Les formations et les métiers en Bretagne
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EMR. Quelques repères

On en parle beaucoup, les énergies marines renouvelables (EMR) semblent avoir le vent en poupe... Les projets mettent cependant du temps à décoller. De nombreuses techniques en sont encore au stade de la recherche et de l’expérimentation. Les investissements sont lourds et nécessitent un réel accompagnement politique aux niveaux mondial, national et régional pour voir émerger une filière industrielle et des emplois.

Courants, vents, vagues, marées...
 

Epuisement des ressources fossiles, réchauffement climatique, demande énergétique croissante, volonté de réduire la part d’énergie d’origine nucléaire... Les énergies renouvelables semblent aujourd’hui avoir le vent en poupe et, parmi elles, celles issues de la mer. Vagues, marées, courants, vent, chaleur et fraîcheur des eaux : le potentiel des océans en matière énergétique paraît sans limites.
Fortement médiatisées, les énergies marines renouvelables (EMR) sont cependant encore loin de pouvoir tenir les promesses entrevues. Quelques éléments de contexte pour s’y repérer... 

 

Horizon 2020...

En France, et même ailleurs dans le Monde, les énergies marines renouvelables sont encore balbutiantes. Seuls les pays du Nord de l’Europe ont déjà pris à bras le corps cette alternative énergétique, basée pour l’essentiel sur des champs d’éoliennes off-shore. Et encore, cette énergie n’a véritablement décollé qu’au début du 21e siècle. Pourtant, la Bretagne était précurseuse dans le domaine en inaugurant dès 1967 l’usine marémotrice de la Rance, encore capable aujourd’hui de fournir ses 240 mégawatt (mw).
Dans son mix énergétique, l’Europe a pour objectif de faire passer la part des énergies renouvelables à 20 % d’ici 2020. En France, à la même échéance, les énergies renouvelables devront fournir 23 % de la consommation nationale, dont 3 % (6000 mw) pour les EMR.
La Bretagne, quant à elle, a arrêté ses objectifs dans le « Pacte électrique breton» signé en 2010 : la région veut parvenir en 2020 à une production de 3600 mw d’origine renouvelable, dont 1250 mw issus des EMR. Ce qui représenterait une production équivalente à deux fois la consommation annuelle de l’industrie bretonne.

 

Politiques...

Les choix énergétiques dépendent fortement des volontés politiques aux niveaux mondial, national, régional. Confontés à la raréfaction des ressources fossiles (pétrole, gaz, uranium...), aux problèmes environnementaux et aux risques du nucléaire, des énergéticiens et des industriels du secteur, comme EDF, Alstom ou Areva, s’intéressent à des énergies alternatives. Ils nouent des partenariats pour faire avancer la recherche, développer des solutions et les expérimenter. Des filières industrielles sont en train de naître pour passer au stade commercial, dans l’éolien offshore en particulier.
Les politiques peuvent accompagner le processus et le dynamiser, par des Appels à manifestation d’intérêt, des Appels à projets, des incitations financières, divers soutiens à la recherche... Ils peuvent aussi proposer des infrastructures adaptées aux besoins des entreprises : sites d’expérimentation en mer, ports, voies rapides, liaisons ferroviaires, etc. Etat et Régions peuvent en outre jouer sur l’appareil de formation, initiale et continue, pour mettre en place ou adapter certaines formations qui répondent aux futures offres d’emplois du secteur.
 

 

Un secteur encore immature...

Parmi toutes les énergies marines renouvelables, l’éolien offshore posé est la plus mature, techniquement du moins. Les solutions industrielles, fabrication, installation, exploitation et maintenance, sont connues et déjà opérationnelles, au Royaume-Uni et au Danemark en particulier. Reste que les coûts de production sont bien supérieurs à ceux de l’éolien terrestre. En revanche, l’éolien flottant est encore débutant. Il est pourtant une source énergétique prometteuse, car les zones d’implantation possibles sont autrement plus vastes, les éoliennes posées étant limitées par la profondeur des fonds. Quant aux autres formes d’EMR, hydrolien, houlomoteur, énergie thermique des mers ou osmotique, elles en sont encore au stade de la recherche ou de l’expérimentation.
Les investissements nécessaires au développement des différentes EMR sont importants (2 milliards d’euros pour le projet de la baie de Saint-Brieuc), ce qui explique la présence de grands groupes et regroupements d’entreprises ; leur rentabilité est fortement liée au prix de rachat de l’électricité. Dans un contexte mondial de concurrence entre sources d’énergie, fossiles et renouvelables, le décollage des EMR nécessite une politique tarifaire stable et incitative.

 

Des exigences...

1e exigence pour tout projet EMR, trouver une zone en mer qui convienne au matériel choisi : profondeur inférieure à 50m pour une éolienne posée, à 80m pour une hydrolienne, avec un courant suffisamment puissant...
2e exigence, la zone en question doit être acceptée par l’ensemble des usagers, riverains, pêcheurs et autres acteurs locaux. Gros et long travail d’information, d’écoute et de dialogue obligatoire pour toute entreprise souhaitant implanter un projet EMR !
Les EMR nécessitent aussi des infrastructures portuaires suffisantes pour construire, assembler, installer, exploiter et entretenir les matériels : quais, plates-formes de stockage, hangars, grues et portiques, navires...
 

 

Un secteur tout neuf et des métiers qui s'adaptent...

Les EMR ne créent pas de nouveaux métiers. En revanche, ce secteur tout neuf où tout est à créer offre de nouveaux terrains de jeu à des métiers existants.
Les EMR font appel à des chercheurs et des ingénieurs spécialisés dans le domaine maritime, en hydrodynamique, océanographie, architecture navale, ingénierie offshore, et aussi en mécanique, matériaux, biologie, géologie ou étude de l’environnement. On y trouve des professionnels qualifiés à différents niveaux en électrotechnique, mécanique, chaudronnerie, maintenance, des juristes, des managers... Des marins aussi.
Pour les jeunes intéressés par le secteur, les parcours sont ouverts et les formations diverses. En revanche, la pratique de l’anglais est impérative,  et, pour certaines activités, des formations complémentaires à la sécurité en mer ou au travail en hauteur sont nécessaires.
 

 

Des créations d'emploi difficiles à chiffrer...

Des chiffres très divers circulent çà et là : 40 000 emplois directs et indirects d’ici 2020, 55 000 d’ici 2030 pour la France, 470 000 emplois directs et indirects en Europe d’ici 2050... Le potentiel à court terme n’est pas très important. Le projet éolien offshore en baie de Saint-Brieuc devrait ainsi mobiliser autour de 1000 emplois en Bretagne. En revanche, les projets EMR devraient se multiplier au niveau mondial, avec un potentiel réel à l’exportation pour les entreprises françaises qui vont pouvoir négocier leur savoir-faire dans le domaine de l’hydrolien par exemple ou de l’énergie thermique des mers. Des places sont aussi à prendre dans l’éolien flottant.

 

 


 

 

 



 

 

 

 

 

Publié le 07/11/2014