprises de services sont soumises à la concurrence permanente du travail au noir. Leurs marges sont faibles car, si elles augmentent trop les coûts de leurs prestations, leurs clients, actuels et potentiels, se tournent vers ce marché « informel »...

 

 

Des besoins, un marché

Et pourtant, les besoins existent et croissent... On estime que, d’ici à 2022, 26 millions de jeunes enfants et de personnes âgées auront besoin d’aide. Le travail des femmes à l’extérieur du domicile augmente. En revanche, en 30 ans, leur temps de travail domestique a baissé de 25% sans que celui des hommes augmente ; on peut donc supposer que, comme pour la garde des enfants, une partie de ce travail est externalisé. Le nombre de familles mono-parentales est en croissance. Par ailleurs, la durée de vie augmente, on favorise de plus en plus le maintien à domicile des personnes âgées, même dépendantes, alors que les générations cohabitent de moins en moins. La demande de services centrés sur les « seniors » croît. Un marché bien tentant... De grands groupes s’y intéressent, des réseaux se réorganisent. Internet et la domotique offrent des pespectives pour un accompagnement à distance. On développe des applications sur ordinateur ou tablette, pour prévenir les risques d’AVC (accident vasculaire cérébral) ou pour signaler une anomalie dans un logement via des capteurs par exemple, ou simplement garder un lien social. Des chercheurs se penchent sur des vêtements connectés ou à détecteur de verticalité...

 

 

Place aux jeunes

Les besoins en emplois sont déjà là ; ils vont continuer à croître. On évalue ainsi à 160 000 le nombre de postes d’aide à domicile à créer d’ici 2022. D’autant plus que la moyenne d’âge des intervenants des services à la personne est élevée : les besoins de renouvellement des personnels qui partent à la retraite sont et vont être importants.
Place aux jeunes donc, mais encore faut-il en trouver... Les employeurs sont nombreux à déplorer le manque de candidats, en particulier pour les emplois d’aide à domicile. Emplois dont ils reconnaissent cependant la faible attractivité. Le plus souvent proposés à temps partiel, ces postes sont physiquement durs, parfois éprouvants psychologiquement, en cas de maladie, de handicap lourd ou de décès, avec un certain isolement ; ils impliquent des déplacements fréquents, de travailler le week-end et les jours fériés, et sont rémunérés au niveau du SMIC voire un peu au-dessus, sans offrir de réelles perspectives d’évolution professionnelle. Aussi les entreprises du secteur s’emploient-elles à améliorer le quotidien de leurs intervenants : meilleure gestion des plannings et des déplacements, matériel, formation continue, accompagnement à l’obtention d’un diplôme...

 


 

Services. Quelques chiffres à connaître...

. En 2013, sur les 887 millions d’heures rémunérées pour des activités de service exercées au domicile de particuliers, près de 60 % le sont par des particuliers employeurs et autour de 40 % par des organismes prestataires, associations (près de 60 % des heures prestataires, mais ce chiffre est en baisse), entreprises privées (30 % des heures, une proportion en hausse) et organismes publics (11 %, un chiffre stable).
. Parmi les 1,3 millions de professionnels des services recensés en 2013, 959 000 sont rémunérés directement par un particulier et 435 000 sont salariés d’un organisme prestataire. 25 % de ces derniers sont aussi employés directement par un particulier.
. Ces 1,3 millions de personnes ne représentent qu’autour de 449 000 emplois en ETP (équivalent temps plein), le temps partiel étant le plus souvent la règle (87 % des salariés des organismes prestataires sont à temps partiel).
. 57 % des salariés d’organismes prestataires travaillent dans une association (un chiffre en baisse), 35 % dans une entreprise privée (en hausse) et 8 % dans un organisme public (en baisse).
. 78 % des salariés d’organismes prestataires sont en CDI ; 93% sont des femmes ; 33% ont 50 ans ou plus et 13% ont moins de 26 ans.
. En Bretagne, 25 000 salariés travaillent dans l’aide à domicile.
. En 30 ans, le nombre d’aides à domicile, aides ménagers et assistants maternels a été multiplié par 3, passant de 333 000 en moyenne entre 1982 et 1984 à 992 000 entre 2010 et 2012, soit 3,9 % de l’emploi total.

 

S'informer...

 

www.entreprises.gouv.fr/services-a-la-personne
Les différentes activités et les acteurs des services à la personne / Les métiers et les formations / La réglementation, les aides et avantages fiscaux / Les études et statistiques du secteur
 

« Les métiers des services à la personne » - Collection Zoom – Onisep 2011
Un document clair et synthétique pour présenter le secteur, les métiers avec des témoignages de professionnels, ainsi que les formations.
 

« Les métiers au service du handicap » - Collection Zoom – Onisep 2014
Près de 40 métiers regroupés en quatre pôles, accompagnement et soins, enseignement, aide à l’insertion sociale et professionnelle, et les métiers de l’accessibilité.
 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 21/06/2015