« Etre véto, soigner les animaux, c’était un rêve d’enfance. Mais je ne pensais pas au départ devenir vétérinaire de campagne. J’ai découvert ce domaine au cours de mes études. » Virginie est vétérinaire salariée en Centre Bretagne. Son cabinet, mixte, reçoit les particuliers et leurs animaux de compagnie, mais intervient surtout auprès des éleveurs. «80 à 85 % de notre activité concerne le rural ». Avec son véhicule aménagé pour transporter les médicaments et le matériel, Virginie se rend sur les exploitations situées dans un rayon de 25 km autour du cabinet. Pour la jeune femme, les journées se suivent et ne se ressemblent pas. « C’est assez imprévisible. On peut être débordés certains jours, et recevoir moins d’appels le lendemain».
Une fièvre de lait, une mammite, une boiterie, un vêlage qui se passe mal… Virginie répond à toutes sortes d’urgences. Elle décide des traitements à administrer aux animaux et rédige des ordonnances. Son intervention peut être chirurgicale dans le cas de césariennes ou d’opérations de la caillette. Parfois encore la vétérinaire est mandatée par l’Etat et réalise des campagnes de vaccination dans les différentes fermes. « Le métier est physique, et il faut faire attention aux coups, note la jeune femme. Je me fais aider par les éleveurs si je dois lever le pied d’un animal, par exemple, ou si j’ai besoin d’un seau d’eau chaude. J’ai parfois les bras un peu courts pour déplier les pattes d’un veau. Dans ce cas, je montre aux agriculteurs comment faire. »
Quand la vétérinaire n’intervient pas en urgence, elle programme des visites chez les exploitants. « Il y a deux aspects dans le métier, explique-t-elle. On est d’abord le « médecin » des vaches, appelé pour soigner les bêtes malades. Mais on réalise aussi un suivi des exploitations, en apportant un conseil aux agriculteurs et en faisant de la prévention. Cet aspect se développe de plus en plus. » La vétérinaire assure ainsi un suivi de reproduction dans les élevages. Elle passe une fois par mois pour examiner les vaches qui viennent de vêler et détecter d’éventuelles infections de l’utérus. Elle surveille également les vaches inséminées et vérifient si elles attendent ou non un veau. Ses conseils peuvent aussi porter sur l’alimentation du troupeau ou sur la prévention sanitaire. « Si j’ai été appelée plusieurs fois pour des diarrhées de veau, je viens sur place et j’essaie de repérer d’où vient le problème. Je regarde les bâtiment, par exemple, je vérifie s’ils sont assez aérés. Je discute avec l’éleveur. On voit si on vermifuge les animaux. Les conseils se font au cas par cas. »
Outre ses compétences scientifiques et techniques, la vétérinaire doit avoir le sens du contact. « Il faut être à l’écoute. On peut être très bon dans ses interventions, si on n’est pas bon en relationnel, ça ne passera pas », prévient Virginie. Le métier demande aussi une grande disponibilité. Les journées se terminent tard le soir et la jeune femme est d’astreinte un week-end sur deux. « Il faut aussi parfois intervenir la nuit, même si en milieu laitier, c’est plutôt rare. Ce n’est pas toujours facile de concilier vie de famille et vie professionnelle, mais ce n’est pas insurmontable. » « C’est un métier très prenant mais passionnant, conclut Virginie. Ce qui me plaît, c’est le côté relationnel, la convivialité. J’ai vraiment accroché avec les éleveurs. On prend le temps de discuter. C’est un milieu dans lequel je me sens bien. »
Publié le 06/10/2010