Les littéraires ont-ils leur place en entreprise ou sont-ils voués à l’enseignement ? Après un cursus à l’université, la préparation des concours est la voie la plus couramment empruntée par ces étudiants. Mais tous ne veulent pas – ou ne peuvent pas - devenir prof. Et pour ces « dissidents », il peut être difficile de trouver un emploi.
Les études les considèrent comme des jeunes issus de « filières à insertion difficile ». Il est vrai que les diplômés des filières lettres et sciences humaines affichent de plus faibles taux d’emploi que la moyenne et des salaires moins élevés. Dans son enquête sur les jeunes sortis du système éducatif en 2004, le CEREQ analyse les premiers pas dans la vie active des diplômés.13 % des titulaires d’une licence de lettres ou sciences humaines sont encore au chômage 3 ans après leur sortie d’études, contre 7 % pour l’ensemble des licences. Leur salaire net médian au 1er emploi est de 990 euros (1150 pour l’ensemble des licences). L’écart se réduit cependant pour les titulaires d’un master. Ainsi, 6 % des titulaires d’un master LSH recherchent encore un emploi 3 ans après leur sortie du système éducatif (5 % pour l’ensemble des masters). Mais les différences de salaire, quant à elles, perdurent :1330 euros par mois pour les titulaires d’un master LSH contre 1540 pour l’ensemble des masters.
Pourtant les littéraires peuvent séduire les entreprises. C’est ce que tendent à démontrer certains dispositifs - encore isolés- qui mettent en relation entreprises et universités. L’opération « Elsa », mise en place entre le Cnam et Sciences Po, vise ainsi à faciliter l’insertion professionnelle de littéraires, diplômés de licence et master. La recette ? proposer aux étudiants une formation en alternance « à la carte » pour répondre spécifiquement aux besoins des entreprises. Dans la même veine, le dispositif Phénix rassemble des grandes entreprises et des universités d’Ile-de-France. Il offre à des diplômés de Master 2 Recherche en Lettres et Sciences humaines la possibilité de postuler à des postes de cadres en CDI. Bilan positif : les employeurs relèvent les qualités de ces diplômés. Capacités d’analyse, de synthèse et d’argumentation, curiosité et ouverture d’esprit, adaptabilité… Moins formatés, ils développent des approches différentes des profils classiques.
Réussir son insertion
Les littéraires ont des atouts. Encore faut-il savoir les mettre en avant ! Dans une étude sur les jeunes diplômés de 2007, l’Apec s’intéresse aux stratégies mises en œuvre par les jeunes aux profils « atypiques » et fournit quelques conseils pour réussir son entrée sur le marché du travail. > Conseil n°1 : adopter le bon comportement, « volonté, assurance et compromis ». Ouverture de la recherche vers d’autres profils de postes, baisse des prétentions salariales, élargissement de la zone géographique, complément de formation... Les jeunes diplômés sont amenés à assouplir les critères initialement fixés et à être réactifs face aux opportunités qui s’offrent. > Utiliser les bons outils pour parvenir à entrer en contact. C’est le réseau qu’il faut faire marcher, plus qu’Internet, car les sites d’offres d’emploi sont souvent peu adaptés aux profils atypiques. > Envoyer un CV et une lettre de motivation qui accrocheront le recruteur. Le but : éveiller l’intérêt et susciter la curiosité, en mettant en évidence les points de convergence avec l’entreprise, par exemple, et en évitant une lettre trop standardisée. > Faire de sa différence un atout et rassurer lors de l’entretien. Les jeunes diplômés aujourd’hui en poste ont su développer des argumentaires, mettre en avant des qualités et compétences acquises lors du cursus universitaire, valoriser des expériences diverses (stages, jobs d’été, vie associative), montrer une bonne connaissance de l’entreprise et de son secteur d’activité.
Publié le 27/05/2009