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Métiers de l'outillage,l'exemple des grutiers portiqueurs et des conducteurs d'installations

Tout doit être prêt à l’arrivée des bateaux pour décharger les marchandises dans les meilleures conditions et allier rapidité, qualité et sûreté. Jean Marie Barrière est responsable d’exploitation et de sûreté portuaire au port de commerce de Lorient. Il dirige une équipe d’une trentaine de personnes dont 15 grutiers portiqueurs et 7 conducteurs d’installation.

 
le port de Lorient
 

Les grutiers portiqueurs déchargent les navires dès qu’ils arrivent à quai. « Nous recevons essentiellement de la marchandise en vrac et en particulier des aliments pour bétail, explique Jean Marie Barrière. Il faut être très réactif  car les bateaux doivent rester le minimum de temps à quai.»
L’emploi du temps n’est jamais fixe d’une semaine à l’autre.  Les plannings bougent au rythme des navires. Il faut  tout organiser et préparer les engins en fonction des marchandises livrées. « Ainsi, explique Jean Marie Barrière, aujourd’hui nous avons réceptionné du sable. Les grutiers ont accroché au bout de la grue la  benne correspondante au matériau à décharger. Puis, après usage, ils ont lavé et graissé le matériel, vérifié les câbles et le bon état de fonctionnement général. Ce soir nous avons un trafic de bois et il faut installer les crochets nécessaires, positionner les grues sur les quais et vérifier avant de démarrer que tout est en ordre ».  Cette maintenance préventive permet de supprimer 90% des pannes.
Les grutiers passent  environ  la moitié du temps à préparer  et entretenir le matériel. « C’est pourquoi, quand nous recrutons, nous cherchons des jeunes qui ont une formation de base en mécanique, électricité ou chaudronnerie. Nous embauchons des jeunes de niveau bac pro ou BTS. Une expérience dans l’industrie est un plus.»

Bonne conduite obligatoire

Normalement, les grutiers sont polyvalents et peuvent intervenir sur toutes les grues.  C’est un travail qui demande une bonne acuité visuelle et aussi de ne pas avoir le vertige. « En effet, précise Jean Marie Barrière, les cabines sont perchées entre 15 et 25 mètres de haut. Une excellente coordination motrice est indispensable, car les deux mains du grutier ne font pas le même mouvement. Par exemple, la droite va commander la direction de la grue alors que la gauche dirigera les opérations de levage pendant que le pied gérera la vitesse. Il faut une bonne maîtrise de soi. Sur les quais, il n’y a pas le droit à l’erreur. La benne la plus petite pèse trois tonnes, la plus lourde 70 tonnes et même le plus petit crochet avoisine les 500 kilos ! »
    

Des conducteurs d’installation très sûrs

Les marchandises sont traitées différemment selon leur nature et les problèmes spécifiques qu’elles posent. Ainsi, le vrac agroalimentaire est déposé sur des tapis roulants qui l’emmènent dans les silos de transit. « Avant, on déchargeait directement des bateaux dans les camions mais il y avait beaucoup de perte de temps car les cadences n’étaient pas les mêmes. Maintenant la marchandise est tout de suite entreposée et livrée au fur et à mesure par les camions. »
Ce sont des installations très surveillées et réglementées pour éviter les explosions possibles avec ce type de marchandise. Les conducteurs d’installation ont une formation poussée à la sécurité. Ils travaillent beaucoup sur écran informatique pour surveiller et piloter les machines.

 « Il faut une bonne résistance au stress également, car on peut avoir deux bateaux qui déchargent en même temps, trois ou quatre produits différents et pas question de les mélanger. Chacun doit aller dans le bon silo. L’organisation est primordiale même si l’informatique  prévient la majorité des erreurs. » Une bonne formation technique est requise car les conducteurs participent à l’entretien des installations. Ils vérifient, par exemple, qu’il ne reste pas de dépôt ou d’humidité dans un silo. Ils font régulièrement des prélèvements bactériologiques pour contrôler la sécurité alimentaire des installations. Le métier comporte aussi un côté relationnel car les conducteurs sont en contact avec les clients et les transporteurs qui amèneront les marchandises à bon port.

Les horaires de travail

 Les grutiers comme les conducteurs d’installation peuvent travailler de 5h30 à 16 h, de 10 h à 17h30 ou de 12h30 à 20h. Par contre, il y a  très rarement du travail de nuit ou le dimanche. En tout,  ils font 38 heures par semaine et bénéficient de 5 semaines de congés plus la RTT, c’est-à-dire la récupération des 3 heures supplémentaires faites chaque semaine. Un grutier ou un  conducteur d’installation débutant touche un salaire net entre 1500 et 1700 euros, en fonction de son diplôme d’origine et  de son expérience antérieure.
 

 

 

 

 

Formation

Il n’y a pas de formation spécifique à la conduite de grue portuaire, il existe cependant un CACES pour grue mobile. Au port de commerce de Lorient, les nouveaux recrutés (après au minimum un Bac pro ou un  BTS en électricité, mécanique ou chaudronnerie) sont  formés à l’interne de l’entreprise avec des évaluations régulières.
Quant à la conduite d’installations vrac agroalimentaire, le même niveau technique de départ est demandé, la formation interne met l’accent sur la réglementation en lien avec la sécurité et l’informatique.
 

 

 

Publié le 19/01/2012