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Eolien offshore. Biographie d'un projet

Implanter une soixantaine d’éoliennes en baie de Saint-Brieuc, au large des Côtes d’Armor, nécessite une longue gestation, de la motivation, une certaine obstination, beaucoup de communication... Tout est à créer dans le secteur des énergies marines renouvelables, c’est une filière industrielle nouvelle qui émerge lentement.

Avis de coup de vent sur les Côtes d’Armor ! En 2020, 62 éoliennes posées au large dans la baie de Saint-Brieuc fourniront l’équivalent de la consommation électrique de près de 800 000 habitants. Le résultat d’une longue gestation qui a commencé neuf ans plus tôt...
 

 

Mariage. L'union fait la force...

2011, on assiste aux fiançailles de Iberdrola et Eole-Res. Le premier est un gros énergéticien européen dont l’activité consiste, comme EDF en France, à produire et vendre de l’énergie. Eole-Res est quant à lui un acteur majeur de l’éolien terrestre. L’union faisant la force, l’objectif du jeune couple est d’enlever l’appel d’offre concernant l’implantation d’un parc éolien en mer dans la baie de Saint-Brieuc, au large des Côtes d’Armor. Objectif atteint en 2012, les fiancés officialisent leur union en créant Ailes Marines avec Areva (pour la construction des éoliennes), Technip (pour leur installation) et Néoen Marine (pour la communication).

 

Conception. 20 personnes pour un gros bébé...

"Pour un projet de 2 milliards d’euros qui ne sera opérationnel qu’en 2020, nous avons déjà travaillé six mois en 2011 pour préparer notre réponse à l’appel d’offre. » Raphaël Dufeu est « Chargé d’affaires développement de territoire ». Basé en Bretagne, il fait partie de l’équipe projet chargée de la conception du bébé... « L’équipe est composée d’une vingtaine de personnes, ingénieurs, juristes, spécialistes de l’environnement... » En fait, le projet reçoit l’attention de plus de 70 personnes, plus ou moins impliquées selon les besoins ; des salariés mis à disposition par les différents partenaires unis dans Ailes Marines. « J’assure les relations avec les riverains et les acteurs locaux de la pêche, du tourisme, de la conchyliculture ou de l’hôtellerie. Je travaille aussi avec des universitaires pour ce qui concerne la recherche et le développement. »

 

Le projet de parc éolien de la baie de Saint- Brieuc
. 2 milliards d’euros d’investissement
. 62 éoliennes de 8 mw (mégawatt) implantées sur 77 km²,
à une distance minimale de 16 km des côtes
. Une production totale de 500 mw, soit l’équivalent de la consommation annuelle
de plus de 790 000 habitants, environ 8 % de la consommation électrique bretonne


 

Gestation/Communication. 100 fois sur le métier...

2013 a vu l’organisation du débat public et la mise en place des études complémentaires nécessaires pour affiner le projet. « Implanter en mer une soixantaine d’éoliennes hautes de 180m et dotées de pales de 90m nécessite des études poussées : qualité des sols, courants, houle, ressources en vents, présence d’explosifs, impacts sur la faune... » Ces études sont sous-traitées à des spécialistes. « Les études d’impact confiées à In Vivo vont ainsi s’étaler sur deux années », souligne Raphaël Dufeu.
La communication préparatoire à l’arrivée du parc éolien est l’autre gros morceau de la gestation du projet. Il s’agit d’informer la population, les élus, les entreprises susceptibles d’être concernées, l’ensemble des acteurs locaux, et aussi de recueillir leurs avis, de répondre à leurs demandes... « En 2013, nous avons organisé onze réunions publiques, qui ont réuni 2500 participants. Nous avons aussi mis en place un site internet dédié au projet (www.eolienoffshoresaintbrieuc.com). En France, tout est nouveau dans le domaine de l’éolien offshore, tout est à construire. » Le projet s’affine lentement, les discussions sont nombreuses, sur le type de support des éoliennes, sur le lieu de sortie du cable électrique... Les choix techniques se modifient, il faut revoir sa copie, en fonction des demandes et aussi des évolutions rapides des technologies : de 100 éoliennes de 5 mégawatt prévues, on est ainsi passé à 62 de 8mw.
 

2011-2015. Les emplois
La phase « Etudes et développement de projet » est relativement peu créatrice d’emplois.
Les métiers mobilisés en priorité : dessinateur industriel, géotechnicien, biologiste marin,
cartographe, chargé d’études environnementales, paysagères et techniques...

 

Naissance/Croissance. Planter et faire pousser...

"Dans le domaine des EMR, tout est à créer, c’est extrêmement motivant, s’enthousiasme le chargé d’affaires. Il s’agit de mettre en place toute une filière industrielle. Huit ans, c’est court ! » Areva construit une usine au Havre pour commencer à fabriquer et à pré-assembler à partir de 2015 les différents éléments des éoliennes du parc de la baie de Saint-Brieuc. Brest lance de gros travaux d’aménagement du port nécessaires pour la fabrication et le stockage des fondations (les « jackets », sortes de treillis métalliques posés sur le fond). A Saint-Quay-Portrieux, on se prépare à la phase d’exploitation et de maintenance du parc à partir de 2020... « Nous avons organisé autour de 200 réunions d’information pour les entreprises de la région, rapporte Christophe Le Nancq, directeur du développement des entreprises à la CCI de Saint-Brieuc. De nombreuses PME bretonnes pourraient intervenir dans la fabrication de différents composants, pièces usinées ou mécano-soudées, équipements électriques, etc., ainsi que dans la maintenance des éoliennes. »

 

2016-2019. Où sont les chaudronniers et les chaudronnières,
les soudeuses et les soudeurs ?...

La phase de construction, d’assemblage et d’installation des différents éléments des éoliennes
et de leurs fondations est celle qui va générer le plus grand nombre d’emplois :
on va avoir besoin de compétences en chaudronnerie, soudure, peinture, mécanique, travaux publics et
génie civil, matériaux composites, électrotechnique... Et aussi d’opérateurs de grues,
de spécialistes de la logistique et du transport, de dockers, de chefs de chantier, de marins...
Tous métiers déclinés bien évidemment au masculin comme au féminin.

Pour la Bretagne, on évoque un potentiel d’un millier d’emplois : une centaine d’emplois pour
la fabrication des composants, 500 à partager avec les Pays de la Loire pour la conception et
la fabrication des fondations, 200 pour la conception et la fabrication de la sous-station électrique,
puis 300 pour la phase d’installation en mer et 140 pour la maintenance et l’exploitation du parc.
Sans compter les emplois indirects liés à la sous-traitance, hébergement et restauration, transport, etc.

 

 

Vie active. Silence, ça tourne...

2020, les éoliennes prennent le vent et entrent en action, et elles vont devoir le faire pendant 20 ans. Leur mise en service sera progressive à partir de 2018. Gérée par Areva, la maintenance va faire appel à des techniciens et des techniciennes titulaires d’un diplôme des domaines maintenance bien sûr et aussi électrotechnique, voire mécanique, bac pro, BTS, DUT ou licence professionnelle. « Pour les jeunes intéressés, une première expérience dans l’éolien terrestre est un plus », souligne Raphaël Dufeu. Un système de télésurveillance permet de contrôler à distance les paramètres de fonctionnement du parc éolien ; système complété par des rondes régulières sur le site. Les interventions s’effectuent par bateau ou par hélicoptère. Chaque professionnel devra suivre une formation spécifique au travail en milieu marin : sécurité incendie, survie en mer, secours à la personne...
Et quand l’âge de la retraite aura sonné pour les matériels, il faudra passer à partir de 2040 à la phase de démantellement du parc et de remise en état du site. « On y réfléchit dès la conception du projet. »  
 

2018-2040. Les emplois
La phase « Exploitation et maintenance » va faire appel à différents métiers :
marin, technicien de maintenance préventive, technicien de maintenance corrective,
responsable de suivi d’exploitation...

 

Des emplois tout au long du projet...
Différent(e)s professionnel(le)s interviennent de la naissance au démantellement du parc éolien :
responsables de la concertation avec les acteurs du territoire, ingénieurs (en mécanique,
électricité, environnement, projet...), contrôleurs (du planning, du budget, des risques...),
responsables des ressources humaines, animateurs hygiène, sécurité, environnement, managers, juristes...

 

Parcours.
De l'agronomie à l'énergie...

Etonnement quand on apprend que Raphaël Dufeu, chargé d’affaires développement de territoire pour Ailes Marines dans le projet de parc éolien de la baie de Saint-Brieuc, est issu d’une formation en agronomie tropicale...
« En fait, j’ai toujours aimé participer à la mise en place et à la gestion d’un projet au niveau d’un territoire, avec les relations que cela entraîne. J’ai exercé l’activité d’animateur de bassin versant dans les Côtes d’Armor, ce qui m’a donné l’occasion de travailler avec de nombreux acteurs de l’économie locale. »
Il est au final assez naturel que son employeur, Iberdrola, le mette à disposition d’Ailes Marines pour la phase d’études et de développement du projet...

 

 

 

 

 

Les métiers de l'éolien.
L'Onisep Haute-Normandie a mis en ligne un dossier sur l'éolien en mer qui comprend huit fiches métiers très détaillées, métiers déclinés au masculin et au féminin bien sûr :
Chef de projet éolien / Coordinateur de projet éolien / Directeur technique éolien en mer / Ingénieur structures / Manager hygiène sécurité environnement / Responsable des relations industrielles éolien en mer / Responsable d'études environnementales / Technicien de maintenance éolienne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 07/11/2014