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Juge d'instruction. Au coeur de l'enquête

Diriger les services d'enquête, ordonner des commissions rogatoires, interroger les suspects, maitriser parfaitement les procédures pénales. Tel est le quotidien d'un juge d'instruction. Persévérance et patience sont de mise pour exercer ce métier exigeant.

 

"Pour mener à bien l'instruction, je m'efforce de cultiver des qualités d'opiniâtreté, de patience et de diplomatie."Bernard Simier est vice-président chargé de l'instruction à Rennes. Il exerce au sein de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) du Grand Ouest. "C'est un service spécialisé qui s'occupe de dossiers très complexes de criminalité organisée et de délinquance éco-financière. Mon champ d'action n'est pas limité à une seule juridiction mais s'étend de Caen à Poitiers, en passant par Angers." .

 
Travail à l'international

 

Quotidiennement, ce juge traite des dossiers de trafic international de stupéfiants, d'affaires de vols en bande organisée, de cybercriminalité ou encore de contrebande et trafic de cigarettes. "La JIRS s'occupe aussi d'abus de bien sociaux complexes, de fraude à la TVA intercommunautaire ou encore d'affaires de blanchissement d'argent. Des dossiers très différents et compliqués qui demandent un investissement important et des connaissances pointues."
Pour les crimes, il n'y a pas de frontières. Les JIRS ont été créées pour répondre à ces nouvelles formes de criminalité. "L'an dernier, par exemple, nous avons traité un dossier de fraude à la TVA communautaire avec un total de 49 prévenus et 70 volumes de dossiers." Ce travail à l'international demande au juge d'instruction une organisation particulière. "C'est un travail de longue haleine, car il faut sans cesse solliciter les services étrangers pour une bonne coopération. Au sein de l'Union Européenne, les procédures sont relativement simples, contrairement à d'autres pays du monde. La meilleure des choses pour que cela se passe bien dans ces cas-là : aller sur place." Bernard Simier se déplace alors avec un représentant du parquet et deux enquêteurs. Le juge précise que ces procédures à l'international sont très prenantes en temps. "Il faut préparer le déplacement : quel magistrat, quel service de police joindre ? Je pars quasiment toujours de zéro dans ces cas là. Mais si la coopération se passe bien, cela peut s'avérer utile comme réseau sur de futurs dossiers."

 

Directeur d'enquêtes

  

Parallèlement, Bernard Simier participe, en tant qu'expert, à de nombreux séminaires à l'étranger. "Je suis disponible pour des actions de formation et de coopération avec l'étranger. Je reçois parfois des magistrats étrangers en stage à la JIRS. C'est très prenant, mais enrichissant."
En tant que juge d'instruction, Bernard Simier est au coeur de l'enquête. C'est lui, par exemple, qui délivre les commissions rogatoires auprès des services de police, de gendarmerie ou des douanes. "Ces services exécutent alors mes demandes et sont habilités à mener des interrogatoires, des interpellations ou à faire des perquisitions." La direction de l'enquête se fait donc à la JIRS, qui s'occupe de tout faire marcher ensemble. "On ne doit jamais se satisfaire des apparences...""Nous avons moins de dossiers qu'un juge d'instruction «normal», ce qui nous permet de mieux nous investir dans les commissions rogatoires que nous lançons."


Communication, disponibilité


Le juge rencontre régulièrement les services d'enquêtes pour faire le point, soit par téléphone ou courriel, soit lors de réunions. Bernard Simier souligne que les juges d'instruction attachés à la JIRS (trois pour la JIRS de Rennes) doivent être disponibles à tout moment pour être le plus efficaces possible. "Pour moi, la réussite d'une instruction passe par la communication et la disponibilité auprès des différents services d'enquête." Le juge d'instruction souligne également que sa mission première reste toujours la recherche de la vérité dans les affaires traitées. "On ne doit jamais se satisfaire des apparences. Il faut faire preuve d'opiniâtreté pour mener son instruction, sans s'arrêter à ce qui paraît évident."

 

 

 

Formation : une école à bac + 4
Bernard Simier a suivi un cursus classique pour devenir juge d'instruction. Fort d'une maîtrise (bac + 4) de droit privé, il est entré à l'Ecole nationale de la Magistrature sur concours. Après 31 mois de formation, il obtient un premier poste comme juge d'instruction en Normandie où il restera quatre ans. Il est ensuite muté à Brest où il passera trois ans, toujours en tant que juge d'instruction, avant d'occuper son poste actuel à Rennes. "Je me sens juge d'instruction dans l'âme. J'exerce une fonction rêvée, à l'endroit que je voulais."
Le concours d'accès à l'Ecole nationale de la Magistrature est aujourd'hui ouvert au titulaires d'une 1ère année de master (M1, à bac + 4) en droit, ou d'un diplôme d'IEP (Institut d'études politiques), âgés de 31 ans au plus.
Infos : www.enm.justice.fr

Publié le 22.03.2009