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Maintenance. La licence pro pour plus d'autonomie

Dans le Morbihan, l’IUT de Lorient forme à bac+3 des techniciens de haut niveau capables de gérer en toute autonomie un service chargé de la maintenance de systèmes automatisés.

 
Mathieu perfectionne sa pratique de la maintenance de systèmes automatisés sur du matériel en provenance de PSA : il s'agit ici de gérer l'alimentation en pièces d'un robot de soudure travaillant sur les chaînes d'assemblage de carrosseries.
 

« Une entreprise agroalimentaire très automatisée sous-traite le plus souvent la maintenance de ses lignes de production. Elle a cependant besoin sur place d’une ou deux personnes suffisamment autonomes pour gérer les pannes et minimiser le temps d’arrêt de la production. C’est typiquement le type d’emploi que peut occuper le titulaire de la licence pro IMSA. » Didier Le Berre enseigne à l’IUT de Lorient (56) ; il est responsable de la licence professionnelle Ingénierie et maintenance des systèmes automatisés. « Nous formons de futurs responsables de services maintenance, ayant des compétences intermédiaires entre celles de technicien et d’ingénieur, pour tout type d’entreprises, PME, grands groupes industriels, sociétés de services, etc. »
 

Supervision, télémaintenance

 

"Les deux tiers des diplômés vont vers les services maintenance d'entreprises de production ; le tiers restant se retrouve dans les bureaux d’étude des fabricants de machines. » Dans l’automobile, l’agroalimentaire ou la plasturgie, les systèmes automatisés, automates programmables, robots, commandes numériques, etc. sont de plus en plus complexes. Les constructeurs des machines imposent un entretien très strict, maintenance et réparations sont très encadrées. Démonter, changer des éléments peut coûter très cher, en temps, matériel et arrêt de production. Aussi met-on en place des systèmes de surveillance sophistiqués pour anticiper les pannes : capteurs de vibrations, contrôle de température sans contact par infrarouges... La supervision permet de surveiller le fonctionnement d’un système sur un écran d’ordinateur ; par télémaintenance, on contrôle et on commande à distance, via internet, la production de chaleur et d’électricité d’un hôpital ou les paramètres d’une éolienne. « Pas besoin d’être informaticien, les interfaces sont conviviales. Mais les hommes et les femmes de la maintenance doivent être équipés d’un solide bagage technique. »
 

Curiosité et bagage technologique

 

"En licence pro, nous mettons l’accent sur la connaissance des systèmes automatisés et réseaux ainsi que sur celle des installations et outils de la maintenance. » La formation technologique est très pratique ; elle s’appuie sur des projets conduits par les étudiants dans des entreprises ou à leur demande, ainsi que sur les périodes en entreprise. 30 % des enseignements sont dispensés par des professionnels. « Nos étudiants ont déjà un métier en arrivant ici. Ils viennent de BTS ou de DUT ; nous avons très peu de candidats venant d’une deuxième année de licence. Ils ont les outils techniques de base. En licence pro, on approfondit les connaissances en automatismes et techniques de maintenance. On apprend aussi à manager un service. »
Le recrutement s’effectue sur dossier et entretien. L’IUT reçoit environ 120 candidatures pour 32 places disponibles. «Compte-tenu des candidatures multiples, nous acceptons en moyenne un candidat sur deux. Il importe d’être vraiement motivé par tout ce qui est technologique. » Le, ou la, candidat(e) idéal(e) ? « Titulaire d’un bac technologique, il ou elle a un BTS. Je lui ouvre une armoire électrique, il ou elle va aller directement voir à l’intérieur comment ça se passe... Avec de la curiosité et un cheminement logique, il ou elle arrivera à dépanner. Un candidat ayant de bonnes bases en maths et physique devrait aussi s’adapter très vite à la technologie et évoluer à l’aise dans l’activité. »
 

Alternance

La licence professionnelle Maintenance et technologie : systèmes pluritechniques parcours IMSA est proposée dans le cadre d’un contrat de professionnalisation. L’IUT peut aider les candidats à trouver un employeur.

Infos : www-iutlorient.univ-ubs.fr

 

 

Claire Lise.
La maintenance, diplôme après diplôme...

 

« Je suis une «répara-trice» depuis toute petite, je bricolais avec mon père agriculteur et avec mes frères sur leurs cyclomoteurs... J’ai commencé par un BEP maintenance des systèmes mécaniques automatisés, deux ans de formation après la 3e, que j’ai choisi pour son côté manuel (le BEP n'existe plus aujourd'hui ; un bac pro préparé en 3 ans après la 3e lui a succédé - NDLR) » Claire Lise décroche en passant le titre de « Meilleur apprenti de France », puis continue en bac technologique génie mécanique avant de rentrer en BTS maintenance industrielle.
« Je l’ai préparé en alternance. Ce qui me plaisait vraiment, c’était de voir, chez mon employeur, les applications concrètes dans l’industrie de ce que j’apprenais en cours de technologie au centre de formation d’apprentis. Toute la partie automatismes m’a bien accrochée ; c’est ce qui m’a poussé à approfondir le sujet en licence pro. »
Claire Lise a signé un contrat de professionnalisation avec une entreprise de transport urbain. « Je pars seule avec mon camion pour entretenir les machines utilisées pour nettoyer les bus ou réusiner les roues des tramways. Je travaille actuellement sur l’automatisation des machines à laver les trams. En maintenance, on s’occupe aussi de l’amélioration des matériels... Après la licence, je pense continuer et préparer un diplôme d’ingénieur en mécanique et automatique à Vannes. »

 

 

Manuel et Mathieu sont en licence pro...

... Mais aucun des deux ne va tomber à l'eau ! Ils ont les compétences et la maturité pour mener à bon port leur bateau...

Leur parcours.

. Manuel est titulaire d’un BTS Mécanique et automatismes industriels (devenu récemment Conception et réalisation de systèmes automatiques) préparé après un bac technologique génie électronique. « La formation en BTS était très concrète ; j’ai pu mener un projet de A à Z dans le domaine agroalimentaire. Je suis en licence pro pour avoir le niveau bac + 3 et pouvoir travailler plus facilement à l’étranger. En licence, on pratique l’anglais technique. J’aimerais un emploi de technicien dans un service après-vente et voyager. »
. Mathieu a, quant à lui, un DUT Génie électrique et informatique industrielle, préparé après un bac général scientifique. « L’électricité et les automatismes m’ont bien plu. J’ai travaillé l’été sur une chaîne de production. Je suis en licence pour ensuite trouver un emploi dans un bureau d’études en automatismes. »

Les stages.

. Manuel fait son stage à Lorient dans le service maintenance d’une entreprise qui fabrique des emballages plastiques. « Je participe à la mise en place de la GMAO, la gestion de la maintenance assistée par ordinateur, en relation avec le service qualité-service-environnement. Un des objectifs concrets était par exemple d’améliorer la gestion du stock de pièces détachées. »
. Mathieu, lui, participe à la création de lignes de production automatisées dans une entreprise de Loire-Atlantique spécialisée productique-robotique. « Je peux mener un travail de A à Z jusqu’à la mise en service chez le client. Je suis parfaitement intégré dans l’entreprise. »

Les « plus » de la licence pro.

. Manuel : « Par rapport au BTS, on travaille plus en profondeur les automatismes et les techniques de maintenance. La licence donne davantage d’autonomie. »
. Mathieu : « En licence, on nous prépare aussi au management d’une équipe, à la prévention et à la gestion des conflits. On fait aussi des mises en situation professionnelles du style : comment gérer en entreprise le fait que vous n’allez pas pouvoir redémarrer les machines avant trois jours, ou seulement à 50 %... »
 


 

Publié le 27/09/2012