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Directrice de prison. Utiliser la détention...

Delphine Cloarec est directrice adjointe de centre pénitentiaire. Si la garde des personnes en détention est sa première mission, elle veille aussi à exploiter utilement leur temps de détention, dans l’intérêt du détenu et de la société...

  

Observation

"Nous avons deux missions : la garde et la sécurité des personnes en détention et aussi leur réinsertion." Delphine Cloarec est directrice adjointe du centre pénitentaire pour hommes de Vézin près de Rennes. "Je suis entrée dans l'administration pénitentiaire il y dix ans après avoir réussi ce concours parmi d'autres que j'avais présentés quand j'étais en fac de droit."
Aujourd'hui, la jeune directrice adjointe est responsable de trois bâtiments : le quartier des courtes peines, une partie de la maison d'arrêt qui accueille les personnes condamnées, et le quartier des arrivants. "J'y rencontre systématiquement chaque nouveau détenu. Il en arrive chaque jour. Ce quartier spécifique autorise une période d'observation mutuelle."


Parcours d'exécution de peine

Le nouvel arrivant rencontre toutes les personnes qui peuvent intervenir au cours de son incarcération : conseiller d'insertion et de probation, responsable de formation, médecin, etc. "On fait un premier bilan, et on émet des préconisations concernant son parcours d'exécution de peine, le PEP. Il s'agit de faire en sorte que la période de détention soit la plus cohérente possible avec ce qu'on sait de la personne. Ce sont des propositions individualisées faites au détenu concernant les actions à mettre en place, formation, programme spécifique visant à éviter la récidive, travail de réinsertion... Notre population est jeune, avec une moyenne d'âge de 26, 27 ans. Ils sont nombreux à cumuler les difficultés, économiques, sociales, avec de plus en plus de dépendances, alcool, stupéfiants, et aussi des troubles psychologiques, voire psychiatriques. Le temps de détention doit être utile. La prison est aussi un lieu d'insertion..."

 

Travail et formation
Les personnes en détention peuvent travailler pendant leur enfermement, si on les y autorise. Elles peuvent participer au fonctionnement du centre pénitentiaire, à la cuisine, à la cantine, au nettoyage, à l'entretien des espaces verts ou à la maintenance courante des locaux. Dans les ateliers, 80 détenus participent à des travaux variés de sous-traitance : manutention, emballage, assemblage et conditionnement de produits divers pour l'industrie pharmaceutique, l'automobile... C'est une entreprise privée qui trouve les travaux.
Des formations professionnelles sont proposées dans l'établissement : agent de restauration, agent de propreté industrielle, réparation d'appareils électroménagers, préqualification en espaces verts, découverte des métiers du bâtiment.  


 

 

Un métier riche

Derrière ses hauts murs, la prison abrite de nombreuses activités. "J'anime ou participe à de nombreuses réunions et commissions concernant la prévention du suicide, ou les personnes en situation de pauvreté, ou l'attribution du travail aux détenus ou celle des unités de vie familiale, trois petits appartements dans lesquels les personnes en détention peuvent retrouver leur famille. Je réponds aussi aux questions quotidiennes que m'adressent les détenus. Et je coiffe parfois ma casquette de responsable des ressources humaines pour recadrer un personnel de surveillance... Je dois gérer des imprévus chaque jour. J'ai aussi quelques astreintes la nuit ou le week-end. Pour durer dans cette activité, il faut un entourage solide et des activités extérieures qui autorisent quelques échappatoires... C'est un métier riche, avec une réflexion, une remise en cause permanente. Pas de solutions miracles ici, on travaille avec de l'humain... "

 

"Tsunami"
"L'administration pénitentiaire a vécu un véritable "tsunami" en 2005 avec l'harmonisation des règles européennes de détention", assure Delphine Cloarec. Quelques établissements pilotes, dont Rennes, ont expérimenté de nouvelles approches destinées à humaniser la prise en charge des personnes pendant leur détention, avant et après leur jugement : accueil des arrivants ; séparation des condamnés et des prévenus ; traitement des requêtes avec la prise en compte effective des demandes des détenus ; maintien des liens familiaux ; mise en place du parcours d'exécution de peine (PEP) ; formation du personnel, pour l'accueil et l'observation des détenus, la prévention du suicide, les interventions en cas de problème... Ces mesures ont été généralisées à partir de 2007.


 

 

Vézin, prison moderne

Le centre pénitentiaire de Vézin a ouvert début 2010 aux confins d'une des zones industrielles de la banlieue de Rennes.
Sur un terrain de 10 hectares, il comprend : deux maisons d'arrêt (l'une pour les prévenus avant jugement, l'autre pour les détenus) d'une capacité de 390 places ; un centre de détention de 210 places ; un quartier pour courtes peines de 30 places ; un quartier pour les arrivants de 30 places ; un quartier d'isolement de 12 places ; un quartier disciplinaire de 14 places ; trois unités de vie familiale ; un service médico-psychologique régional (SMPR) de 30 places.
Le personnel de surveillance compte 210 personnes (dont 8 officiers et 26 premiers surveillants), auxquelles s'ajoutent 4 directeurs et 11 conseillers d'insertion et de probation (CIP). Dans le SMPR et les quartiers arrivants et courtes peines, les équipes de surveillance sont composées de volontaires spécialement formés.


 

 

 



   

Article publié le 27.01.2011