Les formations et les métiers en Bretagne
Ignorer les liens de navigation Fiche Article
Ajouter la page à mon espace perso
Add This
Doc

Hydrolien. Sabella, une start-up branchée sur le courant...

Jean-Christophe travaille chez Sabella, une petite entreprise bretonne très dynamique dans le domaine de l’énergie hydrolienne. Ce qui motive ce jeune ingénieur ? L’esprit « start-up » qui y règne, et la stimulation intellectuelle de travailler dans un secteur tout neuf, les EMR, dans lequel tout est à faire...

"C'est assez stimulant sur le plan intellectuel de travailler dans le secteur des énergies marines renouvelables..."
 

"C'est assez drôle d'emporter un appel à projets pour un démonstrateur d’hydrolienne (voir encart ci-après "Projets à l'horizon") devant un grand groupe industriel. Les énergies marines renouvelables sont un domaine d’activités tout neuf dans lequel tout est à créer. Les start-up comme la nôtre y ont toute leur place. » Ingénieur de formation, Jean-Christophe Allo est un jeune chef de projet-«business developer » chez Sabella, petite entreprise quimpéroise qui monte dans le domaine des hydroliennes.
 

Sabella.
La petite entreprise a été créée en 2008 avec deux personnes. Elle en emploie une dizaine aujourd’hui, dont deux chefs de projet, un responsable technique
et trois ingénieurs d’études issus de trois spécialités complémentaires,mécanique, électricité et génie maritime.
Les études de conception sont menées en interne. Sabella supervise la fabrication
qui est sous-traitée, « en France, et en Bretagne si possible », souligne Jean-Christophe Allo. Les pales
en carbone des hydroliennes sont ainsi fabriquées chez CDK Technologies, un chantier naval spécialisé
dans la course au large à Port-la-Forêt (29). Infos : www.sabella.fr

 

Etudier les sites à forts courants

"C'est assez stimulant sur le plan intellectuel de travailler dans ce secteur. Dès mes études d’ingénieur, je voulais aller vers l’hydrolien. C’est l’énergie marine renouvelable la plus mature, celle qui va le plus vite émerger. » Jean-Christophe ne considère en effet pas l’éolien comme une « vraie » EMR, l’énergie venant du vent et non des océans... A la sortie du mastère EMR obtenu à l’ENSTA de Brest, Jean-Christophe postule donc chez Sabella. « En 2011, l’entreprise avait trois ans et employait deux personnes. J’ai été embauché comme chef de projet, en charge de la partie électrique et de l’intégration de la nacelle du projet d’hydrolienne D10. Puis on m’a confié la caractérisation de sites potentiels d'implantation d'hydroliennes à l’étranger. Les zones à forts courants sont très localisées ; elles ne sont pas si nombreuses dans le monde. J’étais chargé de conduire les études en mer, nature des fonds, vitesse des courants, profondeur, faune et flore, etc. »
 

"De l'eau qui bouge..."
C’est le premier critère de localisation d’une zone susceptible
d’accueillir une hydrolienne. Les courants doivent être assez rapides.
Les machines sont déposées sur le fond entre 30 et 80 m
maximum de profondeur, aucun forage n’est nécessaire. Invisibles
de la surface, elles ne gênent pas la circulation.
Les pales tournent lentement, 10 à 15 tours/mn ;
l’impact mesuré sur la faune est très faible. Les projets d’implantation
sont favorablement accueillis au niveau local. Avantage supplémentaire
par rapport à l’éolien, les courants sont plus prévisibles que les vents,
la production peut donc être programmée sur les 30 années à venir.

 

"Informer, prospecter de nouveaux clients, c'est assez amusant..."

Aujourd’hui, les fonctions de Jean-Christophe ont encore évolué. Le chef de projet a ajouté « business developer » sur sa carte de visite. « Même si je continue les études de caractérisation, je m’occupe principalement de communication et de lobbying. Je rencontre les représentants de collectivités territoriales, les élus aux niveaux régional et national, les journalistes... Je participe à des salons spécialisés, des commissions, des instances de concertation..." L’objectif est de faire passer le message sur les EMR en général, leurs multiples intérêts et avantages, et ceux des hydroliennes en particulier. "La prospection de nouveaux clients, énergéticiens, collectivités, de nouveaux terrains de jeu au niveau mondial, passe par des réseaux très informels le plus souvent, c’est plutôt amusant ! Mon activité quotidienne est au final assez peu technique, mais j’aime bien tout ça, les déplacements, la polyvalence, les contacts avec des interlocuteurs très différents. Notre activité est encore assez fluctuante ; certaines périodes sont très agitées, avec de gros "coups de bourre", d'autres plus calmes. J'apprécie cet esprit "start-up", quand tout est en gestation... »
 

Projets à l'horizon...
Sabella répond à des appels à projets ou appels à manifestation d’intérêt.
Elle a ainsi emporté fin 2009 l’appel à manifestation d’intérêt pour la mise en place d’un démonstrateur de taille réelle, en partenariat avec Ifremer,
Véolia Environnement et Bureau Veritas.  
Ce démonstrateur, Sabella D10, sera immergé dans le passage du Fromveur,
entre Molène et Ouessant à l'extrême Ouest du Finistère, et raccordé au réseau électrique ERDF
de l’île d'Ouessant. Il y restera un an et permettra d’avoir des retours d’expérience
sur la production, la résistance, l’impact environnemental, l’acceptation sociale...
Prochain défi pour Sabella : emporter le projet d’implantation dans le Fromveur, à l’horizon 2017,
d’une ferme pilote de 3 à 5 hydroliennes. Ce qui ferait grandir d’un coup la petite entreprise...

 

 

Parcours. Porté par le courant...
« Je pratique la voile assidûment, j’ai toujours voulu travailler avec la mer,
et l’énergie des courants me fascine depuis longtemps... » Après un bac scientifique
et deux ans de classes prépas, Jean-Christophe Allo débute cependant ses études supérieures
par une formation d’ingénieur généraliste. Il entre à l’Ecole des Mines à Nantes.
« Je ne souhaitais pas être immergé dans la technique et me spécialiser trop tôt
dans un domaine particulier. Je préférais acquérir des notions théoriques assez générales,
avec toutefois un approfondissement en dernière année concernant
les systèmes énergétiques, bien me former à la conduite de projets, au management... »

Mais l’hydrolien qui émerge mobilise son attention. Aussi, son titre d’ingénieur en poche,
il se porte candidat pour le mastère spécialisé energies marines renouvelables qui ouvre justement à Brest à l’ENSTA Bretagne. «J'avais des lacunes concernant la dynamique des océans, la modélisation des vagues et des courants... Le mastère m'a apporté une couche supplémentaire de connaissances et de compétences dans le secteur spécifique des énergies marines renouvelables. Il m'a aussi offert en prime deux avantages : le réseau des professionnels qui interviennent dans la formation, et ils sont nombreux, et celui des anciens diplômés qui est en train de se constituer. Des contacts bien utiles pour avancer dans ce petit milieu... »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 07/11/2014