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IFREMER. La course à l'innovation

Dominique est ingénieur à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer. Son travail ? Tester dans le bassin hydrodynamique de l'institut les effets des courants, de la houle ou du vent sur des prototypes de systèmes de récupération d'énergie et d'autres engins innovants...

"On reçoit de nombreux projets très innovants à tester, c'est ce qui est passionnant dans mon métier..."
 

Dominique Le Roux est ingénieur à l’IFREMER  (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) situé près de Brest. Ingénieur mécanicien de formation, il est plus particulièrement chargé de concevoir la partie mécanique des essais, créer des systèmes, et ensuite mettre en œuvre les expérimentations dans le bassin hydrodynamique. Un bassin conçu spécialement pour tester les effets des courants marins, de la houle et du  vent sur les engins marins, robots d’exploration, prototypes de systèmes de récupération d’énergie (houlo-moteur, éolien flottant...), etc.  En tant que coordinateur d’études, il assure également le suivi des expériences mais, souligne-t-il, « les travaux sont toujours fait en équipe avec mes collègues chercheurs, ingénieurs et techniciens ».

 

 

Avant l'expérimentation, la conception

La conception des systèmes mécaniques et des modèles réduits se fait sur des logiciels de CAO (conception assistée par ordinateur) qui permettent de concevoir les plans et d’effectuer tous les calculs nécessaires en respectant le cahier des charges. Ensuite, une commande est passée auprès de sous-traitants pour la fabrication des modèles réduits qui vont permettre de réaliser les expérimentations dans des conditions proches de la réalité en milieu marin. « Récemment, il s’agissait par exemple de concevoir pour l’IFREMER un système de test qui puisse reproduire en bassin les mouvements d’un navire en mer sous lequel est suspendu un petit sous-marin d’observation téléguidé, équipé d’appareils de mesure. »

Le bassin hydrodynamique
Le bassin hydrodynamique de l'IFREMER mesure 50 m de long sur 12.5m de large, sa profondeur est de 10m
avec, en bout de bassin, une fosse de 20m (sur un quart de la surface). Il est équipé d’une multitude de capteurs
et d’appareils de mesure. Les tests effectués concernent les énergies marines renouvelables (systèmes houlomoteurs,
hydroliennes, éoliennes flottantes…) et le domaine de l’offshore pétrolier (systèmes de forage et d’exploitation flottants,
ancrés ou articulés). Ils peuvent également porter sur les systèmes de pose sur le fond de pipelines ou de câbles,
le couplage navire-train de pêche, les systèmes marins remorqués, etc. On y effectue également des tests du matériel
avant déploiement en mer : instrumentation océanographique, observation du fond des mers, etc.
Infos : wwz.ifremer.fr/

 

La course à l'innovation

L'IFREMER travaille sur  ses propres projets de recherche et sur des projets commandés par des industriels. Actuellement, le bassin hydrodynamique est très utilisé pour des essais sur les équipements des énergies marines renouvelables, par exemple un prototype d’éolienne flottante en cours de mise point.  « L’objectif étant de créer un système fiable permettant de récupérer un maximum d’énergie en mer tout en assurant sa résistance et son fonctionnement sur une durée significative de 5 ans minimum. » C’est un projet innovant qui ouvre des perspectives beaucoup plus importantes que les éoliennes fixes (posées au fond) pour lesquelles les zones d’installation sont plus limitées. Pour Dominique Le Roux, c’est le moment de s’y mettre, ainsi que pour les systèmes houlomoteur, car la concurrence internationnale est très rude. C’est ce côté innovant qui lui plaît, d’autant plus que les ingénieurs et chercheurs ont une grande liberté d’initiative.

 

 

Un milieu complexe

Pour Dominique Le Roux, les EMR représentent un véritable défi car le milieu et les fonds marins sont extrêmement complexes. Il est indispensable d’effectuer de nombreux tests pour vérifier le comportement des matériaux des structures, leur solidité et leur résistance dans le temps, ce qui détermine la rentabilité et donc la faisabilité des projets. L’IFREMER est un des rares lieux où les professionnels du secteur peuvent tester leurs engins et hypothèses dans des conditions proches de la réalité grâce au bassin hydrodynamique.
Un autre exemple de complexité donné par Dominique Le Roux, concerne les forages de recherche de pétrole en mer qui se font par des profondeurs de plus en plus grandes. Ce qui rend bien évidemment l’exercice très complexe, et impose de développer des outils de plus en plus sophistiqués. Quel sera le coût d’une telle opération ?... Il y a toujours des calculs à faire pour vérifier que le projet soit viable économiquement. En ce qui concerne les EMR, Dominique rappelle que les sources d’énergie sont certes gratuites (le vent, le courant, la houle…) mais que les engins, les infrastructures ne le sont pas ! Un des objectifs reste de trouver des solutions pas trop coûteuses tout en prenant en compte l’impact sur l’environnement.

 

 

La recherche du mouton à 5 pattes !

Chaque expérimentation est spécifique. Il s’agit de concevoir et de construire des maquettes miniatures avec des structures et des machines particulières, et d'établir un plan de réalisation de l’expérience. « On reçoit beaucoup de projets très innovants à tester, y compris d’universitaires, et c’est ça qui est passionnant dans mon travail. On ne fait jamais la même chose, et on travaille toujours sur le mouton à 5 pattes... »

 

 

Parcours. Formation continue, du DUT au mastère spécialisé...
Le parcours professionnel de Dominique Le Roux a débuté avec un DUT Génie mécanique. Diplôme en poche, il entre dans le bureau d’études chez SOBRENA, chantier naval brestois spécialisé dans la réparation des navires (repris aujourd'hui par le groupe DAMEN).
Il se fait ensuite embaucher par l’IFREMER, toujours dans le bureau d’études,
où il travaille sur la conception d’instruments de mesure. Après quelques années, il décide
de reprendre ses études et décroche un diplôme d’ingénieur par VAE (validation des acquis de l’expérience). En 2012, il obtient le mastère spécialisé Energies marines renouvelables
à l’ENSTA de Brest. « Cette formation m’a apporté une vision globale des EMR et aussi une approche pluri-technique.
J’ai acquis des connaissances en environnement, en économie et dans les problématiques spécifiques aux EMR.
Une formation très intense et très utile pour le développement de ce type de production d’énergie »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 07/11/2014