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Surveillante de prison. Le respect d'abord...

Gisèle est surveillante dans un centre pénitentiaire pour hommes. Elle s’emploie au quotidien à instaurer une relation de respect entre elle et les détenus, et contribue à sa façon à rendre utile le temps de détention...

  

Evolutions

"Je viens travailler chaque matin avec le même intérêt. C'est pourtant un métier que j'ai choisi un peu par hasard ; quand j'étais plus jeune, je voulais devenir infirmière..." C'est par ces mots accompagnés d'un grand sourire que Gisèle ouvre la description de ses activités. Elle est l'une des huit surveillant-e-s (dont deux femmes) du quartier des courtes peines du centre pénitentiaire de Vézin. Une trentaine d'hommes, en détention pour moins de deux ans, y participent à des programmes spécifiques destinés à éviter la récidive. "J'ai travaillé dix-sept ans à la prison des femmes. Mais je préfère mon poste actuel. On peut faire plus de choses, avec davantage de possibilités d'évolution pour les détenus."


Programmes

Sa journée commence à 7h. "Je fais le tour des cellules, je dis bonjour à chaque détenu, ce qui permet aussi de s'assurer qu'ils sont bien en vie, la prévention du suicide est une de nos préoccupations. Je les vouvoie tous et les appelle monsieur. C'est une façon d'instaurer le respect entre nous." Le petit déjeuner est servi en cellule. "La matinée se passe entre les visites au parloir, les programmes divers, le sport, la bibliothèque, les formations ou le travail dans les ateliers."

 

"Portes ouvertes"

Midi, c'est le repas, servi lui-aussi. "L'après-midi, on fait "portes ouvertes". Les détenus peuvent sortir dans le couloir. Je suis souvent parmi eux ; on discute de choses et d'autres. Je n'ai pas de crainte. Il m'arrive d'en aider certains à lire leur courrier. De nombreuses personnes en détention ont de gros manques éducatifs. Parfois, je suis un peu la mère, qui les accompagne, les aide et les "gronde" aussi quand il faut." On retrouve aussi l'après-midi les activités du matin, travail, parloir, promenades... "Dans le quartier des courtes peines, les détenus ont cinq à six heures de promenade chaque jour. C'est moi qui vais à la porte leur dire de rentrer ; je n'aime pas les interphones, c'est trop inhumain." 19h, fermeture des cellules, fin de la journée avec le repas du soir. "Je leur souhaite bonne soirée en partant, ou bon week-end..."


Ecoute et observation

Gisèle a un emploi du temps sur deux semaines : deux journées de 12h la première semaine et cinq journées de 12h la deuxième ; le reste en repos. "Je regrette l'époque où je travaillais de nuit, les relations étaient plus riches. Dans ce métier, on observe et on écoute beaucoup. Je considère les personnes en détention telles qu'elles sont, sans les (re)juger. Ce sont des êtres humains, toutes. Avec moi, la porte est toujours ouverte pour la discussion. On a le temps de réfléchir en prison..."

 

Eviter la récidive...
Le quartier des courtes peines (moins de deux ans de détention) du tout nouveau centre pénitentiaire de Vézin reflète l'évolution générale stimulée depuis 2005 par l'harmonisation des règles européennes en matière de détention. "On y met en oeuvre des programmes spécifiques destinés à éviter la récidive, explique Delphine Cloarec, directrice adjointe à Vézin. Par exemple, un éducateur sportif conduit un travail sur la douleur avec un groupe de détenus. L'objectif est de leur faire prendre conscience de ce que peut ressentir une victime. On peut mettre en place des groupes de parole pour les faire réfléchir à leur passage à l'acte. On travaille aussi, avec Pôle Emploi et la mission locale, sur l'insertion professionnelle." Certains détenus y passeront tout leur temps de détention ; d'autres une partie seulement. Les parcours sont individualisés.


 

 

Des emplois en prison...

Les Surveillants sont recrutés sur concours avec le niveau brevet des collèges ou équivalent. Ils suivent ensuite une formation rémunérée de 8 mois à l'ENAP, l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire.
Les Lieutenants péniten-tiaires sont recrutés sur concours avec un niveau bac+2. Ils suivent ensuite une formation rémunérée de 9 mois à l'ENAP.
Les Directeurs des services pénitentiaires sont recrutés sur concours au niveau bac+3. Ils suivent une formation de 24 mois à l'ENAP.

 

Des infos sur les métiers, les recrutements et les formations : www.metiers.justice.gouv.fr


 

Publié le 26/01/2011