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Capitainerie. Le chef d'orchestre du port

A la capitainerie de Saint-Malo, les officiers coordonnent les activités sur le port, informent les usagers, arbitrent aussi parfois entre leurs demandes divergentes. Si la connaissance du milieu marin est indispensable, la disponibilité et le sens du contact sont également recommandés.

 
 

« Dans un port, il y a une superposition d’activités : le transport de marchandises, la pêche, le transport de passagers, la plaisance… Ici, le port est en pleine ville. Il faut aussi compter avec les riverains et les commerçants. » Commandant du port de Saint-Malo, Bruno Lassus est responsable de la capitainerie. Il dirige une équipe de neuf personnes. Le rôle du service ? Coordonner les différentes activités sur le port et assurer la sécurité des lieux. Sur cet espace limité, divers acteurs coexistent, avec des intérêts parfois divergents.

 

 

 

Organiser les mouvements

Chef d’orchestre du port, la capitainerie organise les mouvements des navires et leur attribue des places à quai. « Sur une année, 700 cargos passent à Saint-Malo. En été, on compte 24 mouvements de gros navires par jour, sans compter le trafic lié à la plaisance. Avec une seule écluse, la régulation des mouvements est parfois difficile. » 
Les bateaux qui souhaitent entrer au port doivent respecter certaines conditions. Il fournissent divers documents à la capitainerie : des certificats, la liste des ports fréquentés, la liste de l’équipage ou encore une déclaration de déchets… 
Deux fois par semaine, le commandant Lassus et son adjoint organisent une conférence de placement, avec un représentant de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), et des consignataires représentant les armateurs de bateaux. Il s’agit d’examiner les demandes de place des différents navires sur les quais de Saint-Malo. « On regarde si les demandes sont cohérentes, si les bateaux ont un tirant d’eau adapté, par exemple. On répartit aussi le nombre de grues et de dockers nécessaires pour charger ou décharger les marchandises des bateaux.»

 

 

Recevoir et dispatcher les informations

L’entrée dans le port se fait ensuite en lien avec la capitainerie. Dans la tour de vigie, sept lieutenants de port se relaient. Lorsque le bateau arrive à portée de radio, il entre en contact avec l’officier de vigie. Celui-ci lui donne les informations sur le trafic en cours. En fonction des heures de marée, il peut le diriger vers un mouillage extérieur, par exemple. Il contacte le pilote de port chargé de guider le navire jusqu’au quai d’amarrage. Il entre également en contact avec le pontier de l’écluse, prévient les lamaneurs et les grutiers de l’arrivée du bateau… « Le travail de l’officier, c’est de recevoir de l’information et de la dispatcher à tous les services du port afin qu’ils soient prêts pour accueillir le bateau. »
 

 

Sens du contact et disponibilité

A côté de la régulation du trafic, il y a aussi les missions liées à la sûreté et à la sécurité du port. Investie du pouvoir de police portuaire, la capitainerie peut établir des procès-verbaux. Elle surveille le transport des matières dangereuses en délivrant les autorisations d’entrer dans le port et en faisant appliquer les consignes de sécurité. Elle organise la lutte anti-pollution et prend les premières mesures en cas d’incident. C’est également elle qui autorise les travaux sur le port.
La diversité de ses missions amène l’officier de port à traiter avec de nombreux acteurs. « Nous sommes en contact avec la Région, la mairie, la CCI, la police, les douanes, la préfecture, mais aussi les associations, pour préparer la Route du Rhum, par exemple. »
Le métier demande une grande disponibilité. « Il y a toujours quelqu’un à la vigie, nuit et jour, 365 jours par an. Moi, je suis d’astreinte un week-end sur deux et, dans ces cas-là, je dois être joignable 24 h / 24 », indique Bruno Lassus. Sens du contact et diplomatie sont également recommandés. Sans oublier une certaine fermeté. « Il faut être capable de réagir à tout type de problème, parfois taper du poing sur la table. Nous avons une position d’arbitre entre les demandes diverses de nos interlocuteurs. »
 

 
Devenir officier de port...

La capitainerie de Saint-Malo compte 10 personnes : 2 capitaines de port (Bruno Lassus et son adjoint), 7 lieutenants de port et une secrétaire.
Les officiers de port sont des fonctionnaires. Les lieutenants de port sont recrutés par concours (catégorie B) ; les capitaines de port, soit par concours (catégorie A), soit en étant choisis après avoir exercé pendant 7 ans la fonction de lieutenant de port.
Pour connaître les conditions des recrutements par concours, vous pouvez consulter le site :
http://concours.fonction-publique.gouv.fr


A noter : un port accueille beaucoup de bateaux étrangers. L’anglais est donc indispensable pour exercer ce métier.
 
 

 

 

 

 

Publié le 20/01/2012