Loic Evain est conseiller d’entreprises responsable Eco-activités à la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) de Rennes. "Le basculement vers une économie verte est en cours sur le plan mondial. C’est un constat indiscutable et les entreprises doivent s’adapter rapidement. Ceux qui vont s’en sortir le mieux sont ceux qui auront pris le virage les premiers", explique-t-il. Le service Eco-activités a été lancé il y a trois ans pour plusieurs raisons. Les matières premières deviennent rares et chères ce qui pèsera lourd dans la comptabilité des entreprises. La réglementation environnementale pour préparer l’économie post-pétrole devient de plus en plus contraignante. L’impact sur la santé des activités économiques est un paramètre incontournable, sans parler de l’effondrement de la biodiversité. "Ce sont des sujets qui concernent tous les acteurs économiques et de plus il faut être conscient que les habitudes de consommation changent en rapport avec ces paramètres."
Son approche en tant que responsable éco-activités est basée sur une communication globale sur les enjeux pour alerter les entreprises. Il intervient ensuite auprès des entreprises à leur demande. Le travail sur le terrain se fait d’abord « dans le bureau du chef de l’entreprise » suivi de réunions de travail avec les équipes pour aider le patron dans ses réflexions afin qu’il puisse anticiper l’évolution du marché.
Loïc Evain a un diplôme d’ingénieur et a travaillé 10 ans dans l’industrie aéronautique où il était directeur de production avec 150 personnes à gérer. Il a eu envie de faire bénéficier d’autres de son expérience et de son savoir-faire et il est devenu, il y a 15 ans, conseiller d’entreprises à la CCI. Ce qu’il aime vraiment dans son métier est la variété des dossiers avec le grand nombre d’entreprises qu’il côtoie. « Il s’agit d’aider les entreprises à devenir les plus intelligentes possibles vis-à-vis du marché », précise-t-il. ■
Le conseiller CCI occupe un rôle particulier auprès des entreprises. A la différence des consultants privés, il n’a pas grand chose à vendre. "Nous nous situons en amont en tant que confident neutre des chefs d’entreprises qui sont souvent trop absorbés par le travail quotidien pour mener une réflexion de fond. Les conseillers CCI proposent une écoute et une analyse globale généraliste des besoins sans donner les solutions mais une mise en relation. Après, les entreprises peuvent faire appel aux consultants privés spécialisés. Je suis une sorte de confident non-marchand capable de parler de tout avec le chef d’entreprise pour identifier les sujets prioritaires, et notre objectif est de mettre en relation l’entreprise avec les bonnes ressources." Il s’agit de mesurer le degré de vulnérabilité des entreprises pour qu’elles ne se fassent pas prendre au piège et qu’elles profitent mieux des nouvelles opportunités.
La CCI dispose d'un service d'aide à la création d'entreprises. L'approche comporte deux volets. D'une part des conseils administratifs (juridiques, démarches, etc.) et d'autre part la viabilité du projet (qu'est-ce que j'ai à vendre, quels sont mes concurrents, le marché etc.). « La première question à laquelle il faut répondre est de savoir comment les futurs clients se sont débrouillés avant, explique Loïc Evain. Nous rencontrons toutes sortes de projets plus ou moins bien préparés et il faut vérifier trois choses : la compétence technique, les moyens du projet, et la capacité managériale. Nous faisons aussi des mises en relation avec les futurs concurrents de nos créateurs d'entreprises pour que le porteur du projet puisse mieux caler son projet, mieux l'ajuster, voire établir un travail en commun avec les concurrents pour éviter de se marcher sur les pieds... Comme dans les autres activités de conseil aux entreprises à la CCI, un des objectifs est de créer des liens et des affinités pour un enrichissement mutuel et une dynamisation de l'activité économique. »
Publié le 08/06/1905