"J’inspecte uniquement les navires à usage professionnel, beaucoup de bateaux de pêches mais aussi les navires de pompier, les zodiac de sauvetage ou encore les navettes portuaires, vedettes de passagers… » Laurence Decroi est inspectrice de sécurité au centre de sécurité des navires de ST Malo. Elle est habilitée pour contrôler les navires de moins de 12 mètres.
Elle intervient dès la construction d’un nouveau bateau, « les chantiers navals m’informent et me fournissent tous les documents nécessaires. Puis je me rends sur place pour voir si l’évolution de la construction respecte les règlements. Je vérifie, par exemple, la flottabilité du bateau ou les équipements de sécurité, puis je participe aux essais en mer avec le responsable du chantier le propriétaire et quelquefois l’architecte du bateau. Là, je teste le bateau à vitesse maximum et dans les virages. S’il y a des modifications à faire, elles sont de la responsabilité du chantier. Si tout va bien je délivre le rapport de mise en service qui permet l’obtention du premier permis de navigation »
Chaque année, les patrons de bateaux de la région la contactent pour programmer une visite de contrôle obligatoire. A l’issue, l’inspectrice signe un rapport qui engage sa responsabilité en cas d’accident. Le centre de sécurité des navires contrôle ainsi environ 400 bateaux. Selon la taille, la visite peut durer plus ou moins longtemps. Pour les bateaux de moins de 12 mètres, il faut compter en moyenne un peu moins de deux heures.«Je vérifie que tous les contrôles prévus par la loi sont réalisés et les documents à jour. Ainsi le matériel médical embarqué doit être examiné par un pharmacien, les équipements incendie par un organisme agréé … puis j’inspecte les installations. Cela va du contrôle des radeaux de sauvetage, des feux de navigation à l’hygiène à bord, le chauffage en passant par la stabilité ou le fonctionnement des pompes d’assèchement, des installations électriques, des engins de propulsion, …la liste est longue et précise pour chaque bateau ! Sur les bateaux de pêche, je teste aussi les installations hydrauliques, les grues. Je regarde s’il n’y a pas de fuite ou si le système d’arrêt d’urgence fonctionne. J’ai aussi une mission de prévention des pollutions et vérifie la récupération et le rangement dans un endroit approprié des huiles de vidanges.» En cas de problème, l’inspectrice prescrit les opérations à effectuer et organise si besoin une contre-visite. Si la sécurité n’est pas respectée, elle peut bloquer l’obtention du permis de navigation. En plus des visites annuelles une visite « à sec » est obligatoire tous les deux ans « Je profite du carénage des bateaux pour examiner les hélices, le safran … Je vérifie que les coques en bois ne pourrissent pas, qu’il n’y a pas de fissures ou de traces de coups, par exemple, ou je relève l’épaisseur des coques en aluminium. »
Le métier comprend une partie administrative importante. Avant les visites il faut rechercher les rapports précédents et après rédiger le compte rendu sur un logiciel de gestion afin qu’il soit consultable dans tous les centres de sécurité maritime. « Ensuite, je l’édite en deux exemplaires précise Laurence Decroi et j’en envoie un à l’armateur. Je suis la réalisation des préconisations et j'organise les contre-visites. » Il faut être très organisée et respecter les délais. Chaque semaine les cinq personnes du service se réunissent pour planifier les visites. La connaissance de la réglementation est un aspect important du travail. « La veille documentaire est réalisée par la direction et mise en ligne sur un site, explique laurence Decroi. Moi, je regarde régulièrement les mises à jour pour les bateaux de moins de 12 mètres. A l’avenir j’aimerais suivre d’autres formations pour obtenir les habilitations sur de plus gros bateaux. »
« J’aime la variété de mon travail, les déplacements Je couvre la côte sur deux départements depuis le Vivier sur mer jusqu’à Erquy .Mais ce que je préfère ce sont les rencontres avec le milieu maritime, les pêcheurs, conclut Laurence Decroi. Les conflits sont rares mais le relationnel est très important. Il faut expliquer les réglementations et montrer en quoi elles assurent davantage de sécurité. Le métier de pêcheur est un métier dangereux et ma responsabilité est engagée si jamais je passe à côté d’un problème. Le seul inconvénient, ce sont les horaires qui peuvent être variables en fonction du nombre de visites et de leur durée. Mais ça dépend des périodes. En général il y en a moins l’été et j’apprécie d’avoir un métier qui me permet de vivre au bord de la mer ! »
Publié le 19/01/2012