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Le breton par le plaisir / Brezhoneg dre blijadur

Katell Chantreau est originaire de la région parisienne. C’est pendant ses études d’histoire à Rennes qu’elle découvre la langue bretonne en suivant des cours du soir de breton par curiosité. « C’était pour moi une vraie découverte, explique-t-elle, et de plus j’ai rencontré beaucoup de monde dans ce cadre ». Une dimension importante pour Katell dans son approche personnelle et professionnelle de la langue bretonne. Elle suit avec assiduité ces cours pendant 5 à 6 ans et finit par préparer et obtenir une maîtrise de Breton à l’université.

Parizianez eo Katell Chantreau. E-kerzh he studioù Istor e Roazhon he doa bet plijadur o teskiñ brezhoneg er c’hentelioù-noz, un tamm dre zegouezh da gentañ . « Un dra nevez e voe evidon, emezi, hag ouzhpenn-se eo bet un digarez  da gejañ gant kalz a dud ».

 

Loisir et langue

Titulaire d’un BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur/trice), Katell travaille pendant ses vacances comme animatrice de colonies de vacances.

En 2002 un BAFA en langue bretonne est créé à l’initiative de l’UPABAR (cf encadré) et Katell se fait embaucher comme formatrice. De plus, la directrice du stage souhaitait créer un livret de l'animateur en breton. Katell ayant déjà une petite expérience dans le domaine de l’édition, elle s’est vue proposer l’élaboration de cet outil.

 

La langue bretonne et le développement rural

En 2005, l'UBAPAR crée un poste de promotion et de développement des loisirs en breton et en gallo. Katell a pour mission de mettre en place et d’organiser le BAFA en breton ainsi que le BAFD (Brevet d’aptitude aux fonctions de directeur/trice) en breton, bien entendu. Elle est aussi chargée du développement et de la promotion des séjours de vacances en breton et en gallo, et de la conception d'outils pédagogiques pour l'animation en breton et en gallo. Un travail de réseau avec les associations adhérentes à l’UBAPAR et d'autres acteurs associatifs et institutionnels implantés en milieu rural.

 

Donner du sens à l’apprentissage

Aujourd’hui 14.000 jeunes suivent un enseignement bilingue ou immersif en breton, mais « pour beaucoup d'entre eux, l'usage du breton reste limité à la vie de la classe, regrette Katell. Nous souhaitons créer des espaces de vie en breton en dehors de l'école afin de donner plus de sens à l'apprentissage de la langue bretonne. Créer des moments forts en breton, des événements riches dans la vie des enfants, tel est notre objectif ».

Comment faire pour que le breton devienne une langue de vie, d'échange, de travail ? Katell souligne le défi que cela représente dans une société essentiellement monolingue. « Même à Diwan, les élèves ne parlent pas toujours breton entre eux. Le BAFA en breton, c'est un petit miracle : personne n'est là pour demander aux jeunes de parler breton, et pourtant ils le font, spontanément, et le breton devient une langue de travail… et de plaisir. »

 

To pa ri ti pa ri ti to (*)

Sur les 6 salariés de l’UBAPAR, 2 travaillent spécifiquement sur la promotion du breton et du gallo. Concrètement, Katell et sa collègue Riwanon coordonnent le programme des camps de vacances en breton et en gallo : une quinzaine d'organisateurs différents produisent ensemble, avec leur aide, un calendrier équilibré quant aux âges, aux thèmes, aux lieux, aux dates... Elles assurent la publication et la diffusion d'un catalogue annuel promouvant l'ensemble des séjours. Elles font la promotion du BAFA dans les lycées bilingues, recrutent les équipes de formateurs et encadrent elles-mêmes des stages. Elles peuvent également être amenées à encadrer des colonies de vacances en breton pendant l’été sur des projets nouveaux ou lorsqu'il n'y a pas d'offre locale sur un territoire.

Parallèlement elles mènent environ un grand projet par an : la réalisation d'un disque de chansons en breton et en gallo, la création d'un site internet d'offres d'emploi en breton (Labourzo.ubapar.org)...

(*) "Quand tu fais une maison, mets-y un toit" (dicton pour dire que quand on commence à faire quelque chose il faut aller jusqu'au bout.

 

Pourquoi apprendre le breton ?

Katell considère qu’il est « difficile de devenir bilingue dans une société qui ne l’est pas ». Pour elle, il faut une démarche personnelle, l’apprentissage et l’utilisation de la langue doivent avoir du sens pour le jeune et ne pas rester une discipline scolaire. Et pour que ça marche dans un contexte où le nombre d’anciens, bretonnants de naissance, diminue, il faut apporter une autre dimension. La dimension ludique comme lors des stages et colos associée au plaisir, aux loisirs et aux vacances. La dimension affective, dans le sens de partager des choses avec d’autres par cette langue, de créer des liens d'amitié, de monter des projets collectifs. Sans oublier la dimension militante de transmission d'une langue minoritaire et de défense de la diversité culturelle. « Pour moi, la promotion et l’avenir du breton passent d’abord par ces éléments-là et je suis plutôt optimiste. On avance petit à petit. Mais je trouve qu’il manque encore une réflexion globale sur le bilinguisme ou le plurilinguisme en Bretagne, quelle place pour la diversité des langues dans la société de demain ? », conclut-elle.

 

Ubapar

L’Union Bretonne pour l’Animation des PAys Ruraux est une association loi 1901 qui a pour but de favoriser l’animation et le développement en milieu rural. Organisme régional d’éducation populaire, l’UPABAR emploie 5 salariés dont 2 sur la promotion du breton et du Gallo.

L’association organise et propose : des animations jeunesse, la création de centre d’accueil de classes de découverte, la préservation du patrimoine, d’animations adolescents, accueil et animation touristique, création et animation de centres de ressources, actions d’insertion, de formation, actions sociales collectives, animations sportives…

Pour mener à bien sa mission, l’UBAPAR fédère et s’appuie sur un réseau régional de 85 associations, plus de 500 salariés et 2000 bénévoles, qui œuvrent ensemble en Bretagne.

 

 

 

Publié le 25/04/2013

Du breton dans les métiers - LBP