« Ce qui est intéressant dans le statut de remplaçant, c’est la diversité. Je découvre une grande variété d’exploitations aussi bien au niveau des races d’animaux que des bâtiments, des matériels, de l’organisation du travail. C’est très instructif.» Malo Tirmont est agent de remplacement intermittent depuis deux ans. Il a un nombre d’heures minimum garanti sur l’année mais, la plupart du temps, il travaille à temps plein. Il reçoit, en général, son planning un mois à l’avance. La majorité des remplacements pour les vacances, congé formation ou maternité/paternité, sont en effet prévisibles. Par contre, en cas de remplacement pour maladie ou accident, il faut réagir très vite « Mais, c’est moi qui décide, si je veux le faire ou non. Je peux aussi prendre mes vacances comme je le souhaite. Ainsi, j’ai l’avantage de travailler dans l’agriculture sans les contraintes ! »
Avant tout remplacement, il rencontre l’exploitant-e qui lui transmet les consignes pour l’alimentation, la traite des vaches etc., lui montre le fonctionnement du matériel et donne les numéros de téléphone des personnes à contacter en cas de besoin.
« C’est très important de prendre le temps de découvrir l’exploitation et de poser toutes les questions nécessaires. Car après il faut se débrouiller tout seul. Nous sommes responsables de l’exploitation et nous devons respecter l'organisation et les méthodes de travail même si nos convictions sont différentes. L’agriculteur doit partir tranquille, la confiance est primordiale ! »
Bien évidemment, il faut aussi s’y connaître en zootechnie et avoir l’œil, pour savoir quand une vache va mettre bas, par exemple, ou surveiller un animal qui se met à l’écart du troupeau. Le travail demandé va des soins aux animaux jusqu’aux travaux des champs et il est indispensable de savoir conduire un tracteur.
« En cas de besoin, complète Malo, je dois aussi pouvoir réparer une barrière ou trouver une fuite d’eau ! Nous avons également un rôle social. En cas d’arrêt maladie, le relationnel est important et nous prenons le temps d’écouter de mettre à l’aise. Tout en gardant la bonne distance, ce n’est pas toujours facile ! » « Il n’y a pas deux fermes pareilles, conclut Malo, c’est une richesse et une difficulté car il faut s’adapter sans cesse. Dans chaque exploitation, je pioche ce qui m’intéresse et cela m’aide à réfléchir à mon projet futur d’installation. Là, je viens de rester quatre mois pour un congé maternité et j’ai apprécié de voir l’activité plus en profondeur au niveau économique et gestion de troupeau. Aujourd’hui, cela me convient de faire des remplacements, mais, plus tard, je veux avoir ma propre exploitation. Car, voir c’est bien, mais prendre les décisions, c’est mieux. »
Parcours Malo n’est pas issu du milieu agricole mais il compte bien avoir un jour son exploitation. Déjà au collège, il n’aimait pas être enfermé "J’ai besoin d’être dehors et j’adore m’occuper des animaux. Le milieu agricole me plaît aussi, il n’y a pas de routine et on a toujours quelque chose à apprendre.» Il choisit donc la voie professionnelle et obtient un Bac pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole. Après, il travaille un an comme remplaçant, puis prépare un BTSA Analyse et conduite de systèmes d’exploitation. Depuis deux ans, il travaille comme agent de remplacement intermittent à « Ille et Vilaine remplacement.»