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Nadège, conductrice de bus : un itinéraire original...

Les conducteurs de bus sont aussi parfois des…conductrices ! Dans les villes et les campagnes, on s’habitue désormais à voir les femmes au volant des autocars. Nadège a choisi ce métier par goût pour la conduite et les relations humaines.

 

Avec ses cheveux de couleur rouge, Nadège ne passe pas inaperçue au volant de son bus ! Originale dans son apparence, elle l’est aussi dans ses choix professionnels. « Une femme qui conduit un bus, cela ne surprend plus trop, admet-elle. Pourtant, cela ne représente que 15 à 30 % des conducteurs à la CTRL (Compagnie des transports de la région lorientaise) où je suis employée. En fait, ce qui étonne surtout les gens, c’est ma jeunesse. A 25 ans, je suis la plus jeune conductrice de la compagnie.» Nadège a toujours choisi des secteurs traditionnellement masculins. Après un BEP de mécanique générale, elle devient peintre en bâtiment. Un accident de santé dû à un produit toxique l’oblige à arrêter. Elle fait le point sur ce qu’elle aime, la mécanique, la conduite de véhicules, les rapports humains. Elle décide alors de s’orienter vers le transport en commun.

 

Anticiper les réactions

 

« J’ai suivi le modèle de mon père, explique-t-elle. Il était peintre sur les carrosseries de camions et aimait aussi la conduite poids lourds. Il adorait la mécanique et depuis toute petite, mon plus grand plaisir a toujours été de bricoler avec lui, les mains dans le cambouis ! ». Les premiers jours de formation à l’AFPA ne sont pas faciles. Pas évident après la Twingo de se retrouver aux commandes d’un car de 15 m de long et 2,50 m de large… Mais Nadège prend vite le pli. Ce qui lui pèse le plus maintenant, c’est la tension nerveuse de la conduite en ville. « Il faut toujours être sur ses gardes et anticiper les réactions des autres véhicules et des piétons, constate Nadège. Mais j’aime bien les trajets courts que l’on fait, comparés aux voyages de tourisme. Il y a un va et vient de personnes très différentes qui est intéressant ». Tous les jours, ce sont de nouvelles tranches d’humanité qu’observe Nadège : écoliers, collégiens, lycéens, dames âgées, originaux, employés pressés…

 

Répondre avec le sourire

 

Dans une ville de la taille de Lorient, elle a même ses habitués, qui la saluent en s’étonnant, par exemple, de sa nouvelle couleur de cheveu ! Avec le sourire, Nadège répond aux éventuelles demandes de renseignements. L’été, ce sont les touristes qu’il faut aiguiller, quelquefois en anglais, espagnol ou allemand… Les agressions restent rares et surtout verbales. Face à l’ivrogne qui vous insulte, il faut garder son calme et ne pas répondre aux provocations. « Il faut parfois savoir être ferme, remarque Nadège. J’ai dû l’autre jour faire sortir une personne qui fumait dans le bus. C’est important d’avoir le sens des relations humaines et de savoir prendre les gens.» Nadège apprécie d’être totalement responsable à l’intérieur de son bus. Sachant qu’en cas de problème, il est équipé d’un engin de suivi pour la sécurité qui permet de le localiser. « L’avantage aussi, précise Nadège, c’est qu’une fois rentrée chez moi, je fais le vide et je passe carrément à autre chose. Même si je travaille parfois le dimanche, le travail décalé, de matin ou d’après-midi me laisse suffisamment de temps libre pour mes deux passions, le cheval et la peinture artistique