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Techniciens sous pression. La maintenance en froid et climatisation

Les dépannages des installations frigorifiques se font souvent dans l’urgence. Il ne faut pas perdre de marchandises ni arrêter l’activité des industries ou des commerces. Les frigoristes doivent réagir vite et bien...

 
"En cas de problème dans une installation frigorifique, nous devons intervenir très rapidement. Cela génère un certain stress."
 

Le téléphone portable toujours à la main, Rodolphe doit réagir rapidement aux imprévus. Il est responsable des techniciens du SAV (Service Après-Vente) de la société Cesbron de Plérin, dans les Côtes d’Armor. Ils effectuent la maintenance des systèmes de froid et de climatisation dans des commerces, grandes surfaces, industries agroalimentaires, entrepôts industriels, bureaux, etc. «  En cas de problème dans une installation frigorifique, nous devons intervenir très rapidement. Il ne doit pas y avoir de perte de produits ni d’arrêt de l’activité. Cela génère un certain stress. »

 

Autonome et débrouillard

 

Le frigoriste se déplace seul la plupart du temps. Il doit être autonome et prendre rapidement les décisions nécessaires. Le technicien a une grande responsabilité. Son travail consiste à résoudre les problèmes. Il doit être débrouillard et faire avec ce qu’il a sur place, trouver quelquefois des solutions alternatives. « Il faut se remettre en question constamment et suivre les dernières évolutions techniques : automatismes, techniques de régulation, électronique, nouveaux matériaux, etc. »
Mais, ça tombe bien, les réparateurs aiment ça. Leur plaisir, c’est de comprendre le fonctionnement des installations, diagnostiquer la panne et trouver la solution. Ils aiment bouger d’un site à un autre, voir des situations très variées. Le secteur d’intervention de la société va de Plouha, à l’ouest de Saint-Brieuc à Matignon à l’est, et jusqu’à Loudéac et Pontivy au sud.

 

Diplomate

 

Le technicien rencontre de nombreuses personnes différentes. « Le métier est très relationnel. Il faut être diplomate, faire face parfois à l’énervement du client. Chaque frigoriste a sa clientèle. Une confiance mutuelle, ça aide dans les relations. » Expliquer, convaincre, négocier sont le quotidien des techniciens. Ils doivent pouvoir intervenir jour et nuit, week-end et jours fériés compris. Ils sont d’astreinte par roulement toutes les six semaines environ.
Pour éviter les pannes, les frigoristes effectuent des visites régulières d’entretien, une ou deux par an. « Nous proposons des contrats d’entretien à nos clients. Cela permet de maintenir les installations au meilleur niveau de production. Et de maîtriser les dépenses d’énergie. Cette maintenance préventive augmente la durée de vie des équipements. Pour la climatisation, on évite aussi les risques de contamination microbienne. »

 

 

 
"C'est un métier très relationnel, que ce soit avec les clients ou, à l'interne, avec le personnel..."
 

Rodolphe, responsable SAV. Organiser et gérer

Souvent dans l’urgence, Rodolphe doit organiser le travail des frigoristes et techniciens en climatisation du SAV (Service Après Vente).
Rodolphe jongle avec les emplois du temps des frigoristes pour répondre aux demandes des entreprises. En tant que responsable, il réalise les plannings des techniciens de maintenance de l’entreprise Cesbron. En cas d’urgence, la maladie d’un technicien, par exemple, il doit trouver rapidement un remplaçant. Il chapeaute les relations avec les entreprises, supervise les interventions. « J’ai d’abord été technicien de maintenance mais mon rôle est moins technique maintenant. Je fais surtout du management et de la gestion. »
Un métier relationnel. Il gère le personnel, supervise la facturation du point de vue administratif mais aussi technique, en fonction de la nature de l’intervention et des pièces employées. Il propose des contrats d’entretien et vérifie leur renouvellement. Il peut aussi suggérer au client des améliorations d’équipements. « C’est un métier très relationnel, que ce soit avec les clients, ou à l’interne, avec le personnel. »
Un côté mystérieux. Après un BEP électrotechnique, et une seconde vers un bac technologique en électrotechnique, Rodolphe a préparé un bac pro du froid et de la climatisation. Il a ensuite poursuivi en BTS dans le domaine frigorifique.  « J’ai toujours aimé bricoler la mécanique, l’électricité, j’aimais bien la technique… Produire du froid, ça avait un côté un peu mystérieux qui m’attirait. »

 

Ca jette un froid...

Pour faire du froid, on n’apporte pas du froid, on retire de la chaleur. Le procédé le plus utilisé est le système par compression. Un gaz (ou fluide) frigorigène est comprimé, liquéfié, dilaté, évaporé puis recomprimé. Il est tour à tour liquide ou gaz. Et passe du chaud au froid. Dans l’évaporateur, pour transformer le liquide en gaz, il faut emprunter de la chaleur à l’air à l’intérieur de la vitrine réfrigérée ou de la chambre froide. Cela aura pour effet de les refroidir...

 

L’entreprise Cesbron à Plérin fait partie d’un réseau d’une soixantaine d’agences en France. Elles interviennent dans le domaine du froid industriel et commercial, de la climatisation et des équipements de fournils de boulangerie industrielle.
Pour la conception et l’installation des matériels, quatre bureaux d’études suivent les dossiers : un pour les installations climatiques, un pour les équipements frigorifiques des grandes surfaces commerciales, un pour les usines agroalimentaires et un chargé de différentes installations. Des équipes de monteurs réalisent ensuite la pose sous la supervision d’un responsable de montage.
Sous l’autorité d’un responsable du Service Après-Vente (SAV), six frigoristes, deux techniciens en génie climatique, un apprenti et un technicien spécialiste des fours assurent la partie maintenance.

 

 


 

Il crée l'ambiance...
Emmanuel, technicien de bureau d'études frigoriste

Yaourts, beurres, glaces et surgelés peuvent s’aligner dans les rayons et les vitrines réfrigérées : Emmanuel a prévu toutes les installations qui permettent de les tenir au frais...

Cela a un côté un peu magique : le travail d’Emmanuel est de créer du froid. Technicien de bureau d’études, il conçoit les installations frigorifiques des supermarchés et des hypermarchés. «Je propose des projets en fonction de la demande des clients. Soit ils me donnent un cahier des charges au départ, soit j’en rédige un en fonction de leurs souhaits.»


Créer ou modifier des équipements

 

Il peut s’agir d’équipements à créer, pour un nouveau magasin par exemple, ou de modifications de ceux qui existent déjà. Le système va de la production de froid avec les compresseurs, jusqu’aux vitrines réfrigérées et aux chambres froides, en passant par les tuyauteries qui les relient et les armoires électriques qui commandent les équipements.
« Une fois les solutions techniques choisies, le montage proposé, je réalise un devis. Puis je transmets ce qu’on appelle les «réservations». Il s’agit de toutes les caractéristiques des matériels, dimensions, poids, surface, etc. Il faut prévoir aussi les départs d’électricité, les évacuations des vitrines, les tranchées pour les réseaux de froid…» Emmanuel décrit les différentes étapes de la réalisation. Il évalue le temps nécessaire. Avec le client, il affine le planning, au jour et à l’heure près. « L’activité commerciale doit continuer. Le travail s’effectue de nuit, on bloque certaines allées du magasin...»


Penser à la maintenance dès la conception

 

C’est aussi Emmanuel qui gère le budget du projet. Il réalise les achats de matériels et négocie avec les fournisseurs. « Tout doit rentrer dans le budget prévu, au niveau des temps de travail comme des achats. Il faut parfois s’adapter et proposer d’autres solutions techniques. »
Les compétences techniques et l’expérience de terrain sont nécessaires. Après un BTS dans le domaine du froid, Emmanuel a travaillé comme installateur, puis responsable de chantier. Il a choisi le froid parmi d’autres domaines techniques, en partie à cause des débouchés importants dans ce secteur. « Dès la conception, il faut penser aussi à la maintenance des équipements. Je fais en sorte que tout soit accessible facilement. Et surtout qu’il y ait le moins de pannes possibles... »

 

 

 

A partir des plans du bureau d'études, Jérémy et le technicien installent et règlent les tuyauteries, les appareils de ventilation, les armoires électriques... (cliquez sur l'image)

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Responsable de l'ambiance...
Jérémy, installateur en climatisation

Un hôtel qui sera agréable à vivre, pas trop chaud en été, bien chauffé en hiver… C’est grâce à Jérémy ! A Saint-Malo, il installe avec son équipe les équipements de climatisation et de chauffage sur le chantier de ce futur bâtiment.

Sur leur balcon face à la mer ou sur le chemin du spa, les clients de l’hôtel 4 étoiles de Saint-Malo ne penseront pas au travail qui s’est fait en coulisses pour leur confort. Il a pourtant fallu plusieurs mois pour mettre en place la distribution de l’eau, la climatisation, la VMC (ventilation mécanique contrôlée), le désenfumage…
Sur le chantier en cours, Jérémy supervise l’installation de ces équipements. « En temps normal, j’interviens davantage sur des installations frigorifiques dans les supermarchés et dans les usines de l'agroalimentaire… Ici, je remplace un collègue en congé de paternité. En tant que chef d’équipe, je coordonne le travail d’un autre technicien, des huit personnes intérimaires et des entreprises sous-traitantes. Mais je mets aussi la main à la pâte...»

 

"Le dépanneur se fait sauter dessus..."

 

A partir des plans du bureau d’études, Jérémy et le technicien installent les tuyauteries, les appareils de ventilation et les armoires électriques précâblées. Ils font ensuite les réglages et mises au point. « J’ai la responsabilité du chantier. Face à des imprévus, je dois prendre les décisions, Dans certains cas, j’appelle le responsable montage de l’entreprise. Je passe pas mal de temps au téléphone. S’il manque des documents, je contacte les constructeurs de matériel. »
« Je fais aussi le lien avec les fournisseurs pour la livraison de matériels. Il peut

Parcours

« Quand j’étais enfant, je bricolais avec mon père, ébéniste. Mais j’ai, ensuite, préféré l’électricité. »
Après un bac techno-logique en électricité, Jérémy a poursuivi dans un BTS du domaine froid et climatisation. « Ca avait l’avantage d’associer d’autres domaines à l’électricité : l’étude des fluides et de l’énergie. »

arriver aussi qu’un dépanneur nous appelle pour connaître les dessous d'une installation que nous avons réalisée. » C’est un métier relationnel. « Sur le chantier, se trouvent des plombiers, des électriciens... Il faut aussi gérer sa propre équipe. Et les relations avec les clients. Elles ne sont pas les mêmes que dans les situations de dépannage. Le dépanneur se fait « sauter dessus » quand il arrive. Il faut que ça aille vite. Dans l’installation, même s’il y a des délais à respecter et des imprévus à gérer, les rapports avec les clients sont plus détendus. »

 

 

Créer quelque chose

 

Les chantiers peuvent durer de deux jours à un an. « Quelquefois, nous faisons le travail en deux fois. Nous positionnons les tuyauteries avant le passage des maçons. Nous revenons ensuite. »
Jérémy intervient dans les Côtes d’Armor et en Ille-et-Vilaine. Parfois, il fait l’aller et retour dans la journée. C’est le cas pour venir à Saint-Malo. D’autres fois, il dort sur place. Ses frais de déplacement et d’hébergement lui sont remboursés. Jérémy est autonome dans ses horaires. Il travaille 35 h par semaine du lundi au vendredi midi. Les horaires sont annualisés, c’est-à-dire qu’il peut y avoir des périodes dans l’année où Jérémy travaille plus de 35 h, d’autres où il fera moins d’heures.
« Ce que j’aime surtout dans mon travail, c’est créer, réaliser quelque chose. On a la satisfaction, quand on revient, de pouvoir dire : c’est moi qui ai réalisé toute la climatisation de cet hôtel ».
 

 

 

 

Publié le 20/11/2012