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Promouvoir la langue bretonne / Kas ar brezhoneg war-raok

La langue bretonne est parlée depuis 1500 ans mais, aujourd’hui, sur les 3 200 000 bretons, seulement 206 000 la parlent couramment. L’Office public de la langue bretonne a pour mission, depuis 1999, de promouvoir le breton. Vingt trois personnes y travaillent réparties dans des antennes départementales. Nous avons rencontré Fulup Travers responsable de l’antenne d’Ille-et-Vilaine.

 
Fulup Travers – responsable de l’antenne rennaise de l’Ofis
 

Abaoe 1500 vloaz e vez komzet brezhoneg. Hiziv an deiz, diwar an 3 200 000 Breizhad, 206 000 brezhoneger hepken a zo gouest da gomz mat a-walc’h. Abaoe 1999 e labour Ofis ar Brezhoneg evit kas ar yezh war raok. Meur a skourr zo e Breizh ha tri den warn-ugent en holl a labour evit an Ofis.

Kejet hon eus gant Fulup Travers e karg eus skourr an Il-ha-Gwilen.

 

Préserver le patrimoine et l’avenir de la langue

L’Ofis propose des services de traduction Français-Breton aux entreprises et aux collectivités qui souhaitent offrir aux clients et usagers un produit ou un service en breton (sites internet, bulletins municipaux, signalétique urbaine…). Un autre axe de travail concerne l’adaptation de la langue bretonne au contexte actuel (nouveaux mots, concepts, expressions…) en respectant les règles orthographiques et la phonétique.

L’équipe de Fulup veille aussi à la préservation du patrimoine linguistique en mettant à jour le cadastre et les cartes IGN. Un travail qui prend son importance du fait qu’une grande partie de la mémoire culturelle et linguistique disparaît avec les anciens.

 

Un observatoire qui observe et une agence qui agit….

L’Observatoire et l’Agence de développement  sont des services qui ont pour tâches d’observer l’état de la langue bretonne aujourd’hui et de faire des propositions pour qu’elle vive mieux.

L’observatoire prend à travers différents thèmes (marché de l’emploi, nouvelles technologies, loisirs, formations…) la température de la pratique linguistique, de l’utilisation du breton et met par l’intermédiaire de l’agence de développement, ces constats en commun avec les partenaires associatifs, institutionnels afin d’élaborer des préconisations pour le développement de la langue bretonne. « C’est un travail sur l’ensemble de l’environnement pour proposer des actions, des nouveaux services, etc., pour développer la place du breton, souligne Fulup. Un exemple, la Charte de la langue bretonne « Ya d’ar Brezhoneg » qui vise à affirmer la présence de la langue bretonne dans la vie publique ». Un outil assez pointu offrant aux collectivités (mairies, départements…), aux associations... et aux entreprises de s’engager avec l’aide de l’Ofis dans une démarche de promotion du breton en l’utilisant dans les documents administratifs, signalétiques, affiches… 150 communes sont signataires et 700 entreprises.

 

Stabiliser les effectifs pour remonter la pente

Fulup Travers est optimiste et croit en l’avenir du breton, sans pour autant nier que l’équilibre est fragile. Le nombre de locuteurs baisse avec la disparition des anciens pour qui le breton était la langue maternelle, la langue de tous les jours. Le nombre, même important, de jeunes et d’adultes apprenant aujourd’hui le breton ne suffit pas pour endiguer le déclin. Plus de 30 000 enfants et adultes apprennent le breton à l’école en Bretagne  (dont la moitié dans des classes bilingues) ou dans les cours du soir pour adultes. Mais c’est l’utilisation ultérieure dans la vie quotidienne qui pose problème.

 

Parler breton est un plus à compétences égales

Peu de personnes utilisent, ou peuvent utiliser le breton dans leur vie quotidienne dans un environnement 100% francophone. D’où l’intérêt de la démarche de l’Ofis pour faire vivre le breton dans la vie professionnelle, culturelle, personnelle, sportive… Un programme ambitieux qui porte ses fruits, car la tendance va aujourd’hui vers une stabilisation du nombre de locuteurs. « Bientôt, on va avoir une augmentation de ce nombre. Et quelque soit le jugement porté sur la langue bretonne,  on ne peut que constater qu’à compétences égales, le fait  de parler breton est un plus pour un emploi», conclut Fulup Travers.

 

L’organisation de l’Ofis ar brezhoneg

L'Office Public de la Langue Bretonne est un établissement public créé par l'Etat, le Conseil régional de Bretagne, le Conseil régional des Pays de la Loire et les Conseils généraux du Finistère, du Morbihan, des Côtes d'Armor, de la Loire-Atlantique et de l'Ille-et-Vilaine.

L’office est structuré autour de 2 pôles et 5 services

Pôle Langue

Service traduction

Service terminologie

Service patrimoine linguistique

Pôle Etudes et développement

Service observatoire des pratiques linguistiques

Service Agence de développement

 

 

Les employés de l’Office public de la langue bretonne

L’Office public de la langue bretonne (Ofis publik ar Brezhoneg) comprend 24 salariés :

5 traducteurs-relecteurs
1 terminologue
1 lexicographe
2 sociolinguistes
6 agents de développement
1 documentaliste-revue de presse
2 secrétaires
1 comptable
1 poste de direction
3 toponymistes
1 directeur scientifique
1 directeur
La langue bretonne est la langue de travail à l’oral et à l’écrit. Les documents d’études sont d’abord écrits en breton puis traduits en français.
La plupart des employés ont une licence ou un master en langue bretonne, mais deux ont un diplôme en droit et en environnement.
Il est demandé minimum 3 ans après le baccalauréat et l’usage parlé et écrit du breton.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fulup Travers, responsable de l’antenne d’Ille et Vilaine ainsi que de l’agence du développement 35, a fait des études de portugais et d’espagnol… Et n’a pas vécu dans une famille bretonnante. En somme, rien ne le prédestinait à s’engager dans la défense de la langue et de la culture bretonne. Mais un voyage linguistique au Pays de Galles lui avait ouvert les yeux sur l’existence d’une culture et d’une histoire celtiques.
Par curiosité et pour enrichir sa culture personnelle, il suit un apprentissage du breton à Brest puis est sollicité par le réseau des écoles Diwan. Après un premier poste à Nantes, il entre à l’Ofis ar Brezhoneg en 2000 et travaille dans le service terminologie, pour, aujourd’hui à 40 ans, occuper depuis 2008 le poste de responsable de l’antenne d’Ille et Vilaine.

Publié le 23/04/2013

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