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Equitation. Groom, l'ombre des cavaliers

Bénédicte exerce la profession de groom. C’est en partie grâce à elle que cavalier et monture brillent dans les concours hippiques. Un travail quotidien important et une implication totale, dans l’ombre, pour l’amour des chevaux...

"Il faut que chaque cheval soit prêt à l'heure voulue par le cavalier..."
 

« Mon activité se divise en deux parties : le travail aux écuries et le travail pendant les concours. » Bénédicte exerce la profession de groom. Ce terme anglais est très usité en France ; pris au masculin, il est synonyme de premier garçon et de garçon de voyage. Bénédicte est responsable du piquet de chevaux d’un cavalier professionnel, Jean Le Monze. Celui-ci participe à de très nombreux concours de sauts d’obstacle de haut niveau, avec plusieurs épreuves dans chaque concours et souvent plusieurs chevaux dans une même épreuve. Ainsi, en 2011, le cavalier a pris plus de 500 départs. A chaque fois, c’est une dizaine de chevaux dont il faut s’occuper...

 

Aux écuries...

 

« Aux écuries, il faut assurer l’entretien courant des boxes, surveiller l’alimentation et l’état de santé des chevaux, gérer les soins, pansage, entretien des sabots, tonte, massages... Je prends les rendez-vous avec le maréchal-ferrant, le dentiste équin, l’ostéopathe... » La groom prépare les chevaux pour le cavalier. Elle assure le travail en longe dans la carrière ou le manège, et aussi le travail à cheval si le cavalier lui demande. C’est encore elle qui entretient le matériel, selles, filets, protections, etc.
Les concours s’étalent souvent sur plusieurs jours et nécessitent parfois de longs déplacements en camion. « Le groom prépare les chevaux à l’embarquement. » Ces chevaux de sport exigent de nombreuses protections pour éviter tout risque de blessure au cours du transport. « C’est souvent le groom qui conduit le camion sur le lieu des épreuves ; le permis est indispensable. A l’arrivée, il faut préparer les boxes, pailler, remplir les seaux... Puis faire débarquer les chevaux et distribuer les repas. Tous les matins, les boxes sont nettoyés et repaillés.»

 

... Et au paddock

 

Pendant le concours, les chevaux sont préparés pour les épreuves auxquelles ils participent. « Chaque cheval a ses particularités. Il faut choisir le mors, mettre filet, protections, selle... Je suis ensuite mon cheval au paddock de détente pour positionner les barres d’obstacle afin que cavalier et monture se mettent en action : d’abord une croix, puis un vertical, un oxer, et, pour finir, un vertical mis à la hauteur du parcours. » Organisation au top exigée. « Je ne dois jamais me faire prendre par le temps. Les épreuves s’enchaînent au cours de la journée. Il faut que chaque cheval soit prêt à l’heure voulue par le cavalier. »

 

 
illu1 EARL Ecurie Jean Le Monze
a pour activité principale la valorisation de jeunes chevaux de sport pour participer à des CSO

 
 

L'écurie de Jean Le Monze héberge une quarantaine de chevaux. Son activité consiste à valoriser des chevaux de sport pour participer à des CSO (concours de saut d'obstacles). Des propriétaires lui confient de jeunes chevaux de 4 ans qu'il va entraîner et préparer à la compétition de haut niveau. Les jeunes chevaux vont sortir en cycle classique jeunes chevaux. Les plus âgés, de 7 ans et plus, sortiront en CSO national ou international.
Les propriétaires versent une pension mensuelle à l'écurie, ce qui permet de payer la nourriture, les soins, et aussi, bien sûr, les personnes, les matériels et les autres frais. Quand les chevaux commencent à obtenir de bons résultats dans des épreuves importantes, les propriétaires peuvent décider de les revendre à un prix parfois très supérieur au prix d'achat. Jean Le Monze les accompagne auprès des acheteurs. L'écurie possède quelques chevaux que Jean Le Monze monte en concours et peut, lui aussi, revendre afin de racheter d'autres jeunes chevaux. EARL Ecurie Jean Le Monze emploie quatre personnes (dont Jean Le Monze).


En Bretagne, 80 écuries de cavaliers professionnels emploient une centaine de personnes. La grande majorité des cavaliers professionnels bretons est installé
à son compte, dans sa propre écurie. Chaque structure a un effectif moyen
de 32 équidés, poneys et chevaux, dont 13 lui appartiennent.
En moyenne, 9 équidés sont vendus par an et par écurie. Le chiffre d'affaires moyen de chaque structure tourne autour de 53500 euros. Plus de 50 % de ce chiffre provient des pensions payées par les propriétaires, près de 30 % de la vente
de chevaux, et 10 % des gains engrangés lors des compétitions.
(Source : CEB chiffres 2010)

 

Une bonne approche des chevaux

 

Organisation, patience, méticulosité sont des qualités indispensables au groom. « Il ne faut surtout pas compter ses heures ! 35 heures et RTT n’existent pas dans le monde équestre... » Une bonne approche des chevaux est bien sûr indispensable. « Un groom ne monte pas forcément à cheval dans son travail, mais c’est un atout d’être, ou d’avoir été, cavalier et d’avoir fait un minimum de compétition. » Jusqu’à la mise en place du nouveau bac professionnel Conduite et gestion de l’entreprise hippique, il n’existait pas vraiment de formation spécifique, le métier s’apprenait sur le terrain. « Un certain niveau de culture générale est toutefois un atout, observe Bénédicte. Le groom est amené à fréquenter des personnes d'un niveau social relativement élevé, surtout quand il travaille dans des écuries de compétition de haut niveau. »

 

Une implication totale

 

Payé aux environs du Smic, le groom dispose parfois d'un logement sur place. A l'étranger, Canada, USA, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, les rémunérations sont souvent plus intéressantes. Les perspectives d’évolution sont rares, sauf à devenir responsable d’écurie. « C'est un métier passionnant, mais qui demande une implication totale, très difficile à concilier avec une vie de famille. Une vraie vocation ! »

Au paddock, la groom positionne les barres d'obstacle afin que cavalier et monture se mettent en action
(cliquez sur l'image)

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Publié le 03/04/2012