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Charpentier : la construction de volumes

A Romagné, l’entreprise Darras construit depuis trois générations des charpentes. Même si les outils, les machines et les matériaux ont évolué, la base du métier reste la même : réalisation de plans, travail du bois puis assemblage en hauteur sur le chantier…

 

 
  Alban Darras, charpentier
 

 

« La spécificité du travail de charpente, c’est que l’on crée un volume. La longueur des pièces de bois, les arêtiers, le calcul des résistances… tout est d’abord pensé et fabriqué au sol. On doit être capable de s’imaginer la construction en volume. » Alban Darras est charpentier, comme l’étaient avant lui son père et son grand-père. Il mène aujourd’hui avec sa mère et son frère une entreprise de neuf salariés, spécialisée dans la charpente traditionnelle en bois massif et dans la construction de murs à ossature bois.
Si le métier a connu quelques évolutions au niveau des machines ou avec l’arrivée de nouveaux matériaux comme le lamellé collé, le savoir-faire reste le même. Qualités indispensables pour le charpentier : une habileté manuelle certaine et une bonne résistance physique. Mais pas seulement. « Il faut avoir une très bonne vision dans l’espace et être bon en maths», souligne Alban Darras. Avant l’assemblage définitif des éléments sur le chantier, une bonne partie du travail va se dérouler au bureau et à l’atelier. 

Du papier au chantier

La fabrication de l’ouvrage commence toujours sur le papier. Il faut d’abord étudier le projet, réaliser des métrés, soumettre un devis au client. Alban Darras part des plans de l’architecte et réalise sur ordinateur les plans techniques de l’ouvrage. Il détermine les dimensions précises, calcule les angles, les résistances, choisit les modes d’assemblage qui diffèrent selon les charges à supporter.
C’est ensuite le travail à l’atelier. Première phase : l’épure. On commence par tracer au sol les différents éléments de l’ouvrage en grandeur réelle. L’équipe peut ensuite tailler et façonner les pièces de bois à l’aide de scies, de raboteuses, de tenonneuses… « On choisit souvent des bois du nord, de Suède, Finlande ou Norvège, qui sont plus résistants car ils poussent plus lentement, précise Alban Darras. Le bois arrive en palettes. On réalise le débit des chevrons de A à Z. On le traite également contre les champignons et les insectes puis on fait un pré-montage de l’ouvrage en atelier. »
Dernière étape : la pose sur le chantier, « un peu comme un jeu de légos ». L’équipe utilise des grues pour monter la charpente sur le chantier. Le travaille s’effectue en hauteur, sur des échafaudages. « Les conditions de travail sur le chantier sont parfois difficiles. On travaille dehors, même en hiver. Il y a encore des charges à manipuler à la main. Mais le travail du charpentier n’est plus aussi pénible. On dispose maintenant de matériels de levage ». 

Le marché se porte bien

En ce moment, l’équipe travaille sur quatre chantiers en même temps. « Les chantiers sont de durée variable, explique Alban Darras. Ca va du petit chantier d’une journée au chantier de plusieurs mois, comme celui du TNB à Rennes, pour lequel on a refait toutes les structures des gradins. »
« De manière générale, le marché du bois se porte bien, conclut-il. Et on prévoit une évolution importante de la demande. Le matériau ne demande pas beaucoup d’énergie pour sa transformation. La construction bois est rapide : une semaine de travail sur le chantier contre deux mois pour le parpaing. La plus grosse partie du travail se déroule en fait en amont, à l’atelier».  

Pas de problèmes de débouchés pour les titulaires d’un diplôme de charpentier. « Les jeunes peuvent trouver facilement un emploi, note Alain Darras. Mieux vaut ne pas s’arrêter au niveau CAP. Il est préférable d’approfondir son savoir-faire en brevet professionnel. Une formation en charpente est également bienvenue pour faire de la construction bois car actuellement il y a peu de formations spécifiques au domaine ».

 


Publié le 22/02/2012

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