Les formations et les métiers en Bretagne
Ignorer les liens de navigation Fiche Article
Ajouter la page à mon espace perso
Add This
Doc

Avocate. La défense au quotidien

Emmanuelle est avocate, spécialiste de droit public et de droit immobilier. Venue à la profession par idéal, elle lutte à sa façon contre certaines injustices de la vie quotidienne...

  

La veuve et l'orphelin

"J'ai choisi ce métier par idéal. Je voulais défendre la veuve et  l'orphelin..." Emmanuelle exerce la profession d'avocate depuis neuf ans ; et, depuis trois ans, elle est installée en cabinet avec deux autres collègues.
Sa spécialité : "urbanisme et expropriation". Ainsi, parmi les 120 dossiers qu'elle a en cours, Emmanuelle défend les intérêts d'un agriculteur. Celui-ci veut agrandir son exploitation, mais sa voisine, propriétaire d'un château, conteste le permis de construire, arguant d'une possible dégradation de son environnement. "L'affaire a débuté il y a trois ans. J'en suis à plus de trente rendez-vous divers, plus les coups de téléphone, les courriers, les courriels, les déplacements sur le terrain, l'analyse des dossiers, les recherches et la rédaction des synthèses, mémoires et actes divers, et aussi quelques plaidoiries..." Pas de veuve ni d'orphelin ici, mais le paysan contre la châtelaine... "Les avocats pénalistes, ceux qu'on voit dans les cours d'assises et les médias, ne sont pas si nombreux. Diplôme en poche, une spécialisation est nécessaire pour trouver sa place, sa clientèle, et s'installer. La mienne me permet de lutter à ma façon contre certaines injustices..."


Adrénaline

"Les plaidoiries ne représentent qu'un part infime de mon emploi du temps. Même au pénal, elles ne sont qu'une petite partie de l'activité d'un avocat. Mais elles sont indispensables. Tout est écrit dans le dossier, mais la plaidoirie oriente la lecture des différentes pièces qui y sont contenues. Il y a des choses qu'on ne peut pas écrire. Dans l'affaire de l'agriculteur par exemple, il m'est arrivé d'y commenter des photos."
Préparer sa plaidoirie nécessite de beaucoup travailler son dossier. "Chaque avocat a sa technique. Certains ont tout dans la tête ; d'autres notent leurs arguments. Moi, j'ai toujours besoin d'écrire, par peur du trou de mémoire. Même si, dans 90% des cas, je ne regarde pas mes notes. Dans mes exposés, je soigne et j'apprends mes phrases de transition pour captiver mon auditoire. Et je répète ma plaidoirie, seule dans mon bureau. Parfois, j'entends mon collègue en faire autant de l'autre côté de la cloison... Dans tous les cas, la plaidoirie occasionne une belle montée d'adrénaline. C'est plutôt stimulant."

 

Un beau métier

"L'avantage d'exercer en libéral c'est de pouvoir m'organiser à ma convenance. Au bureau, je travaille de 9h à 18h environ, ce qui n'est pas fréquent dans la profession : 17h, c'est plutôt le milieu de la journée pour un avocat. Mais week-ends et soirées sont souvent occupés par les dossiers. En revanche, je peux prendre une demi-journée pour m'occuper de mes trois enfants si je le souhaite. Et j'ai la chance de pouvoir organiser assez facilement l'emploi du temps familial avec mon mari."
"C'est un beau métier, qui me donne plein de satisfactions." Si Emmanuelle avoue avoir quelques difficultés parfois à gérer les aspects parfois très douloureux de certains dossiers d'affaires familiales, elle se réserve toujours une place pour intervenir en prison. "Je ne veux pas trop m'éloigner de la misère humaine. J'interviens auprès de détenues de la prison des femmes pour défendre leurs demandes d'aménagements de peine. C'est très dur parfois."  La veuve, l'orphelin, et la criminelle aussi...

 

Robe
"En passant sa robe, l'avocat endosse un rôle. Quand je suis convoquée devant le juge aux affaires matrimoniales par exemple, je mets ma robe même si l'affaire se traite dans son bureau. Je suis dans le rôle de la défense. C'est aussi une marque de sérieux, de respect." Ici, l'habit fait le moine... "La robe est aussi une tenue uniforme. En robe, il n'y a plus de jeunes, de vieux, de femmes... Nous sommes égaux."

 

 

En passant par Sciences Po...
Bac scientifique en poche, Emmanuelle entre en prépa. avec l'objectif d'intégrer un Institut d'études politiques (IEP). "Je voulais faire du droit mais je redoutais de me disperser un peu dans des études universitaires. Sciences Po. me semblait  une bonne solution , avec des débouchés assez variés." Elle réussit le concours, entre à l'IEP de Rennes, obtient aussi une maîtrise de droit avec son diplôme de l'IEP. "J'ai surtout fait du droit public, et j'ai aussi beaucoup pratiqué l'expression orale." Elle a alors le niveau requis pour tenter d'entrer à l'Ecole d'avocats ; ce qu'elle réussit. En parallèle à sa formation professionnelle, elle passe un DESS puis un DEA (aujourd'hui doctorat) en droit public. 
"J'étais encore très naïve en sortant de l'école. Mes deux années de stage dans un cabinet d'avocats m'ont permis de m'aguerrir, de me créer quelques réseaux, avant d'envisager de fixer ma plaque sur un mur." Aujourd'hui, Emmanuelle continue à se former chaque année.

 

 

 

 

Parmi les 50 000 avocats recensés sur le territoire national. 35% exercent en mode individuel, 30% en tant que collaborateurs dans un cabinet, 28% en association et 7% comme salariés non associés. On compte environ 30 500 sociétés d'avocats, qui emploient environ 3 300 avocats salariés et 39 500 salariés non avocats. 41% des avocats travaillent à Paris. L'âge moyen des avocats est d'environ 43 ans.

 

 

 

 

Article publié le 25.01.2011