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Claire, apprentie carreleuse : un CAP au féminin

Carreleur n’est pas une profession réservée aux hommes. Claire Allain , par exemple, prépare un CAP Carreleur mosaïste en apprentissage. De formation artistique au départ, elle s’est adaptée sans problème à ce secteur qu’elle juge accueillant.

 

 

« Être une femme dans un milieu d’hommes, cela ne me pose pas de problème », affirme Claire Allain, en apprentissage au CFA du bâtiment de Saint-Grégoire près de Rennes. Elle prépare un CAP Carreleur mosaïste. «L’entreprise où je suis en formation est très ouverte. La moyenne d’âge est jeune. Il y a d’ailleurs deux autres carreleuses. Je suis bien accueillie aussi sur les chantiers par les autres corps de métiers. Les relations sont franches et conviviales.» A vingt-cinq ans, après un bac général et une formation des Beaux-Arts, elle bénéficie d’un parcours adapté. Elle concentre les deux ans de pratique et de technologie sur une année et est dispensée des matières générales.

 

Calculs et vérifications

 

Claire intervient sur de gros chantiers : des lotissements de pavillons, des résidences. « Dans le carrelage, il y a deux étapes. D’abord l’aspect plus « maçonnerie » : la réalisation de chapes et parfois de murs. Puis la pose de carreaux. Dans mon entreprise, je ne fais pour l’instant que cette dernière. Je préfère ce type de travail, c’est moins pénible physiquement ! » A partir de plans, il faut calculer les surfaces, le nombre de carreaux nécessaire et le nombre de coupes. Claire prépare le support et vérifie l’aplomb, c’est-à-dire la verticalité. Ensuite la future carreleuse pose la faïence et applique le joint. La formation au CFA vient compléter ces connaissances. « Ici, on voit les ouvrages qu’on n’a pas l’occasion de faire, les outils qu’on n’utilise pas chez l’employeur. On peut aussi se laisser aller à plus de créativité. Dans l’entreprise, on exécute surtout un travail demandé. » Au CFA elle étudie aussi les matériaux, les différents revêtements : céramique, grès, terres cuites, faïences… les mortiers-colles, le béton, le ciment, etc. 

 

S’adapter aux conditions du chantier

 

« Comme dans toute profession, il y a des inconvénients, admet Claire. Les postures sont assez inconfortables pour les genoux et le dos. Mais on porte des genouillères et on apprend à prendre des postures adaptées. » Les carreleurs doivent aussi transporter des paquets de carreaux, des sacs de mortier-colle ou de joint d’environ vingt-cinq kilos. « Et encore, autrefois, les sacs étaient beaucoup plus lourds» Attention au gâchis de marchandise ! Une erreur de calcul, de découpe, de pose peut avoir des conséquences importantes. Il faut aussi s’adapter aux conditions du chantier : l’accès par des échelles uniquement, la poussière, le bruit du groupe électrogène fournissant l’électricité, l’éloignement du point d’eau… 

 

L’univers de la décoration

 

Mais Claire Allain apprécie la variété des tâches et celle des chantiers. « Les travaux ne sont jamais les mêmes. En plus, on se « balade » dans tout le département.» Elle travaille aussi dans un milieu attractif, l’univers de l’habitat, de l’architecture, de la décoration. Claire apprécie de voir les maisons en construction, de s’instruire sur les aspects techniques de celles-ci, de noter les décorations choisies. « Ce que j’aime particulièrement, c’est de voir le fruit de mon travail. J’ai beaucoup de chance. J’ai trouvé un métier avec des possibilités d’emploi et que je peux exercer près de chez moi. Surtout, j’éprouve une réelle satisfaction à réaliser quelque chose de mes mains. »


Publié le 16/11/2011