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L'école à cheval. Regards sur un centre équestre

L’Ecole d’équitation de Bédée-La Nouaye s’est installée il y a plus de vingt ans à une vingtaine de km à l’ouest de Rennes. 2 manèges, 2 carrières, des écuries, une cinquantaine de chevaux et poneys, un club house… Et quatre personnes pour s’occuper aujourd’hui de 350 adhérents.

4 personnes.

A l'école d'équitation de Bédée-La Nouaye, Fabienne Bondon s’occupe à mi-temps des tâches administratives, de la gestion et de la comptabilité. "Sur les 350 adhérents, 320 montent régulièrement chaque semaine. Nicolas, mon mari, est titulaire d’un brevet d’Etat et s’occupe de la partie enseignement, avec Christelle et Chloé. Christelle est animatrice, avec nous depuis longtemps ; elle est titulaire d’un BAPAAT (brevet d’aptitude professionnelle d’assistant animateur technicien). Elle s’occupe des groupes de débutants, encadre la préparation des montures, assure les détentes (l’échauffement des chevaux) pour Nicolas, et les soins à la cavalerie. Chloé est monitrice et se partage les cours avec mon mari." Chacun des quatre prend en charge une partie des activités liées aux soins des chevaux ou à l’entretien des équipements. "Nous sous-traitons cependant le nettoyage complet des boxes."


Relations.
L’activité d’enseignement est au cœur de la filière équestre. « Le métier d’enseignant d’équitation permet de nombreuses rencontres : les clients d’abord, issus de milieux très variés, les éleveurs, les cavaliers professionnels, les vétérinaires, ostéopathes, dentistes, maréchaux-ferrants, les marchands d’aliments, les fournisseurs de matériel et d’équipement, les organismes de formation… » Ce qui peut fournir au moniteur ou à la monitrice des pistes et
des contacts en vue d’une future reconversion, l’âge venant !


1 Shetland.

Contrairement à de nombreux autres centres, l’école de Bédée ne pratique pas le baby-poney et ne possède d’ailleurs qu’un seul shetland, la mascotte du club ! "Ici, on ne s’inscrit pas avant le cours préparatoire, vers 6/7 ans, et souvent après un stage, pour tester sa motivation. Avant, les enfants n’ont pas les capacités pour tirer vraiment parti de l’enseignement."

 

Toute la famille à cheval...
Les centres équestres essaient d’élargir leur clientèle. Ils modifient en nombre croissant leurs installations, leur organisation et leur cavalerie pour proposer la pratique du poney dès le plus jeune âge dans l’espoir de faire naître de nouvelles vocations. Les grands-parents sont nombreux, tractés par un Shetland, à accompagner leurs petits enfants en balade. Et de plus en plus de clubs invitent les parents de jeunes cavaliers à mettre eux-aussi le pied à l’étrier pour partager le loisir ou le sport de leur rejeton.

 

50 chevaux et poneys.

Tous les chevaux et poneys appartiennent à l’école. "Nous n’utilisons pas de chevaux de propriétaires pour l’enseignement. En revanche, des propriétaires viennent suivre stages et leçons. Mais nous ne donnons pas de cours particuliers. Et nous ne pratiquons pas de débourrage sauf celui des jeunes chevaux que nous achetons. A partir de l’âge de 3 ans, Nicolas et Chloé commencent à les travailler, pendant un an, un an et demi, de façon à les former à notre convenance, en fonction des besoins de l’école. En cas de besoin, nous faisons appel à des cavaliers professionnels pour certains débourrages particuliers."

Formation...
A Bédée, l’école pousse ses activités d’enseignement jusqu’à former les futur(e)s moniteurs et monitrices d’équitation. Elle est en effet l’un des deux centres de formation autorisés en Bretagne à dispenser la préparation au BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) mention activités équestres spécialité équitation.
> Voir l'article "BPJEPS : Alicia découvre le plaisir d’enseigner"

 

L'école est assez branchée CSO (concours de saut d'obstacles).
Elle en organise trois chaque année, qui accueillent cavaliers et clubs de la région 
(cliquez sur l'image)

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En Bretagne, on dénombre 400 établissements équestres adhérents à la FFE (Fédération française d'équitation). Le nombre de centres équestres a augmenté de 28 % entre 2005 et 2011. Plus de 38000 cavalières et cavaliers bretons sont licenciés à la FFE, un chiffre en augmentation de près de 50 % entre 2005 et 2011.
En moyenne, chaque établissement détient 38 équidés, 17 poneys et 21 chevaux, dont 24 sont destinés à l'éducation d'une moyenne de 90 licenciés, le reste appartient à des propriétaires. Le chiffre d'affaires moyen de chaque centre équestre tourne autour de 91000 euros. Près de 60 % de ce chiffre
provient de l'enseignement, et 20 % des pensions versées par les propriétaires.
Les établissements bretons étendent leurs activités au débourrage,
à l'élevage et à l'activité de cavalier professionnel.
Les 400 centres équestres emploient autour de 780 personnes.
Les femmes constituent 49 % des dirigeants et 48 % des salariés.
(Source : Conseil des équidés de Bretagne)

 

TVA. Les centres équestres redoutent le passage de la TVA de 7 % à 20 % début 2014.
Les pensions vont augmenter, le prix des cours aussi, mais sans que le centre équestre en retire un bénéfice.
La clientèle, qui jusqu’à présent était en croissance, risque de se tourner vers d’autres sports ou loisirs. La plupart des centres équestres sont de petites structures dont l'équilibre financier est fragile. Difficile pour eux de facturer
leurs prestations à leur coût réel... Ils sont aussi très dépendants des coûts d'achat et d’entretien de leur cavalerie : la paille, le foin, les céréales, les prestations
des vétérinaires et autres maréchaux-ferrants… Le sable des carrières et manèges est changé régulièrement. Sans compter les investissements. « Un nouveau manège, c’est plus de 100 000 €. » Investissements nécessaires si l’on veut conserver et accroître sa clientèle. Autour des centres urbains, la concurrence est rude. Il faut savoir offrir des prestations de qualité à une clientèle qui n’est plus seulement composée de cavaliers passionnés. Le risque de dépôts de bilan ou de regroupements est bien réel…

 

Publié le 06/03/2014