Les étudiants recoivent tous une formation en droit pénal, droit des affaires, droit public, droit social, langues vivantes. Ils apprennent à lire et à écrire, un dossier, un contrat, un acte... "Ils ont aussi des cours de déontologie et de gestion d'un cabinet. Ils s'exercent à négocier, plaider, convaincre, et aussi à gérer leur temps et leurs émotions." Les étudiants choisissent en outre deux modules optionnels parmi les quatre spécialités du droit, pénal, social, affaires, public. "Ils sont souvent en groupes d'une vingtaine d'étudiants ou en ateliers. Nous leur offrons aussi sur leur ordinateur l'accès à toute la documentation qui leur est nécessaire via internet." Un semestre entier de la formation est consacré au "projet pédagogique individuel" (PPI). "C'est la découverte du monde judiciaire, mais pas dans un cabinet d'avocats, précise la directrice de l'école. On demande à nos étudiants d'aller rencontrer les acteurs qu'ils seront amenés à côtoyer dans leur futur métier. Celui qui est intéressé par le pénal va par exemple s'immerger six mois dans le quotidien d'un commissariat de police, ou dans celui d'une association d'aide aux victimes. Certains partent à l'étranger. Chaque étudiant construit son projet qui est ensuite validé, ou non, par l'équipe pédagogique." Clément a choisi la Cour régionale des comptes de Nantes. "J'ai pu assister les magistrats, de l'instruction des dossiers jusqu'au jugement."
L'évaluation de tous les stages entre dans le contrôle continu pour l'attribution du Certificat d'aptitude à la profession d'avocat. CAPA en poche, le futur avocat devra encore prêter serment lors d'une cérémonie très officielle avant de pouvoir revêtir la robe et plaider. "Ce qui m'attire dans ce métier, témoigne Clément, c'est la diversité de ses domaines d'intervention et l'indépendance qu'il procure."
Une entrée pas facile à trouver... Entrer à l'Ecole d'avocats requiert un certain sens de l'orientation... Il faut d'abord aller tout droit à l'université après le bac... En Droit. Au niveau de la 1ère année de master, il convient de prendre une inscription dans un IEJ, un Institut d'études judiciaires. On y prépare, et on y passe, l'examen d'entrée (sélectif) dans les écoles d'avocats. Celles et ceux qui ont réussi cet examen postulent ensuite auprès de l'école de leur choix. Il en existe 11 en France. A l'Ecole d'avocats du Grand Ouest, on notait que de plus en plus d'inscrits ont aussi validé une 2e année de master. Les écoles assurent aussi la formation continue des avocats en fonction (20h minimum obligatoires chaque année). Elles délivrent les mentions de spécialisations, urbanisme, droit du travail, etc. Davantage d'informations sur le site de l'école : http://ecoleavocatsgrandouest.org A la sortie, des emplois à chercher... . "De nombreux étudiants arrivent ici pour plaider, observe Brigitte Lauer, la directrice de l'Ecole d'avocats du grand Ouest. En fait, certains avocats ne portent que rarement la robe. En Bretagne, la majeure partie des cabinets sont généralistes ; très peu d'avocats ne font que du pénal. Il faut savoir que les pénalistes "purs" ont parfois du mal à dégager un salaire décent une fois qu'ils ont payé toutes leurs charges. On perd beaucoup de temps dans les palais de justice, du temps non rémunéré... Je conseille à mes étudiants de ne pas s'engouffrer dans le pénal." . "Environ le quart d'une promotion choisit le droit des affaires. Dans cette spécialité, les avocats font du conseil aux entreprises, ils rédigent des contrats, participent au montage de sociétés, arbitrent des conflits... Attention, il ne faut pas confondre l'avocat, profession libérale, et le juriste d'entreprise. Celui-ci est salarié d'une société, il prépare les dossiers mais n'a pas le droit de plaider." . "Dans la région, il existe des niches dans lesquelles les avocats sont encore très peu nombreux : le droit de l'environnement par exemple, ou le droit spécialisé en nouvelles technologies, le droit rural, le droit de la pêche..."
Article publié le 27.01.2011