A l’atelier, Marion part d’une épure (un dessin grandeur réelle) de la pierre à tailler et réalise un gabarit qui lui donne la forme de la pièce.
« J’ai toujours été manuelle. Petite, j’adorais bricoler avec mon père et je retrouve dans mon métier le plaisir du travail concret. Cela fait presque 5 ans que je suis dans le domaine de la taille de pierre et je me perfectionne encore chaque jour. Il faut apprendre à manier les outils et à adapter l’outillage pour les différentes variétés de calcaire, de grès, de granite, etc. J’adore la géologie et je m’intéresse beaucoup aux différents styles d’architecture. C’est passionnant.» Marion Lagier a 26 ans. Elle est tailleuse de pierre et travaille dans une entreprise spécialisée dans la restauration du patrimoine ancien et des monuments historiques. Ce métier se pratique sur chantier ou en atelier.
Cet hiver, Marion a participé à la rénovation du clocher d’une église.
« L’échafaudage montait à 60 mètres. La première fois, j’étais un peu tendue, mais on s’habitue vite. » Son travail consistait à remplacer les pierres abimées. Elle prenait toutes les mesures nécessaires pour que la pierre soit taillée à l’identique à l’atelier avant d’être changée sur l’édifice et posée avec les joints adaptés. « Je peux aussi avoir à retailler sur place mais c’est plus rare. Sur le chantier, il peut faire très froid mais c’est plus collectif qu’à l’atelier. On opère avec d’autres professionnels comme les maçons, les couvreurs, les charpentiers, les vitraillistes. Un architecte des monuments historiques vient régulièrement contrôler les travaux.»
A l’atelier, Marion part d’une épure (un dessin grandeur réelle) de la pierre à tailler et réalise un gabarit qui lui donne la forme de la pièce. « On commande à la carrière les blocs aux dimensions de chaque morceau comme cela nous n’avons pas à débiter de trop grosses pierres nous-mêmes. Certaines pièces peuvent quand même peser plus de 100 kilos, mais nous utilisons les engins de levage. Nous disposons également d’un plan de façade de l’édifice en rénovation avec l’emplacement exacte de la pierre à tailler.» Avant de commencer, Marion définit un mode opératoire, c’est-à-dire toutes les étapes à suivre pour arriver à la forme finale. Un bon tailleur cherche avant tout à s’économiser et à trouver la méthode la plus simple. C’est un métier qui demande beaucoup de patience et une bonne vision dans l’espace. « En général les formes sont géométriques. Mais on peut aussi avoir des fleurs ou des feuilles en relief. Je dois être capable de voir dans ma tête la pièce finie pour pouvoir la tailler correctement. »
Il faut aussi de la passion car la pierre ne se laisse pas travailler facilement. Masque, lunettes et casque protègent les tailleur/se-s du bruit et de la poussière. Le métier est physique et il faut aimer se dépenser. « Quand on tient à bout de bras une disqueuse de 5 kilos pendant plusieurs heures on le sent ! Mais plus j’avance dans ce métier, plus ça me plait. J’aurais besoin de plus d’une vie pour arriver à tout connaître ! Maintenant, quand je regarde un bâtiment je n’ai plus le même regard, je vois toutes les imperfections ! » Plus tard, Marion aimerait monter son entreprise « Ici on fabrique des copies conformes et j’aimerais faire de la création de cheminées, de barbecues ou de tout objet en pierre pour des particuliers.»
Publié le 20/02/2012