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Enseigner le breton dans le secondaire / Kelenn ar yezh er skolajoù hag el liseoù

Aziliz Cornu est enseignante bilingue de mathématiques et Maxime Creahe professeur de breton au collège Anne de Bretagne à Rennes. Une ville où on ne parle pas beaucoup le breton. C’est plutôt le gallo qui est pratiqué en Ille et Vilaine, mais cela n’empêche pas les classes bilingues breton-français de faire le plein. Rares sont les élèves d'Aziliz et Maxime à parler le breton chez eux. Le choix d’une classe bilingue est la plupart du temps le choix des parents. Un des enjeux pour les deux enseignants est de faire de sorte que le choix devienne progressivement le choix des enfants. Aujourd'hui, la plupart de leurs élèves continuent en bilingue au lycée.

 

E skolaj Anna Vreizh e Roazhon emañ Aziliz Cornu o kelenn ar matematik e brezhoneg ha Maxime Crahe zo kelenner brezhoneg. Ne glever ket kalz a vrezhoneg e Roazhon ; kentoc’h e vefe komzet gallaoueg en Il-ha-Gwilen, met se ne vir ket ouzh ar skolioù divyezhek brezhoneg-galleg da gaout kalz a skolidi.

 

Aziliz, dans le bain depuis le primaire

Aziliz a fait toute sa scolarité à Rennes dans des classes bilingues dés l'école primaire. "C'était le choix de mes parents qui ne parlent pas le breton". Mais elle a continué dans la filière jusqu'à son entrée en classe préparatoire PCSI (Physique Chimie Sciences de l’Ingénieur). En l'absence de breton au programme, elle a continué cette langue en cours de soir. Suite à ses deux années de prépa elle change d'orientation et entre à la fac où elle passe avec succès le CAPES puis l'Agrégation de mathématiques.

 

Pour transmettre une culture

Pour Aziliz, la motivation pour l'enseignement est venue progressivement. Un jour elle s’est dit, "pourquoi ne pas enseigner en breton pour transmettre cette culture". Elle décide alors de passer, pendant son année de stage d'enseignante de maths à Nantes, un examen pour valider son niveau en breton et sa capacité d’enseigner en breton. En parallèle, elle se procure, sur conseil de l'inspecteur pédagogique, un dictionnaire de mathématiques en breton et les manuels du TES (cf. page ou article) pour l’ensemble des classes de collège.

En 2011 elle est nommée au collège Anne de Bretagne à Rennes, après avoir fait ses armes pendant deux années dans le Morbihan. Elle y enseigne les maths en breton de la 6° au à la 3°. 

 

L’enseignement en breton : un univers assez masculin

Globalement, le professorat en France est un métier très féminisé. Mais on trouve plus d’hommes dans les classes bilingues en breton. Si les hommes ne représentent que 19% des professeurs et professeures des écoles en France, ils sont presque 25% dans les écoles bilingues en breton. En collèges et lycées, dans l’académie de Rennes, les hommes forment seulement 19% des effectifs enseignants. En classes bilingues, ils sont 61%....


Maxime, un passionné en manque de breton

Maxime, professeur de breton, est un passionné des langues. Et le breton lui manquait, non pas parce que le breton était pratiqué au sein de sa famille mais plutôt par passion « J’avais besoin d’apprendre la breton, c’était comme s’il me manquait quelque chose » Après son bac L, il s’inscrit dans la filière breton à la fac. Pendant ses études, il donne des cours de breton en cours de soir et prend conscience du fait que le métier d’enseignant lui plait. Il décide de passer le CAPES langues régionales option breton et l’obtient.

Le collège Anne de Bretagne est son premier poste. Il enseigne le breton dans toutes les classes bilingues de la 6° à la 3° à hauteur de 3 heures par classes et assure aussi quelques heures d’histoire et de musique.

 

Les aides de la région pour les futurs enseignants/es

Pour favoriser les vocations, la Région Bretagne verse des aides financières aux futurs/es professeurs/es bilingues.

La Région Bretagne encourage les jeunes à devenir enseignant/e bilingue. Elle verse une aide de 5000€ appelée Skoazell, aux étudiants/es de Master qui préparent les concours bilingues des écoles ou des collèges et lycées.

Conditions à remplir :

  • vouloir devenir professeur/e de l’enseignement bilingue,
  • avoir une bonne maîtrise de la langue bretonne,
  • avoir une licence ou le diplôme nécessaire à la préparation du concours.

Plus d’infos sur le site de la Région Bretagne.

Pour la formation intensive en breton

Une aide existe aussi pour les personnes qui suivent une formation intensive en breton dans le but de devenir enseignant/e bilingue. Il s’agit de « Desk/enseignement ». Pour les formations de 6 mois, son montant est de 2500 euros si le département accorde également une aide, et de 3000 euros sinon.

Plus d’infos sur le site de la Région Bretagne


C’est mieux d’enseigner les maths en breton

Pour Azilis il est important que la langue bretonne ne se perde pas et l’enseignement bilingue favorise sa préservation. L’enseignement des maths en breton est plus logique car les notions sont plus concrètes et basées sur du réel. Au lieu d’emprunter des mots grecs ou latin, il est plus clair et simple d’utiliser les mots bretons désignant la même chose. Le terme "octogone" (figure à huit côtés) est composé en grec "octo" (huit) et "gone" (côtés). Cela devient en breton "eizhkorn" : "eizh" (huit) et "korn" (côtés).

Elle avoue néanmoins que ce n’est pas toujours facile car elle ne dispose pas de suffisamment d’outils pédagogiques en breton à son goût. Mais elle a aujourd’hui établi des relations avec d’autres enseignants brittophones avec qui elle travaille régulièrement.

 

Le petit plus qui peut faire la différence

Pour Maxime, c’est clair « le breton ne peut être que quelque chose en plus, parfois le petit plus qui fait la différence quand un élève cherche un stage voir plus tard un emploi ». Professeur principal d'une classe de 3°, il laisse ses élèves chercher seuls pour trouver un stage en sachant qu’il y a de plus en plus d’endroits où on parle le breton. Les élèves découvrent ainsi par eux-mêmes,  l’utilité de connaître la langue bretonne.

 

 

 

Publié le 25/04/2013

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