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Bac+3. Une licence pro pour accompagner les personnes âgées

A Brest, une licence professionnelle forme en un an des généralistes de l’accompagnement des personnes âgées, capables de piloter une structure d’accueil ou un service d’aide à domicile, de mettre en place, coordonner et évaluer les actions, en organisant la gestion administrative d’une équipe de professionnels du soin et du soutien.

« Je fais mon stage au sein d’une association dans un service d’aide et de soins à domicile. Mon tuteur est responsable de secteur. Je l’accompagne dans les visites à domicile destinées à évaluer les besoins des personnes âgées. Je participe à l’élaboration et au suivi des plannings des interventions, à la gestion financière des contrats de travail, aux entretiens d’embauche... »

 

"Plein de projets intéressants
à mettre en place..."

Fanny est étudiante en licence professionnelle Responsable d’actions gérontologiques à l’université de Bretagne occidentale à Brest. Après un bac ES (économique et social) et un BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social (SP3S) choisi sans objectif précis, elle a continué en 3e année de licence Sanitaire et social « pour acquérir davantage d’expériences sur le terrain », avant de bifurquer vers la licence professionnelle. « J’avais appris à connaître le public des personnes âgées en BTS et je me suis rendue compte au fil de mes études qu’il y avait plein de projets intéressants à mettre en place avec cette population. »

 

 

Gérer de l'incertitude...

« L’accompagnement d’une personne âgée consiste à configurer avec délicatesse un édifice somme toute assez fragile qui repose sur la personne elle-même, son conjoint, sa famille, son entourage et les intervenants, explique Guillaume Fernandez, l'un des responsables de la licence pro. Il faut savoir calibrer l’offre de services au plus juste : ni trop pour préserver l’autonomie de la personne, ni trop peu. L’accompagnement se pense sur une longue durée, en anticipant les conséquences des actions à mettre en place. Nous apprenons aux étudiants à gérer de l’incertitude... »

 

 

Piloter, coordonner, organiser...

« A l’issue de la licence pro, les étudiants sont capables de piloter un service d’aide à domicile, de coordonner les plans d’intervention, d’organiser la gestion administrative d’une équipe de professionnels du soin et de l’accompagnement. » Avec sa collègue Françoise Le Borgne-Uguen, Guillaume Fernandez est co-responsable de la licence professionnelle. « Les diplômés ont les compétences pour construire un plan d’aide après avoir identifié les besoins des personnes, et aussi pour évaluer les actions. Nous formons principalement des encadrants de proximité, responsables de secteur dans les entreprises et associations d’aide à domicile, responsables d’une unité d’hébergement ou d’accueil de jour pour personnes âgées, coordinateurs de vie sociale dans un EHPAD*... »

 

 

Connaissance des populations, politiques publiques...

Organisée sur une année scolaire, la formation comprend trois grands blocs d’enseignements : la connaissance des populations et de leur entourage, les politiques publiques et comment elles se déclinent en différents dispositifs, Plan « Bien vieillir », Plan « Alzheimer », etc., et aussi des connaissances « métier » en management, gestion comptable et financière, outils de projet, méthodologie, évaluation, communication... La moitié des formateurs sont des professionnels en activité.

 

 

Des allers et retours continus entre le terrain et l'université

« Le stage constitue le fil rouge et l’originalité de la formation, explique Guillaume Fernandez. Les cours se déroulent en début de semaine, du lundi au mercredi, et les stages sont planifiés chaque fin de semaine, avec, en plus, trois périodes de trois à quatre semaines consécutives. » Ce qui permet des allers et retours rapides entre le terrain et l’université. « La licence demande beaucoup de travail personnel, mais cette alternance est très intéressante pour nous, confirme Fanny, on voit en continu les applications pratiques de nos cours et on peut échanger à chaud avec les formateurs sur nos activités en stage. »

 

Les qualités requises...

Pour Coraline, étudiante, pour être à l’aise en licence pro et ensuite dans son métier, il faut « être patient, savoir écouter, être organisé, apprécier le travail en équipe, avoir de bonnes capacités d’adaptation, et, bien sûr, aimer le public des personnes âgées ! »

 

 

Un projet tuteuré

Les étudiants conduisent un projet tuteuré pendant leur année de formation. Fanny doit améliorer la communication au sein d’un foyer de vie. « On va créer un espace numérique de partage, type blog, pour que les familles suivent ce qui se passe dans le foyer. » Coraline, elle-aussi étudiante dans la licence pro, travaille avec l’association France Alzheimer. « Nous mettons en place un après-midi récréatif pour des personnes bénéficiaires d’un service d’aide à domicile. Je dois organiser le transport, la communication sur le projet, son évaluation... »
Depuis trois ans, Coraline travaille l’été comme aide à domicile auprès de personnes âgées. Elle a découvert ce public qu’elle apprécie beaucoup. Après la licence pro, elle souhaite trouver un emploi de directrice adjointe en EHPAD*, ou travailler en accueil de jour pour des malades d’Alzheimer.

 

 

Domicile et proximité

Les titulaires de la licence pro travaillent dans l’aide à domicile mais peu au domicile des personnes âgées. « Les diplômés vont envoyer des professionnels au domicile des personnes, et organiser leurs interventions, précise Guillaume Fernandez, mais eux-même n’y vont en général qu’une seule fois pour évaluer et analyser les besoins d’aide. La proximité et les contacts avec les personnes âgées sont différents pour les diplômés qui travaillent à la direction d’EHPAD*. Ils sont alors immergés dans le quotidien de la structure. »

 

 

Construire son emploi

Après la licence, Fanny envisage de continuer en master pro dans le même domaine, ou de prendre une année sabbatique et partir à l’étranger. « La licence pro a l’insertion comme objectif, pas la poursuite d’études, insiste Guillaume Fernandez. Globalement, les étudiants trouvent un emploi sans problème à condition d’être mobiles. Ils et elles ne vont pas toujours encadrer une équipe dès leur sortie de formation, l’expérience et la maturité sont importantes, mais ils progresseront peu à peu dans la prise de responsabilités. La licence pro ne débouche pas sur un métier précis ; les étudiants ont acquis des compétences de généraliste et peuvent construire eux-mêmes leur emploi. »

 

* EHPAD : Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

 

Entrer en licence pro...

La licence professionnelle Responsable d’actions gérontologiques mêle des étudiants en formation initiale et des personnes en formation continue déjà engagées dans le monde professionnel, demandeurs d’emploi ou salariés en demande de qualification ou de reconversion. « Le mélange des parcours et des situations est très enrichissant, souligne Fanny. Chacun apporte ses compétences et son vécu aux autres. »
En formation initiale, il faut être titulaire d’un diplôme de niveau bac + 2 minimum, BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social (SP3S), BTS Economie sociale et familiale (ESF – complété par le Diplôme d’Etat de Conseiller en économie sociale et familiale, c’est mieux), DUT Carrières sociales, licence... « Nous effectuons un premier tri des candidatures au vu du dossier, explique Guillaume Fernandez, puis nous avons un entretien, assez long, de 30 à 45 minutes, avec chacun des candidats retenus. Nous avons en moyenne une centaine de demandes pour vingt places. »
Infos : www.univ-brest.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 21/06/2015