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Exploitant d'un parc d'éoliennes

Les six grandes éoliennes installées à Plélan Le Grand (35) impressionnent. Les explications de l’exploitant du parc, Patrick Saultier, les rendent encore plus étonnantes...

 


Le vent de la modernité souffle sur Plélan Le Grand

"Ce qui m’a motivé pour lancer le projet Brocéliande Energies Locales était mon combat pour l’environnement et le développement local. Le projet réunissait les deux combats :  une production locale d’électricité, sans déchets et émission de CO2, à partir d’une ressource locale, le vent, au bénéfice des habitants." Simple comme idée, certes, mais pas évident à mettre en œuvre. Cela lui a pris plusieurs années. "Beaucoup pensent qu’il faut développer les énergies renouvelables mais qui va le faire si on ne le fait pas ? " s’interroge-t-il. Il est alors parti sur le montage d’un projet participatif avec une dizaine d’associés et une centaine d’investisseurs locaux. La population locale a massivement adhéré au projet mais cela n’aurait pas été possible sans le sens de la pédagogie de Patrick Saultier.

 

Le travail d’un exploitant d’un parc d’éolienne

 

"En tant qu’exploitant je fais le même travail qu’un chef d’entreprise classique : suivi et gestion administrative, suivi de production, relations avec les partenaires comme EDF qui achète l’électricité produite, surveillance des machines..."  Mais les éoliennes comportent des problématiques spécifiques. "C’est une industrie pas très connue, qui suscite toujours des peurs. Certains ont toujours peur du bruit des éoliennes, craignent une perturbation de la faune sauvage, des difficultés de réception de la télévision, etc… Tous ces « problèmes » doivent être traités avec pédagogie et efficacité", souligne-t-il.
Les éoliennes ont été installées avec l’accord des propriétaires des terrains à des endroits où les gênes sonore (même si le bruit est faible) et visuelle sont réduites au minimum. L'espace autour des machines est aménagé et entretenu, des réémetteurs de télé sont installés pour résoudre les problèmes de réception. C’est un problème délicat et non sans effet vu l'importance de la télévision dans la vie quotidienne des gens. "Un lundi matin, j’ai eu 400 appels parce que le réémetteur était tombé panne ! C’est un très gros boulot de s'assurer que les habitants ne sont pas gênés par les machines", insiste Patrick Saultier.

 

 

Des métiers valorisants

"Travailler dans les énergies renouvelables est très valorisant pour tous ceux qui s’y engagent. C’est de la haute technologie avec laquelle on produit de l’électricité propre", explique Patrick Saultier. Les techniciens qui interviennent pour la maintenance sont surtout des électrotechniciens. Ils vérifient régulièrement les installations électriques, les éléments mécaniques et effectuent des vérifications visuelles. Certains interventions nécessitent un recours à des spécialistes comme par exemple quand il y a un problème avec des fibres optiques.
La pratique de langues étrangères est très importante, au minimum de l’anglais y compris pour le gestionnaire du parc. Certes, les techniciens sont français et travaillent avec des gestionnaires français mais ils doivent faire des rapports en anglais pour les constructeurs qui assurent la surveillance des machines 24/24. Une surveillance qui, pour le parc à Plélan, est centralisée en Allemagne chez le constructeur. Toutes les communications se font en anglais et en Allemand.

 

 De l’énergie à revendre à Plélan

 

Les 6 éoliennes ont été montées et mises en production fin 2008. Elles produisent aujourd’hui 30 millions kWh par an et couvrent le besoin en électricité de 10.000 foyers, largement plus qu’il n’en faut pour couvrir le besoin en électricité des 4.000 habitants de la ville de Plélan Le Grand. Le surplus de production est racheté par EDF qui le revend à son tour. Une bonne affaire pour les investisseurs de Plélan et l’environnement...

 
 
Patrick Saultier a un diplôme d’ingénieur dans le domaine des énergies et des matériaux.
Dans le cadre de cette formation il avait fait une année de spécialisation « énergie et environnement » en Allemagne. Il effectue ensuite trois année de service civil au Tchad au sein d’une ONG où il est coordinateur de projets. « J’ai acquis énormément de compétences en animation et participation citoyenne ce qui m’a permis de réussir le projet à Plélan ». Après le Tchad, il travaille comme conducteur de travaux dans les travaux publics.
Ses formations et expériences lui ont donné un profil d’ingénieur-animateur-militant-professionnel du BTP permettant de devenir l’homme orchestre de Brocéliande Energies Locales.