Les formations et les métiers en Bretagne
Ignorer les liens de navigation Fiche Article
Ajouter la page à mon espace perso
Add This
Doc

Maintenance agricole. Des urgentistes aux champs

La récolte n’attend pas et les caprices d’une moissonneuse peuvent avoir des conséquences désastreuses... Les techniciens de maintenance agricole se déplacent au chevet d’engins sophistiqués que leurs propriétaires ne peuvent amener au garage comme une vulgaire automobile.

 
L'atelier de la concession avec, au premier plan, l'un des camions-ateliers de retour d'une intervention
 

« Quand le technicien stoppe sa camionnette au bord du champ, le client n’est déjà pas de très bon poil... Moissonneuse immobilisée, récolte en panne, il faut savoir conserver son sang-froid pour établir sereinement un diagnostic pas toujours facile à poser. Tracteurs et autres ensileuses sont des engins de plus en plus sophistiqués. » Rémi Louail dirige la concession Claas implantée en Centre Bretagne, à Pontivy. Ses clients (5 700 répertoriés) s’éparpillent dans le Morbihan et le sud des Côtes d’Armor. « Le plus éloigné est à 65 kms d’ici. »

 

De dix minutes à dix heures d'intervention

 

"80 % des interventions se déroulent sur le champ ou sur le site de l’exploitation agricole. » Il peut s’agir d’une panne, d’une mauvaise manoeuvre, d’un accident de la route même... L’appel du client est d’abord reçu par un des deux chefs d’atelier. « L’un est spécialisé « matériel de récolte », l’autre « tracteurs ». Après avoir creusé la demande, le chef d’atelier pose un premier mini-diagnostic qui lui permet de choisir la personne la plus adaptée pour l’intervention. Le technicien clientèle dispose d’un petit camion-atelier équipé qui lui permet d’être – presque – totalement autonome. » L’intervention peut durer de dix minutes à dix heures... « Ce n’est pas comme à l’atelier de la concession, on est le plus souvent seul à bord sans possibilité de se faire aider par un collègue. » Seuls soutiens, à distance : le téléphone et la hot-line du constructeur. Chaque technicien est équipé d’un PC portable relié à internet. « L’ordinateur est aujourd’hui plus important que la clef à molette ! »

 

Des connaissances bien rodées

 

En plus d’un excellent contact avec la clientèle, les techniciens maîtrisent parfaitement l’utilisation des appareils de diagnostic et l’interprétation des résultats. « Ils possèdent au minimum un niveau bac professionnel, voire un BTS, et de solides connaissances en hydraulique, électricité et mécanique, qu’ils ont rodées pendant au moins trois années en atelier. Les débutants commencent au-dessus du Smic, et les techniciens bénéficient d’heures majorées et/ou de récupérations selon leur activité. Des évolutions de carrière sont possibles au sein du groupe. » Chaque technicien bénéficie d’une à deux semaines de formation chaque année pour suivre les évolutions des matériels. « Si, mécaniquement, il ne se passe plus grand chose, les moteurs étant devenus très fiables, en revanche, les évolutions dans les domaines hydraulique, électronique et électrique sont importantes. »

 

Engagement et disponibilité

 

"Pour faire ce métier, il faut aimer le monde agricole. » Les techniciens en sont d’ailleurs souvent issus. « Ce n’est pas une obligation mais ça facilite les choses pour comprendre les attentes de nos clients, justifier une intervention, ou prodiguer un conseil technique concernant l’utilisation ou l’entretien des matériels. » Autres qualités demandées aux techniciens clientèle : un certain engagement et de la disponibilité. « Les interventions sont en partie soumises au rythme des saisons, semis, récoltes... L’hiver, les horaires dans l’entreprise sont de 31 heures ; ils s’élèvent à 39 heures l’été. Et, pendant quelques week-end chaque année, un service de garde est assuré avec un quart du personnel pour répondre aux urgences. »

 

 

 
La concession, perchée sur une hauteur dans la zone artisanale Goheleve à Pontivy (56)
 

Claas Réseau Agricole Pontivy

L’entreprise est l’une des dix-sept succursales du groupe Claas, 4e mondial dans la distribution de matériel agricole. Elle emploie une cinquantaine de salariés, dont la moitié travaillent à l’atelier.
A l’atelier, une petite partie du personnel assure les réparations lourdes : par exemple, démonter et remonter une boîte de vitesse, ce qui nécessite une semaine de travail... On y prépare aussi les machines neuves : compter une semaine pour une moissonneuse-batteuse... L’entreprise assure en outre la formation de ses clients à l’utilisation de leur matériel. 80 % des interventions se déroule à l’extérieur, chez le client. L’entreprise dispose de seize petits camions-ateliers pour ses techniciens clientèle.
Ses clients sont en majorité des GAEC (groupements agricoles d’exploitation en commun) et des sociétés, et aussi des agriculteurs et des CUMA (coopératives d’utilisation de matériels agricoles) ou ETA (entreprises de travaux agricoles).

 

L'atelier de la concession : réparation de la boîte de vitesses sur un tracteur, préparation de tracteurs neufs avant livraison... (cliquez sur l'image)

Flash doit être installé pour pouvoir visualiser les photos.Obtenir Flash Macromedia.

 

 

 


 

 

 


 

Publié le 20/11/2012