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Ingénieur INSA. Le chemin des écoliers

Un des départements de l’INSA de Rennes forme des ingénieur-e-s en génie mécanique et automatique, des généralistes capables de concevoir produits et machines pour l’aéronautique, l’automobile ou le secteur médical. Rencontre avec quelques étudiants qui ont choisi d’entrer dans cette école par des chemins détournés...

 
Cheikh, Julien, Baptiste (et un robot...),
dans un des ateliers de l'INSA
 

« Pendant mon stage en DUT génie industriel et maintenance, j’e me suis bien impliqué dans la conception et la fabrication de la nouvelle porte d’un four à peinture de 200 m2. Etudes, plans, cablage, mesures... L’entreprise va économiser 5000 euros par an sur sa facture de gaz. J’ai bien aimé ce travail et le mélange électrotechnique, mécanique, pneumatique. Ca m’a conforté dans mon choix de poursuivre mes études dans une école d’ingénieurs pour approfondir mes connaissances. » Julien est aujourd’hui en 4e année de formation à l’INSA (Institut national des sciences appliquées) de Rennes. Il devrait obtenir l’an prochain son diplôme d’ingénieur dans la spécialité génie mécanique et automatique (GMA).

L’INSA recrute la grande majorité de ses étudiants au niveau bac, mais, comme Julien, ils sont un nombre non négligeable à choisir d’y entrer par la petite porte, après une première formation dans l’enseignement supérieur. Ainsi, Baptiste a d’abord obtenu un DUT, et il est entré en 3e année ; Cheikh a, quant à lui, passé un an à l’université après le bac, et il a intégré l’INSA au niveau de la 2e année.
 

Trois parcours

 

Julien. Julien a d’abord préparé un bac technologique en génie mécanique. « En terminale, je voulais devenir technicien en maintenance. J’ai toujours adoré bricoler. Je ne voulais ni entrer en classe prépa, ni directement en école d’ingénieur ; j’ai choisi de commencer par préparer un DUT génie industriel et maintenance avant de continuer vers un diplôme d’ingénieur. »

Baptiste. Baptiste a un peu galéré en 1e scientifique, « trop générale », avant de retrouver une motivation en se réorientant vers un bac technologique en génie électrotechnique. « Un bac ouvert, aux connaissances assez larges, en électricité, électronique, automatismes, mécanique... » Souhaitant se diriger vers des études longues, il intègre une des rares classes préparatoires TSI, spécialement destinées aux bacheliers technologiques. Ce qui lui a permis de voir son dossier retenu par l’INSA pour une entrée en 3e année.

Cheikh. Cheikh a obtenu son bac au Sénégal avant d’entrer à l’université. Au bout d’une année, il décide de postuler pour l’INSA et intègre le cursus au niveau de la 2e année. Il connaît bien la maintenance industrielle, car, depuis plus de trois ans, il travaille le week-end dans une entreprise agraoalimentaire pour payer ses études ; il y participe à la maintenance corrective et préventive des matériels. « J’ai pris conscience qu’il est important pour un ingénieur de penser, dès la conception des systèmes, aux personnes qui vont les utiliser et les entretenir. »
 

 

Une école d'ingénieurs, pour quoi faire ?

 

"Nous formons des ingénieurs très généralistes. » Eric Ragneau est responsable du département Génie mécanique et automatique (GMA) à l’INSA de Rennes. « Nous donnons aux étudiants et étudiantes un socle de connaissances de haut niveau qu’ils vont ensuite pouvoir mettre en oeuvre dans différents secteurs, automobile, aéronautique, médical... Nos diplômés ont les compétences pour concevoir aussi bien une chaîne de production automatisée que le cadre d’un vélo. »
Le département GMA ne forme pas des spécialistes de la maintenance. « Nos ingénieurs interviennent très en amont de la production. Ils appliquent leurs savoirs en mathématiques, calcul mécanique, automatisation, outils de simulation, etc. surtout dans les phases d’étude, de conception puis d’industrialisation d’un produit. » La maintenance est un paramètre que les ingénieurs intègrent dans le cycle de vie d’un produit ou d’un système, au même titre que son recyclage.
 

« Nos diplômé-e-s peuvent aussi bien concevoir
une chaîne de production automatisée que le cadre d’un vélo »


Les nombreux stages (11 mois en moyenne sur l’ensemble du cursus dont 4 à 6 mois en 5e année), le Projet de fin d’études mené en relation avec une entreprise aident à concrétiser les connaissances fondamentales apprises à l’école. Démonstration avec Julien. « L’objectif de mon stage de 3e année chez un carrossier-constructeur était d’optimiser la production de bennes pour véhicules utilitaires. Concrètement, je devais trouver comment faire passer le temps de fabrication d’une benne de 35 à 30 minutes. J’ai eu de nombreux contacts avec les opérateurs, les soudeurs, avant de passer à la phase de conception. Le nouveau système a ensuite été mis en place par les techniciens de maintenance. » C’est souvent la maintenance qui se charge de l’amélioration continue de la production dans les entreprises. « J’ai atteint mon objectif en travaillant en complète autonomie dans l’entreprise. Il faut aussi être un peu curieux et débrouillard... » Les élèves ingénieurs sont tous très autonomes. « Ils sont très rapidement habitués à conduire un projet, souligne Eric Ragneau. Les entreprises font très vite confiance à nos étudiants. »
 

 

 

Au programme

Connaissances fondamentales
et concepts théoriques en mécanique, matériaux, conception, automatique, modélisation, etc. sont assimilés à travers cours et travaux dirigés. « Un ingénieur doit comprendre ce que fait un logiciel, pas seulement savoir l’utiliser », observe un enseignant.
Développement du sens des réalités. « Les ingénieurs qui sortent de l’INSA ont tous pratiqué des machines à commandes numériques dans les ateliers de l’école, souligne Frédéric, un enseignant de génie mécanique. C’est un des « plus » de la formation : ils savent de quoi il s’agit quand on leur parle de fabrication de pièces, de tournage... »
Simulation. « Les outils de simulation sont de plus en plus utilisés en conception, explique Lionel, enseignant-chercheur en conception mécanique. Certains produits, machines, avions, etc . sont aujourd’hui validés uniquement à partir d’une maquette virtuelle. Les étudiants s’initient à ces outils à travers la réalisation de projets. »

 

 

Dans l'un des ateliers de l'INSA, programmation et fabrication de pièces. Les élèves ingénieurs pratiquent tous des machines à commande numérique (cliquez sur l'image)

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Un ingénieur INSA sur cinq
est une ingénieure


Coralie est en 3e année de formation d’ingénieur dans la spécialité Génie mécanique et automa-tique. Elle est l’une des trop rares filles qui préparent un diplôme d’ingénieur à l’INSA de Rennes.
En 2011, l’école comptait 21% d’ingénieures diplômées. L’INSA s’est engagé dans différentes actions pour promouvoir les études scientifiques et le métier d’ingénieur auprès des filles.Il faut savoir que, si 40 % des élèves de terminale S (scientifique) sont des filles, une sur cinq seulement s’oriente vers une filière scientifique de l’enseignement supérieur.

 
 

Entrer à l'INSA.
Maths, curiosité, imagination...

L’INSA est une des rares écoles d’ingénieurs qui recrute, sur concours, directement au niveau du bac. Le bac S (scientifique) est néces-saire. La formation s’étale sur cinq années. L’INSA propose six spécialités : Electronique et informatique industrielle, Génie civil et urbain, Génie mécanique et automatique (GMA), Informatique, Sciences et génie des matériaux, Systèmes et réseaux de communication.
En GMA, une vingtaine de places sont offertes en 2e année à des candidat-e-s ayant suivi une 1e année en classe prépa. ou en licence. Et une entrée au niveau de la 3e année est possible pour les titulaires d’un DUT ou les sortants de classe prépa (dont les prépas ATS, réservées aux BTS et DUT), d’une 2e année de licence ou d’un BTS. « Mais les titulaires d’un BTS ont davantage de difficultés, avertit le responsable du département GMA, le niveau exigé en mathématiques est élevé. »

Le choix de la spécialité s’effectue en 3e année. « En GMA, il faut avoir une vraie envie de comprendre comment fonctionne un système mécanique, et aussi une bonne dose d’imagination pour anticiper les évolutions possibles des produits. »
Infos : www.insa-rennes.fr

 

 

"Super Mario".
Robotique et enseignement

 

« C'est la robotique que je kiffe le plus, c’est vraiment devenu une passion. Mais j’aime aussi enseigner. » Après y avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en génie mécanique et automatique, Mario Guillo assure aujourd’hui cours et travaux pratiques à l’INSA de Rennes et prépare en parallèle un doctorat à bac + 8.
Riche et rapide parcours que celui du jeune ingénieur... « J’ai toujours aimé bricoler. Tout jeune, je démontais et remontais mes légos sans jamais suivre la notice ! En terminale, je voulais devenir ingénieur en sciences appliquées, dans une entreprise, pour concevoir et fabriquer des produits. Je n’étais pas attiré par la recherche fondamentale. » Après avoir décroché un bac S (scientifique), Mario entre en DUT Génie industriel et maintenance. « Par goût du concret. J’ai appris à détecter des pannes, à organiser la maintenance en entreprise. » Mario intègre ensuite l’INSA au niveau de la 3e année. Son stage ingénieur lui fait retrouver la maintenance. « J’ai mené une étude pour DCNS sur les probabilités de défaillance dans les équipements des navires militaires.. Ca m’a bien intéressé. »
 

Apprendre à apprendre


D
iplôme d’ingénieur en poche, Mario va étudier un an au Canada, histoire de compléter ses connaissances en robotique, commandes et simulation. Et, de retour au pays, une convention CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la REcherche - www.enseignementsup-recherche.gouv.fr ) lui permet de préparer sa thèse de doctorat en partageant son temps entre une entreprise, l’Institut Maupertuis, et l’INSA, tout en étant rémunéré. « L’Institut sert d’interface entre la recherche et les entreprises. On y évalue les possibilités d’applications concrètes des avancées des chercheurs dans le domaine de la productique. C’est tout à fait ce que je rêvais de faire... »  Mario étudie par exemple l’application de tout nouveaux procédés de soudage laser sur des robots industriels. « J’enseigne ce que j’applique. Un ingénieur continue à se former tout au long de sa vie ; j’apprends aussi aux étudiants à apprendre... »
 


 

 

 


 

Publié le 20/11/2012