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Parcours d'une agricultrice : Solenn, par monts et par vaux

Jeune agricultrice, Solenn s'est associée avec son père et un cousin. Avant de revenir sur l'exploitation familiale, la jeune femme a construit son projet, au gré des voyages et des rencontres.

"Une vieille dame faisait du beurre, j'ai trouvé ça super..." 

Installée en GAEC avec son père et un cousin, Solenn a monté, il y a cinq ans, un laboratoire de produits laitiers sur la ferme. Avant d'aboutir, son projet s’est affiné petit à petit, tout au long de son parcours. La jeune femme débute son cursus par un bac techno agricole. C’est au cours de son stage qu’elle découvre la fabrication de produits laitiers… Un peu par hasard. « A côté de l’exploitation dans laquelle j’étais, une vieille dame faisait du beurre. J’ai trouvé ça super. La matière me plaisait, le goût du produit aussi. »

Solenn enchaîne ensuite avec un BTSA analyse et conduite de systèmes d’exploitation suivi d’un Certificat de spécialisation en produits laitiers. «Pendant mon BTS, j’ai effectué un stage aux Etats-Unis sur une exploitation de 750 vaches. L’expérience était enrichissante. Par contre, pour moi, mon maître de stage était plus un businessman qu’un agriculteur. Ce n’est pas mon idée de l’agriculture. Je suis retournée plus tard aux Etats-Unis faire un stage de six mois dans une exploitation qui transformait le lait. J’ai découvert le marché de San Francisco. J’ai appris à vendre, à communiquer sur le produit. Ca m’a plu. » 

Médaillée au Concours agricole de Paris

L’idée de fabriquer ses fromages et d’assurer la vente directe à la ferme fait son chemin. Solenn souhaite être en contact avec le consommateur, parler de son métier. Et maîtriser sa production « du champ jusqu’à l’assiette ». « Dans le circuit traditionnel, on n’a pas de visibilité sur nos produits, on nous impose les prix. Quand on écoute la télé, on ne parle que de mal bouffe, c’est dévalorisant. ».

C’est pendant son certificat de spécialisation  que Solenn se forme à la fabrication de fromages. Elle effectue des stages à Paris et à Nantes. Pendant des vacances en montagne, elle demande conseil aux agriculteurs de la région. Elle réalise elle-même des essais de fromage et se perfectionne. « L’activité n’est pas développée en Bretagne. Il n’y a pas de réseau, pas beaucoup de personnes pour vous apporter une aide technique. Il a fallu trouver toute seule des solutions. » A côté de la technique, il faut aussi peaufiner le volet économique. « J’ai fait une étude de marché en distribuant 150 questionnaires. Pour que les banques vous suivent, il faut présenter un projet sérieux ».


Aujourd’hui, Solenn bénéficie d’une clientèle fixe pour ses produits. « Les deux premières années ont été dures, mais il ne faut pas abandonner à la moindre embûche. » Une persévérance qui paie. Au Concours agricole de Paris, elle vient d’obtenir deux nouvelles médailles cette année : le bronze pour sa tome nature et l’argent pour son fromage frais.

 

 

 


 

 

 


Publié le 05/10/2010