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Monitrice d'équitation. Partage de passion

Virginie est monitrice d'équitation. Elle tient aussi les rênes, avec son père et sa soeur, de la petite entreprise familiale : le centre équestre "La Ruée vers l'Air". Balade, randonnée, manège, attelage... On y pratique le cheval ; on y évolue aussi dans sa tête.

Entre manèges et carrières circulent ici une certaine idée de la vie, de l'éducation, une certaine "philosophie"...Pour enseigner dans un centre équestre, l'amour du cheval est une condition nécessaire mais non suffisante. "Il ne suffit pas d'être passionné pour être passionnant. Il faut aussi rechercher l'autre, aimer l'humain." Virginie est passionnée, enseignante d'équitation, et un peu psychologue aussi. "On repère comment chaque enfant se présente au début de son séjour ici : timide, simple et direct, ou avec un zeste d'arrogance... On ne va pas lui attribuer n'importe quelle monture."

 

Enseignante et psychologue

 

Ce n'est pas un vélo que les enfants apprennent à domestiquer. La pratique de l'équitation fait aussi évoluer le cavalier. "Une jeune fille avait la phobie des chevaux, d'après ses parents. En quelques jours, elle a monté, elle en a eu l'envie, et elle a fait la balade finale qui clôt le séjour avec tous les autres. Nous ne pratiquons pas seulement un apprentissage technique. Nous participons aussi à l'éducation des enfants. Certains enfants en difficulté se dépassent et prennent confiance en eux grâce au cheval. D'autres apprennent l'humilité."

A Guignen, au sud de Rennes, dans la vallée de la Vilaine, "La Ruée vers l'Air" n'est pas un "simple" centre équestre. C'est aussi un lieu de vie, un lieu d'apprentissages multiples. Sur le tertre où il est implanté, une certaine idée de la vie, de l'éducation, une certaine "philosophie", circulent entre manèges et carrières, entre le gîte et les prés dévolus aux chevaux.

 

Un gîte, un camping et des animateurs...

 

L'originalité de ce centre est d'avoir associé très tôt l'offre d'un hébergement à la pratique du cheval. Ce n'est pas fréquent. "La Ruée vers l'Air" dispose d'un gîte : une grande salle avec cheminée, une cuisine et un dortoir de 29 places. L'été, une aire naturelle de camping permet en plus d'accueillir sous tente les enfants des centres de loisirs de la région et les colonies de vacances. "En juillet et août, une petite centaine d'enfants peuvent s'ébattre en même temps, pour des séjours allant de quatre à sept jours le plus souvent. Pour les activités équestres, nous fonctionnons en groupes de niveaux en mélangeant les origines, les échanges sont sympas." L'encadrement passe de trois à dix personnes pendant l'été. Les permanents de la structure, Virginie, sa soeur Mélanie, Laurence, une animatrice poney, sont alors épaulées par deux autres moniteurs et de jeunes titulaires d'un BAFA (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) ayant une pratique du milieu équestre. "Nous les connaissons bien pour les avoir déjà vu à l'oeuvre pendant les congés de février ou Pâques. Nous travaillons en binôme. L'animateur prend un demi-groupe pour des jeux sur le thème du cheval et du poney, et un peu d'hippologie. Et, pendant ce temps-là, je suis dans le manège ou la carrière avec l'autre demi-groupe. Puis on inverse."

 

Gestion, soins et communication

 

L'origine agricole du centre a orienté les autres activités proposées. "Au cours de leur séjour, les enfants s'initient aussi à la fabrication du pain, du beurre, à la pratique des labours." Avantage non négligeable dans la gestion de la petite entreprise, le foin est produit sur place. "Mon père se charge aussi de la maréchalerie et de l'achat des chevaux. J'aime bien l'aider dans cette tâche. Je m'occupe aussi de notre site internet. Nous ne sommes pas implantés dans une zone touristique, la communication est importante pour notre activité. Il faut aller chercher les gens chez eux. Nous mettons en avant l'environnement du centre et la facilité de pratiquer des sorties équestres variées." 

Et ça marche apparemment. 260 enfants sont inscrits à l'année, dans les cours du mercredi et du samedi. A partir d'avril, les scolaires viennent en classe y prendre un bon bol d'air. Au programme : cheval le matin, fabrication du pain l'après-midi. "J'aime bien voir arriver les débutants au printemps, ça nous change des cours et des entraînements de l'année. J'apprécie cette diversité du public que nous accueillons."

Entre l'enseignement, les soins aux chevaux, la gestion de la petite structure, les plannings, la préparation des activités, la communication, les journées de Virginie sont bien remplies. "Il faut reconnaître que j'apprécierais de prendre quelques vacances, comme tout le monde. Trois ou quatre ans sans vrais congés, c'est un peu long parfois." Pas de quoi émousser la passion cependant...

 

Infos : www.larueeverslair.fr

 

En terminale, Virginie souhaitait devenir prof d'école. 
Bac littéraire en poche (A3 – lettres et arts), elle entre en fac d'arts plastiques, décroche sa licence, envisage l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) pour apprendre le métier d'enseignant.
Mais l'amour du cheval est fort. Réflexion. Bifurcation. Après quelques mois chez son père, "pour voir", elle passe son Brevet d'Etat d'éducateur sportif (BEES). Elle réunit ainsi ses deux passions, le cheval et l'enseignement.


Le BEES est peu à peu remplacé par le BPJEPS : le brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport. Ce diplôme de niveau 4 (bac) prépare au métier d'animateur dans le domaine sportif ou socio-culturel. Il existe en particulier une spécialité Activités équestres du BPJEPS.