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Eleveur et entraîneur de chevaux d’endurance : des paddocks aux podiums

A Saint Gilles Pligeaux, Jérémie Ollivier entraîne et élève des chevaux d’endurance. Un travail de longue haleine : pendant 7 années, les jeunes chevaux sont soignés, éduqués, valorisés… et conduits jusqu’aux podiums mondiaux.

 
Jérémie Ollivier
 

A Saint Gilles Pligeaux, dans les Côtes d’Armor, la famille Ollivier élève et entraîne des chevaux destinés aux courses d’endurance. Sur l’exploitation, 120 chevaux, pur-sang arabes et croisés arabes, sont valorisés jusqu’à l’âge de 6 ou 7 ans, lorsqu’ils commencent leur carrière dans les courses de bon niveau. Une carrière bien souvent internationale. « Nous travaillons beaucoup avec les pays du Golfe, indique Jérémie Ollivier, un des responsables de l’exploitation. Les acheteurs viennent du Qatar, de Bahreïn ou d’Oman. Leurs intermédiaires repèrent nos chevaux sur les courses et nous contactent ensuite pour les acheter. »
 

Sélectionner les bons chevaux


Les Chevaux d’Armor, entreprise familiale créée par Yvon Ollivier dans les années 80, compte aujourd’hui quatre personnes : deux de ses fils associés, et deux employés. Autosuffisante, elle produit elle-même son fourrage (avoine, foin, paille) pour les chevaux. Elle est l’un des rares élevages d’endurance en France. « Ce type d’élevage demande beaucoup de travail et coûte cher, explique Jérémie. Et contrairement à un élevage bovin, on n’est jamais sûr de la vente. On peut élever un cheval pendant 7 ans et ne pas pouvoir le vendre, s’il se blesse. »

Chaque année, la petite équipe programme une quinzaine de naissances. Pour obtenir des chevaux performants en courses, elle sélectionne soigneusement ses reproducteurs. Le monde de l’endurance a ses champions dont les descendants sont très prisés. On trouve ainsi sur l’élevage un descendant de Persik, un des meilleurs reproducteurs mondiaux en endurance. « Certains étalons proviennent de l’exploitation, d’autres sont loués le temps de la reproduction. On repère aussi certaines femelles sur l’élevage. A leurs caractéristiques physiques, leur manière de se déplacer, on voit que ce sont de bons modèles. »
 

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Entraînement quotidien


Si les activités liées à la reproduction sont concentrées sur les 6 premiers mois de l’année (« l’époque où on effectue les saillies et où naissent les poulains»), l‘entraînement lui a lieu quotidiennement. « Chacun d’entre nous monte 3 à 4 chevaux par jour. On passe environ 2 heures sur chaque cheval. L’entraînement se fait sur les chemins de campagne avec beaucoup de travail au pas, un peu de trot et un peu de galop, pas trop rapide, à 20 km/h. On adapte l’entraînement en fonction de leur âge et des compétions prévues.»

« On débute le débourrage vers leur cinquième année. La tendance du marché est actuellement à la vente de chevaux jeunes. Mais on ne veut pas commencer l’entraînement trop tôt pour ne pas les user trop vite. C’est vers l’âge de 9 ou 10 ans qu’ils sont les plus performants ».

 

Un palmarès international


La compétition fait également partie de l’entraînement. Jérémie et son frère participent ainsi régulièrement aux courses d’endurance. « Pendant la saison des courses de février à novembre, je suis tous les 15 jours en épreuves. Ce sont des courses de 40 à 160 km, beaucoup de niveau international. »

Entre les soins aux chevaux, les entraînements, l’entretien des équipements, la gestion de l’exploitation… Les journées sont bien remplies, mais les résultats toujours au rendez-vous. Sur l’exploitation, chevaux et cavaliers ont de nombreux titres à leur palmarès. Les derniers en date ? « Une de nos juments, vendue l’année dernière, est devenue championne du monde dans la catégorie des jeunes cavaliers. » Jérémie, quant à lui, est devenu en 2011 champion de France en endurance sur 130 km.

Mon parcours…

. J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de 7 ans.
. J’ai un Bac pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole.
. J’ai acquis beaucoup de connaissances et de compétences sur le terrain : repérer les qualités d’un cheval, savoir à quel moment commencer le débourrage, réaliser un programme d’entraînement…

L'endurance

C'est une course de fond, en pleine nature et à cheval. L’objectif : parcourir une longue distance, en terrain varié, tout en conservant son cheval en bonne condition. Les épreuves peuvent aller de 20 km à 160 km à réaliser en une journée, ou 2 x 100 km en deux jours.
Tout au long de l’épreuve et à l’arrivée, des contrôles vétérinaires vérifient l’état de santé du cheval. En cas de problème (épuisement, boiterie, déshydratation…), le cheval est disqualifié.
Les épreuves d’endurance nécessitent une bonne connaissance de son cheval. Il faut savoir doser l’effort de sa monture tout au long du parcours, veiller à la régularité de sa vitesse, contrôler sa récupération...


En Bretagne, on dénombre 3000 élevages ayant fait saillir au moins une jument. Seuls 4 éleveurs sur 10 ont l'élevage
comme unique activité (28 % des éleveurs) ou comme
activité principale, avec en plus une offre de débourrage
ou de pension. Pour les autres, l'élevage n'est qu'un plaisir, un loisir ou une activité très anecdotique.
42 éleveurs seulement ont plus de 10 poulinières.
40 % des éleveurs bretons se consacrent aux chevaux de selle,
34 % aux chevaux de trait, 18 % aux chevaux de course
et 8 % élèvent des poneys. Avec 38 % des effectifs de
poulinières, l
a race du Cheval de trait breton
prédomine ; viennent ensuite les races dites
de "selle", élevées pour le sport ou le loisir.
En 2010, les éleveurs bretons ont vendu 4300 équidés,
en vente directe de gré à gré surtout.
Les élevages bretons emploient environ 1300 salariés
(équivalent temps plein).
(Source : Conseil des équidés de Bretagne)

Publié le 06/03/2014