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Manutention de bateaux : la petite équipe en fait des tonnes

Au port du Légué, les bateaux viennent se faire caréner et réparer. Trois personnes sortent de l’eau et déplacent des navires pouvant peser jusqu’à 350 tonnes. Doigté et précision sont indispensables pour effectuer ces opérations.

 
Pont de levage des bateauxLe pont de levage du Légué  
 

Daniel, télécommande à la main, déplace un bateau de 200 tonnes. La manœuvre à effectuer ? Conduire le bateau de pêche depuis l’aire de réparation jusqu’aux eaux du port, à l’aide d’un imposant pont de levage. « Il faut être précis. A la sortie du chantier, on n’a que quelques centimètres de marge de manœuvre. Un seul pneu du pont de levage coûte 10 000 euros. Il vaut mieux ne pas l’éclater ! »
Daniel travaille sur l’aire de carénage et de réparation navale du port du Légué avec ses collègues Yoann et Laurent. La petite équipe manutentionne les bateaux qui viennent s’y refaire une beauté. « 90 % sont des bateaux de pêche, indique Laurent Kernivinen, le responsable du site. On accueille aussi de gros voiliers et des vedettes de passagers. Le pont de levage permet de manutentionner des bateaux pesant jusqu’à 350 tonnes.»
L’année dernière, l’équipe a déplacé plus de 220 bateaux au Légué. Avec à chaque fois, la même attention. Lorsqu’un bateau arrive à quai, il est arrimé avec des sangles à l’élévateur pour ensuite être amené tranquillement mais sûrement sur l’aire de carénage. « Pour les bateaux de plus de 18 mètres de long, je plonge pour positionner les sangles sous l’eau sans rien abîmer, explique Yoann. Ce sont des bateaux qui peuvent avoir des sonars sur la coque, Le pont de levage demande des connaissances en électricité, électronique, hydraulique, mécaniquepar exemple. Une fois le bateau déplacé, on le raccorde en eau et en électricité. Les entreprises de maintenance choisies par l’armateur viennent ensuite effectuer les réparations. »

Connaissances techniques

Une partie du travail consiste à assurer la maintenance du pont de levage : réaliser des vidanges, changer des filtres, serrer des durites hydrauliques.... « Il faut des connaissances en électricité, électronique, hydraulique, mécanique, résume Yoann. Tous les jours, on jette un coup d’œil à la machine. On programme aussi des opérations de contrôle. On réalise nous-mêmes 80 % des réparations de la machine. »
Enfin, les compétences en plongée de l’équipe l’amènent à se déplacer sur tout le département des Côtes d’Armor pour entretenir les pontons des ports gérés par la CCI ou encore dépanner des bateaux, «lorsqu’un cordage est pris dans une hélice, par exemple

Au rythme des marées


Le bateau est arrimé avec des sangles à l’élévateur Le planning au Légué varie suivant les mois de l’année et s’adapte aux impératifs des marins. Les trois collègues ne prennent jamais de congés entre Noël et le jour de l’An, par exemple. « C’est l’époque où les marins prennent leurs vacances en famille, explique Laurent. Ils en profitent pour faire réaliser l’entretien de leur bateau. »
A côté des réparations planifiées à l’avance, s’ajoutent aussi les pannes imprévues. Deux téléphones constamment allumés permettent de répondre aux urgences. « Nos horaires sont élastiques, ils dépendent des heures de marées. Certains bateaux ne peuvent repartir qu’en vives eaux. On peut commencer la journée à 5 heures du matin ou la finir très tard, travailler le dimanche ou les jours fériés. Les pêcheurs ont des horaires difficiles. Leur bateau est leur outil de travail. On ne peut pas leur dire qu’on ne travaille pas le dimanche. Ils ne comprendraient pas. »
Qualité partagée par les trois membres de l’équipe : la disponibilité. « Il faut aussi être précis, calme, à l’écoute des clients. Et être passionné par la mer. Sinon, on ne peut pas comprendre qu’on fasse autant d’heures.»

 

Le parcours de Yoann

Yoann prépare les sangles



Après un bac techno STI en électrotechnique, Yoann prépare un BTS mécanique et automatismes industriels puis enchaîne sur une licence pro maintenance portuaire et navale. Une fois embauché au Légué, il passe un certificat d’aptitude à l’hyperbarie, classe 0 mention B, pour pouvoir effectuer les opérations de plongée.
S’il n’a pas de marins dans sa famille, Yoann fait du bateau depuis tout petit. «Ce qui m’a plu dans ce travail, c’est la variété des activités entre la maintenance et le levage. C’est aussi les relations avec le milieu marin », explique-t-il.
 

 

 
L'aire de carénage au port du Légué
Sur l’aire de carénage du Légué, on entretient et on révise les bateaux, on nettoie les coques, et on leur applique les peintures antifooling. On accueille également les bateaux victimes de pannes imprévues. Des entreprises de réparation navale viennent effectuer les travaux sur le site. Mais les équipements de la plate-forme, notamment le pont de levage et la cabine de peinture, sont gérés par la CCI (la Chambre de commerce et d’industrie). C’est cette dernière qui emploie Laurent, Yoann et Daniel.
 
 

 

 

 

 

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Publié le 23/01/2012