"Ce qui m’a intéressée dans le projet, c’était de découvrir des grandes écoles, et de voir qu’on a aussi nos chances d’entrer dans ces formations. » Maïna est en terminale S au lycée Descartes de Rennes. Elle participe depuis la classe de première au dispositif « Opéra » (Orienter et promouvoir l’excellence et la réussite par l’accompagnement). Lancée il y a 4 ans dans l’académie, l’opération a reçu le label « Cordées de la réussite » du ministère. L’objectif des cordées ? Permettre à davantage de lycéens, issus de milieux modestes et avec de bons résultats scolaires, d’accéder aux filières dites « d’excellence ». Accompagnés par des étudiants, Maïna et ses camarades découvrent les établissements partenaires : l'ESC Rennes School of Business (école supérieure de commerce et management) le lycée Chateaubriand de Rennes et ses classes prépas, l’INSA Rennes et Agrocampus Ouest (deux écoles d'ingénieurs), et Sciences Po Rennes.
Au total, ils sont une cinquantaine de lycéens à bénéficier du dispositif Opéra, à raison d’une séance par mois. Ici, pas question de cours théoriques. On privilégie le dialogue et le mode informel. A l’INSA, les lycéens se sont essayés à la construction d’une maquette de pont. Au lycée Chateaubriand, à la prise de parole. A Agrocampus, ils ont réalisé l’analyse sensorielle d’une boisson. L’ESC a organisé des visites d’entreprises ou encore des rencontres avec des étudiants étrangers. L’occasion de discuter de la place de l’entreprise dans différentes cultures. L’association « Opéra », composée d’étudiants de l’ESC, organise les déplacements des élèves. Elle propose des temps d’échanges, sur la manière de financer ses études, par exemple. Elle programme des activités extra scolaires comme des sorties en mer ou à l’opéra. « C’est important de pouvoir dialoguer avec des étudiants, explique Julien en terminale ES. Ils sont jeunes, ils ont une idée de la difficulté de choisir une orientation. »
Le bilan d’Opéra est positif. 100 % des lycéens des deux premières promotions suivent des études supérieures, 50 % ont intégré une classe prépa. Pourtant, le but n’est pas de réaliser du chiffre. « Nous n’avons pas de problème de recrutement dans nos écoles, souligne Olivier Aptel, directeur de l’ESC Rennes. L’objectif est d’ouvrir le champ des connaissances des élèves. C’est aussi de leur donner un certain nombre de codes d’accès utiles s’ils se présentent à un concours, en travaillant l’expression orale ou en leur proposant des sorties culturelles. Même les lycéens qui ne se destinent pas aux grandes écoles auront acquis des compétences qui leur serviront. » C’est le cas de Julien qui ira à l’université. « Ca m’a apporté une certaine confiance en moi. En construisant la maquette de pont, j’ai vu que, même si je n’étais pas un scientifique dans l’âme, j’étais capable de monter des projets et de les voir aboutir. »
Publié le 27/01/2011