Les formations et les métiers en Bretagne
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Le Lycée des métiers : qualité certifiée

"Habitat" à Vitré, "hôtellerie-restauration" à Quimper, "logistique, transport et maintenance des véhicules" à Tinténiac... Les "lycées des métiers" affichent leurs domaines de compétence. Pour qui, pour quoi, décrocher (difficilement) ce label ? Enquête...

"Le lycée des métiers fait cohabiter des jeunes de 16 à 45 ans !" La formule est de Pascal Hervé, le proviseur du LP Bel Air de Tinténiac (35), labellisé "lycée des métiers de la logistique, du transport et de la maintenance des véhicules" depuis l'an dernier. Il résume ainsi une des caractéristiques d'un "lycée des métiers", celle d'accueillir des publics d'âge et de statut divers : des lycéens, des apprentis, des étudiants et aussi des stagiaires ou des salariés en formation continue.
 

 

Un pôle de compétence

"Lycée des métiers" est un label donné par l'Education nationale, qui identifie un pôle de compétences en matière de formation professionnelle. Un établissement labellisé organise son offre de formation autour d'un ensemble de métiers d'un même secteur, vente, bâtiment, hôtellerie, bois... Dans ce cadre, il propose, seul ou en coopération avec d'autres établissements, une gamme étendue de diplômes : CAP, bac pro, bac techno, BTS, formation complémentaire, voire licence professionnelle. "Le lycée Bel Air a signé une convention de partenariat avec l'IUT de St Nazaire, précise le proviseur. Elle formalise différentes actions visant à permettre à des bacheliers professionnels du lycée de poursuivre des études en DUT Gestion logistique et transport : stage d'observation à l'IUT pour les élèves de terminale intéressés, rencontre entre les équipes pédagogiques du LP et de l'IUT, rencontre au lycée entre les élèves et les étudiants, compléments de formation pour les élèves volontaires..." Un moyen pour diversifier et accompagner les parcours des jeunes hors du LP.

 

Intéressant pour les entreprises

 Le label parle aussi aux entreprises et aux organisations professionnelles. Habituées aux certifications, celles-ci changent de regard sur l'éducation. "On affiche clairement notre domaine de compétence : le transport, l'hôtellerie, le bois... C'est beaucoup plus simple et lisible." En écho, le chef de travaux du lycée Le Paraclet de Quimper, labellisé "lycée des métiers des métiers de l'hôtellerie-restauration", témoigne que "la labellisation nous a obligé à formaliser davantage ce que nous faisions déjà : le suivi des stages par exemple, ou les relations avec les entreprises. Du coup, celles-ci nous considèrent d'un autre oeil. Avec un matériel et des machines performants, des enseignants très au fait des évolutions de la profession, nous devenons intéressants." A travers les partenariats construits avec les milieux professionnels, le lycée des métiers peut être un centre de ressources, le lieu de coopérations techniques, pour des entreprises. "Certaines PME viennent au lycée tester un nouveau matériel en vue d'un achat, en soudure par exemple", précise le proviseur du LP Bel Air.

 

Personnaliser les parcours

Le label "lycée des métiers" facilite la communication vis à vis des collégiens et de leurs familles. "Nous avons modifié la façon de présenter le lycée dans les collèges et les salons, explique Pascal Hervé. On parle "métiers" d'abord, ceux de notre secteur, et, ensuite seulement, on aborde les formations accessibles aux différents niveaux." Formations que le lycée s'efforce d'assouplir. "Le lycée des métiers doit s'employer à personnaliser les parcours. Nous pouvons accueillir des jeunes à différents niveaux de formation et leur proposer un cursus "à la carte". Nous n'accueillons pas encore d'apprentis, mais nous formons déjà des adultes en formation continue. Ainsi, des conducteurs routiers viennent régulièrement actualiser leurs compétences et côtoient sur le plateau de conduite ou au self du lycée des jeunes en CAP."

 

Le label reconnaît le travail d'une équipe
A Quimper, Vitré ou Tinténiac, on souligne que le processus de labellisation nécessite du temps, 2 ans environ, pas mal de réunions, et une adhésion sans faille de l'ensemble du personnel du lycée. "Pour répondre au cahier des charges et satisfaire aux exigences des audits de certification, explique le proviseur du lycée La Champagne à Vitré (35), on fait le bilan de tout ce qui se fait dans l'établissement. On doit expliquer comment on travaille. Ca nous oblige à mettre de la cohérence dans des actions parfois dispersées, en les structurant." Ce peut être la mise en place d'un suivi systématique de l'insertion des élèves, ou la création d'une base informatisée des entreprises partenaires... "Le plus lourd, c'est de tout formaliser. Mais, au bout, le label est aussi la reconnaissance du travail de toute une équipe..."

 

 

 

En résumé, un "lycée des métiers", c'est...
. La construction de l’offre de formation du niveau V (CAP-BEP) au niveau III (BTS) autour d’un ensemble cohérent de métiers relevant d’un ou deux domaines professionnels
. L’accueil de publics variés (élèves, apprentis, formation continue)
. Une offre de validation des acquis de l’expérience (VAE)
. Des partenariats avec les collectivités et les milieux professionnels
. Des actions concernant l’orientation des collégiens
. L’ouverture internationale

En Bretagne, la liste des lycées labellisés se trouve sur www.ac-rennes.fr rubrique Dossiers Ecole-entreprise

 

 






Article publié le 13.11.2009