« J’ai toujours aimé le milieu agricole, la conduite, la mécanique. Mon métier me permet de concilier tout cela », confie Frédéric Chapin, conducteur d’engins. Il est salarié à la CUMA de Trégueux (22) qui possède une vingtaine d’engins, tracteurs, moissonneuses, ensileuses, round baller… «Aujourd’hui, les matériels sont insonorisés, climatisés, et équipés de suspensions très efficaces. Ils sont plus confortables qu’une voiture. A bord, nous disposons d’un ordinateur pour régler les bras de relevages, la prise de force, le régime moteur…» L’activité varie en fonction des saisons. L’épandage en mars, le semis de maïs en avril-mai. Le mois de juin est plus calme avec un peu de foin, puis vient la moisson en juillet-août. Un peu de répit en septembre avec quelques semis de colza ou de couverture végétale. En octobre démarre l’ensilage du maïs et, de novembre à mi-décembre, le semis d’hiver des céréales.
« C’est moi qui organise le planning des interventions. C’est difficile de prévoir le travail à l’avance car nous dépendons de la météo. Les agriculteurs peuvent appeler le matin pour le jour même. Quelquefois la pression est forte. Quand on annonce de la pluie, par exemple, nous devons répondre à tous et nous n’avons pas quatre bras ! Il faut être diplomate et bien connaître chaque adhérent. Pendant la moisson, les journées de travail peuvent être très longues… Mais c’est aussi gratifiant quand nous réussissons à satisfaire tout le monde. Le reste de l’année nos horaires sont plus réguliers. Cependant, il y a toujours des pics d’activité imprévus ,ce qui n’est pas facile pour organiser une vie de famille !" Fréderic est aussi responsable de l’atelier. Il se tient au courant des nouveautés techniques et conseille les adhérents de la CUMA. Il entretient le matériel. « En général, je fais un «check up» complet des machines une fois par an avec les concessionnaires, puis en fonction du budget dont je dispose, j’entreprends les réparations ». Il gère également le stock de pièces, l’huile, le carburant. Il connaît tous les fournisseurs et demande des devis pour essayer d’avoir les meilleurs prix.
Lorsque l’on conduit des engins qui peuvent, chargés, peser jusqu’à 40 tonnes, le sérieux et l’attention sont de rigueur. Mais, il faut aussi bien connaître le matériel et être débrouillard. « En cas de panne, si nous ne pouvons réparer nous même, il faut au moins détecter l’origine du problème afin que le concessionnaire vienne avec les bonnes pièces. Des compétences en agronomie sont utiles surtout pour les semis ou le labour mais nous devons, avant tout, respecter les décisions des agriculteurs". "Ce qui est bien en CUMA, conclut Frédéric, c’est que j’ai beaucoup d’autonomie et de responsabilités et puis je n’ai pas un mais vingt patrons qui ont chacun leur façon de travailler. C’est une bonne école si, plus tard, je décide moi aussi de m’installer.»