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Educateur de la PJJ. En prise directe avec la vie

Miguel est éducateur de la Protection judiciaire de la jeunesse. Il mène des enquêtes pour éclairer les choix du juge des enfants. Il aide le jeune à évoluer positivement.

"Je suis les yeux du juge ». Miguel travaille, uniquement sur décision du juge des enfants, pour les mineurs délinquants. Le juge des enfants fixe le cadre des interventions avec des objectifs. Miguel agit avant le jugement de l’adolescent. Il mène des investigations et analyse le pourquoi du passage à l’acte. « C’est une façon d’exprimer un malaise ».

Prévenir la récidive

Miguel observe la personnalité du jeune. Il échange avec lui, se déplace chez lui pour rencontrer  ses parents et comprendre son contexte familial, voir son lieu de vie. Il va dans son collège ou lycée voir ses professeurs, l’infirmier/ère. Il discute  aussi avec l’assistant-e social-e. « Je m’informe sur sa scolarité, sa santé, ses loisirs, son insertion professionnelle, etc., tout en préservant la confidentialité du dossier. J’échange aussi beaucoup avec le juge des enfants » Il travaille avec différents partenaires comme le CDAS (centre départemental d’action sociale), la mairie, les éducateurs de rue, la Mission Locale, le pédopsychiatre… «Je dois aussi mettre en place des mesures éducatives. Il faut prévenir la récidive. » Il fait prendre conscience à l’adolescent qu’il a transgressé les règles.
 

Un adulte "repère"

Miguel peut partager un repas en ville avec l’adolescent, l’accompagner dans ses démarches, ou au CMP (centre médico psychologique), etc. Il organise des ateliers d’écriture, de rap, des camps de vacances, pour aider les jeunes à s’exprimer et à progresser. « On est quelquefois perçu par les ados comme des empêcheurs de tourner en rond. Mais ils sont contents de trouver un adulte repère, sur lequel ils peuvent s’appuyer. » Il continue à les suivre pendant leur éventuelle incarcération. « L’important c’est de donner du sens à sa condamnation ». Il fait des propositions sur les aménagements de peine et l’insertion à la sortie. Cela va du retour dans la famille, à un placement en famille d’accueil ou en centre éducatif fermé selon les cas.

Connaître l'autre sans préjugés

"Je gère environ une vingtaine de dossiers à la fois. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai une grande autonomie dans la gestion de ceux-ci, en fonction des orientations du juge, bien sûr. » Au final, Miguel fait figurer dans un rapport les actions et les préconisations. « Rédiger, c’est la partie que j’aime le moins ! avoue-t-il. Mais c’est nécessaire et cela permet de mieux analyser les faits. » Pour faire cette profession, il faut un réel désir de connaître l’autre, sans préjugés.

Un bon équilibre personnel

"On rencontre des personnes très différentes, dans des situations variées. On est en prise directe avec la vie, c’est ce qui est passionnant. Mais on n’est pas là pour porter un jugement. » Un bon équilibre personnel est nécessaire. L’adolescent est souvent porteur d’une histoire douloureuse. Et peut avoir commis des crimes graves : viols, meurtres…
Miguel a conscience des limites de sa profession. « Il faut être lucide et humble. Je sais que je ne suis pas là pour changer le monde. Certains individus ont du mal à évoluer. Si j’amène le jeune à une prise de conscience, c’est déjà beaucoup. »

 

Les éducateur/trice-s de la PJJ sont recrutés sur concours. Les candidats doivent être titulaires d'un diplôme de niveau 3 (bac+2), ou de certains titres.
Celles et ceux qui sont admis suivent une formation rémunérée de deux ans à l'ENPJJ (Ecole nationale de la protection judiciaire de la jeunesse) à Roubaix (59).

Des infos sur les métiers, les recrutements et les formations : www.metiers.justice.gouv.fr




   

Article publié le 1.02.2011